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La commission d’investiture de l’UMP se réunit cet après-midi pour arrêter la composition des différentes listes électorales pour le prochain scrutin européen.
La commission d’investiture de l’UMP se réunit cet après-midi pour arrêter la composition des différentes listes électorales pour le prochain scrutin européen.
©Reuters

Indiscret

Têtes de liste UMP pour les Européennes : plongée dans la cuisine interne du parti

La commission d’investiture de l’UMP se réunit cet après-midi pour arrêter la composition des différentes listes électorales pour le prochain scrutin européen, avant le vote définitif du Conseil National du parti samedi prochain.

Pierre Guyot

Pierre Guyot

Pierre Guyot est journaliste, producteur et réalisateur de documentaires. Il est l’un des fondateurs et actionnaires d’Atlantico.

 

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Parité entre hommes et femmes, représentation territoriale équitable, respect des fragiles rapports de force un peu plus d’un an après la guerre interne qui a ébranlé l’UMP et anticipation des votes de façon à calculer quelles places seront réellement éligibles : voilà les paramètres de la difficile équation que les membres de la commission d’investiture du parti  vont devoir prendre en considération pour fixer les listes pour les prochaines européennes.

Michel Barnier a déjà annoncé la semaine dernière qu’il ne serait pas tête de liste en Ile-de-France comme lors du dernier scrutin de 2009. Le commissaire au marché intérieur et aux services explique en effet qu’il briguera la présidence de la Commission européenne si le Parti Populaire Européen - qui regroupe à Strasbourg les élus de droite et de centre droit - le désigne en mars prochain comme candidat. Michel Barnier argumente qu’il serait alors difficile de faire campagne à la fois en Ile-de-France et dans les 28 pays de l’Union.

L’Ile-de-France : plusieurs hypothèses tiennent la corde

Du coup, plusieurs hypothèses tiennent encore la corde ce matin pour les têtes de liste en Ile-de-France. L’une d’entre elles place Rachida Dati en tête, avec en numéro deux Philippe Juvin, député européen et maire de la Garennes-Colombes. Dans cette hypothèse, la troisième place reviendrait à l’euro députée Constance Le Grip. Mais Rachida Dati, si elle reste présente parmi les places éligibles dans toutes les configurations envisagées, présente tout de même un handicap pour prendre la tête de liste. "Avec deux candidatures dissidentes de droite face à elle aux municipales du 7ème arrondissement de Paris, Rachida Dati est parfaitement capable fin mars de perdre une élection imperdable pour la droite. Ce ne serait pas l’idéal pour être l’incarnation de  l’UMP aux européennes  deux mois après !" explique une élue de l’UMP à Strasbourg.

Le scénario le plus probable permettrait donc à l’Ile-de-France de résoudre l’impossible cohabitation d’Alain Lamassoure et de Michèle Alliot-Marie dans la région du grand Sud-Ouest. Tous deux revendiquent en effet une tête de liste et il est de toute façon difficile d’imaginer un ticket commun aux premières places d’une même liste. Tous les deux élus pendant plusieurs mandats dans le même secteur des Pyrénées-Atlantiques (5ème circonscription pour Lamassoure, la 6ème pour Alliot-Marie), ils n’assureraient pas une représentation territoriale équitable des candidats UMP dans une région qui englobe une vingtaine de départements ! L’hypothèse la plus crédible pour l’Ile-de-France est donc la composition suivante : Alain Lamassoure en tête de liste, Rachida Dati en seconde position et Philippe Juvin en troisième place (Michèle Alliot-Marie est alors tête de liste dans le Sud-Ouest)  ou encore - même si c’est beaucoup moins probable - Michèle Alliot-Marie tête de liste en Ile-de-France et Alain Lamassoure qui "reste" dans le Sud-Ouest. Toutefois, comme pour Rachida Dati, il y a une faiblesse dans les CV : certains râlent contre ce qui ressemblerait fort à un parachutage. "Faux argument, assure un député européen UMP, pour les européennes, nous avons besoin d’abord de têtes de liste d’envergure nationale, ce que sont et Lamassoure et Alliot-Marie".  Dans tous les cas, la présence à une place éligible en Ile-de-France de Philippe Juvin, patron des urgences de l’hôpital George Pompidou et soutenu par Nicolas Sarkozy, semble faire consensus. Un nom circule encore pour l’une de ces places convoitées (puisqu’elles peuvent vous envoyer à Strasbourg), celui de l’ancien candidat à la présidentielle et actuel président du parti Chasse, Pêche, Nature et Tradition, Frédéric Nihous.

Circonscription Nord-Ouest : Consensus. Circonscription Est : il manque une Alsacienne !

Dans le Nord-Ouest, c’est finalement le proche collaborateur de Jean-François Copé Jérôme Lavrilleux qui prend la tête de liste, avec l’ancienne secrétaire d’Etat chargée du développement durable, Tokia Saïfi, en seconde place et le normand Jean-Paul Gauzes en troisième position.

Sans surprise, Brice Hortefeux emmènera la liste de la circonscription du Massif central et du Centre.

Dans  la circonscription Est, un Alsacien, ou plutôt une Alsacienne – parité oblige – manque à l’appel ! En effet, le Strasbourgeois Joseph Daul, député européen depuis quinze ans, ne se représente pas à ce scrutin. C’est donc une Lorraine, Nadine Morano qui va prendre la tête de liste. La seconde place va revenir à l’euro député bourguignon Arnaud Danjean. Reste donc à trouver une femme pour représenter le Bas et le Haut Rhin.

Circonscriptions Sud-Est et Ouest : la quatrième position, la place de tous les dangers !

Au contraire, dans la circonscription Ouest, il y a peut-être une femme "en trop". Puisque c’est un homme, Alain Cadec, qui va prendre la tête de liste, les secondes et quatrièmes places seront en effet attribuées à des femmes. Ce seront Elisabeth Morin-Chartier députée sortante et Agnès Le Brun, elle aussi euro députée, également maire de Morlaix et fortement soutenue par Jean-Pierre Raffarin. Le seul problème, c’est que la quatrième place n’est pas, dans cette circonscription européenne qui réunit la Bretagne, les Pays de la Loire et le Poitou-Charentes, automatiquement éligible ! Celle des deux femmes qui sera placée quatrième sur cette liste ne sera aucunement garantie de retourner siéger à Strasbourg.

Au contraire dans le Sud-Est, l’ancien secrétaire d’Etat aux affaires étrangères Renaud Muselier, qu’on annonçait "perdant" ces dernières heures, car devant céder la tête de liste qu’il convoitait à la députée sortanteFrançoise Grossetête, pourrait peut-être finalement remporter le morceau grâce au même calcul. Il s’agit en effet d’essayer le sauver le soldat Michel Dantin. Forcément relégué à la quatrième place si une femme prend la tête de liste, cet euro député sortant, spécialiste des questions agricoles, pourrait passer à côté de son ticket retour pour le Parlement européen. Dans tous les cas, la liste UMP dans le Sud-Est aura à affronter des adversaires de taille : le ministre de l’Éducation nationale Vincent Peillon, candidat du PS et le président d’honneur du Front National Jean-Marie Le Pen.

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