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Une heure de métro pour rentrer chez vous ? Pas de panique : voici les avantages méconnus à avoir un long temps de transport
©JACQUES DEMARTHON / AFP

Plus c'est long, plus c'est bon

Une heure de métro pour rentrer chez vous ? Pas de panique : voici les avantages méconnus à avoir un long temps de transport

Il peut être décourageant de calculer son temps passé dans les transports en commun. On peut parfois y accorder plus de temps qu'à la socialisation ou aux loisirs.

Catherine Berliet

Catherine Berliet

Catherine Berliet intervient depuis 15 ans en conseil, formation, coaching de cadres et dirigeants pour le compte de grandes entreprises françaises. Diplômée en communication, elle est également thérapeute, praticien en Rêve Eveillé libre. Elle est co-auteur de : Et si je choisissais d’être heureux  ! : Le bonheur mode d’emploi  paru en juillet 2014 aux Editions Eyrolles, Manager au quotidien et Les outils de développement personnel du manager aux Editions Eyrolles. Elle est auteur de Et si je prenais mon temps aux Editions Eyrolles et co-auteur de "Et si je choisissais d'être heureux" avec Capucine Berliet toujours aux éditions Eyrolles

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Atlantico : Dans ses recherches à la Columbia Business School, Jon Jachimowicz évoque plusieurs avantages à se voir effectuer un trajet de plus d'une heure par jour pour aller et revenir du travail. Parmi eux, les personnes l'opportunité de se livrer à une « prospection professionnelle » - c’est-à-dire penser et planifier le jour et la semaine à venir et les mesures à prendre pour atteindre leurs objectifs - Cela procurerait une plus grande satisfaction professionnelle tout au long de la journée. Quels conseils donneriez-vous pour mettre le temps de trajet à profit et se livrer à cette prospection professionnelle ?

Catherine Berliet : Une étude récente publiée par l’assureur britannique Vitaly Health nous dit que les plus chanceux sont ceux qui se rendent sur leur lieu de travail en moins d’une demi-heure, car ils gagneraient en moyenne 7 jours de productivité par an. Nonobstant cette donnée, autant tenter de combler cette déperdition par une optimisation des temps.

Tout d’abord si j’entends la nécessité de maximiser son temps lors des trajets pour aller et revenir du travail, j’ai envie de dire, en première intention, que cela induit que vous êtes confortablement installé, que vous avez trouvé une place assise et que vous n’êtes pas pris en sandwich entre un joueur d’accordéon et quelques quêteurs insistants. Cela étant posé, la deuxième chose que j’ai envie de rappeler c’est : « Et si vous vous obligiez à ne rien faire pendant une partie de votre trajet » et j’ajouterai : « Sans culpabiliser ». 

Penser que nous sommes efficients 7 heures par jour est une illusion, alors si en plus nous continuons à sursaturer notre cerveau, il y a de fortes chances pour que nous n’ayons pas le punch nécessaire pour réfléchir sereinement à une planification. De fortes chances également pour que vous ayez de la difficulté à envisager des objectifs qui tiennent la route. Être maître des horloges, c’est commencer par diviser son temps de trajet en 2, et consacrer la première moitié de son parcours à faire le vide en soi, à préparer son cerveau pour le deuxième temps, qui lui pourra être utiliséà la planification de sa semaine.

Nous sommes souvent anxieux de ce qui est à venir, et le fait de nous conditionner à ce qui arrive est une sécurité supplémentaire qui nous évite du stress. Comme un sportif de haut niveau qui revit sa course avant de se lancer, se repasser le film permet d’appréhender et de se préparer à tous les plans B envisageables. C’est ce que l’on appelle avoir « un coup d’avance » et ça c’est très apaisant. Vous ferez appel aux 3 P : Prévoir, Prioriser, Planifier… Muni de l’application qui vous convient vous mettez en œuvre ce triptyque. Un conseil, soyez légèrement parano et ne pensez pas que tout se passera forcément comme vous l’avez prévu. Aussi vous vous assignerez des temps supplémentaires pour les imprévus, soit à minima 30 %.

Toujours d'après le chercheur, certaines personnes éprouvent des difficultés à changer de rôle en passant du travail à la maison. En quoi ce temps de trajet peut-il les aider ? 

Sortir d’un univers impitoyable fait de challenges, de conflits, d’inquiétudes et réintégrer la cellule familiale peut demander une  réadaptation. Là aussi vous vous obligerez à faire 3 palliers/temps de décompression :

1°/ « Je rentre mes griffes »

J’oublie mes exaspérations, mes angoisses et je me positionne en mode bienveillant, à l’écoute.

2°/ « Je ferme les écoutilles »

Je m’oblige à cloisonner et à débrancher, en me disant que chacun des domaines perso/pro ne doit pas empiéter sur l’autre sous peine de confusion des genres et de n’être bien nulle part.

3°/ « J’éteins ma machine à penser »

Cette radio est mon pire ennemi intérieur, et elle passe son temps à diffuser des élucubrations à l’occurrence très improbable, ce qui est énergétivore et liberticide.

Ces trajets peuvent être vécus comme des sas de décompression, une période de transition permettant de quitter un état donné pour aller en rejoindre un autre, en douceur. Là encore vous vous abstiendrez de réfléchir et ferez le vide en vous. « Ne penser à rien, mon Dieu, quelle horreur ! Et en plus le supplice de ne rien faire… Absolument atroce ! »

Au lieu de jouer à l’un de ces jeux qui vont continuer à solliciter le peu d’énergie et d’attention qu’il vous reste je vous suggère d’opter pour :

  • des exercices de cohérence cardiaque (application Kardia)
  • des exercices de méditation (application Petit Bamboo)
  • des exercices de visualisation positive (votre application à vous !)


Quels peuvent être les autres avantages de se voir contraint à un temps de trajet de plus d'une heure ? Comment mettre ce temps à profit ? `

Le fait de « commuter » sur des temps longs peut constituer une alternative intéressante au « multitasking » qui vient malmener nos hémisphères cérébraux. Profiter d’un parcours pour dompter sa distractibilité et éviter l’implosion de la polychronie. Cette manie que nous avons de vouloir faire plusieurs choses en même temps en pensant que nous assurons beaucoup plus est une idée reçue.

Se servir de ce temps pour se rééquilibrer, en profiter pour ajuster notre focale sur le plan de charge à venir et considérer l’organisation de sa semaine en opérant un tri drastique de l’information à disposition tout en s’efforçant de développer sa capacité d’analyse  et de priorisation.

Jean Philippe Lachaux spécialiste en neurosciences cognitives, parle de « sens de l’équilibre attentionnel » et nous dit que « L’une des clés de la maîtrise de l’attention est de prendre conscience de ses facteurs de distraction et de revenir à l’objectif. » C’est la raison pour laquelle une fois que vous aurez créé votre bulle, une fois que vous vous serez extirpé du buzz ambiant vous pourrez vous consacrer à l’orchestration de votre journée, vous pourrez même mieux élargir votre horizon temporel sur le moyen et le long terme et entamer des projections qui vous donneront des ailes.

Se servir de ce temps pour créer, papillonner, batifoler, laisser venir ses idées les plus perchées.

Muni d’un carnet magique vous noterez ou dessinerez tout ce qui vous passe par la tête. Vous extrapolerez votre vie, vous vous fabriquerez des rêves réparateurs et les mettrez en musique autour d’objectifs SMART. La gamberge… Laisser son esprit prendre la clé des champs c’est encore le meilleur moyen de se réparer, de se préparer à affronter le temps et sa nécessité impérieuse : Chronos et Ananké.

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