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Il s'agit d'un ouragan historique qui s'abat sur la côte Est des États-Unis.
Il s'agit d'un ouragan historique qui s'abat sur la côte Est des États-Unis.
©REUTERS/Ho New

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L'Amérique ne badine pas et prend Irene très au sérieux

Bus, métros, trains, avions arrêtés, 2,5 millions personnes évacuées : la Nature est la plus forte. L'EDITO de Gilles Klein.

Gilles Klein

Gilles Klein

Gilles Klein,, amateur de phares et d'opéras, journaliste sur papier depuis 1977 et en ligne depuis 1995.

Débuts à Libération une demi-douzaine d’années, puis balade sur le globe, photojournaliste pour l’agence Sipa Press. Ensuite, responsable de la rubrique Multimedia de ELLE, avant d’écrire sur les médias à Arrêt sur Images et de collaborer avec Atlantico. Par ailleurs fut blogueur, avec Le Phare à partir de 2005 sur le site du Monde qui a fermé sa plateforme de blogs. Revue de presse quotidienne sur Twitter depuis 2007.

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Les chiffres sont impressionnants, même à l'échelle du continent américain : 2,5 millions personnes concernées par les ordres d'évacuations dans les zones côtières de six États de la côte Est des États- Unis, dont 550 000 pour New York, 5 000 vols annulés (dont 1 300 pour la seule cie Delta Airlines), les métros, bus, trains de la ville à l'arrêt, à partir de samedi midi et les aéroports fermés. Même Apple ferme ses magasins ce week end. Du jamais vu depuis la création de New York.

Même Barack Obama et sa famille qui étaient en vacances sur l'île de Martha's Vineyard (pas loin de Boston, dans l'état du Massachussets) sont rentrés 24 heures plus tôt à Washington

Les USA ne badinent pas avec la tempête tropicale Irene qui devait toucher la côte Est du pays, ce samedi matin heure locale (13-14 heure de Paris). On ne parle pas de Katrina, mais les gouverneurs de chaque État concerné sont sur le pied de guerre, ils ont multiplié les alertes et les avertissements, mobilisé la Garde Nationale.

Le drame de la Nouvelle Orléans (mal préparée, ravagée par Katrina, en août 2005, sous les yeux d'un pays qui a mis plusieurs jours à réagir) ne doit pas se reproduire. 

Même si la situation n'a rien de comparable (les digues rompues de la Nouvelle Orléans ont noyé une partie de la ville), même si la vitesse du vent qui semble faiblir n'atteint pas ce qui avait été d'abord envisagé, les risques sont bien là avec des pluies violentes qui pourraient entraîner des inondations, aussi bien dans les parties basses des côtes, que sur les routes et dans certaines rues et tunnels du métro de New York.

Vendredi soir, toutes les chaînes d'informations, tournaient en boucle avec leurs envoyés spéciaux sur les plages, le visage trempé par la pluie, bien qu'il ne se passe rien encore. Finalement cette tempête a bien choisi son jour pour frapper : un week-end d'août, le ralentissement de l'activité économique (sauf pour les compagnies aériennes touchées de plein fouet) se fera nettement moins sentir qu'en milieu de semaine.

Dans mon immeuble à Boston, comme ailleurs, sur la côte Est, des affiches "Hurricane Warning" placardées dans le hall, et glissées sous les portes d'entrée des appartements invitent chacun à avoir des lampes de poche à portée de la main, à faire des provisions d'eau potable, à éloigner les meubles, les appareils électriques et le matériel électronique des fenêtres, à remplir la baignoire pour avoir de l'eau pour pouvoir continuer à utiliser les toilettes si la pression devient insuffisante, et que l'eau ne coule plus des robinets. Et à faire le plein de la voiture, s'il faut évacuer.

Tout ceci peut paraître ridicule ou excessif, traité par les médias de manière répétitive et lassante, mais il faut quand même reconnaître que cette seule tempête couvre une surface équivalente à celle de l'Europe. Et finalement, il est plutôt rassurant de voir que le pays le plus riche du monde, le plus puissant de tous, est obligé de reconnaître que la Nature est la plus forte.

Après le tremblement de terre qui a surpris depuis Washington jusqu'à Boston, avec une intensité jamais vue depuis un siècle, en faisant plus de peur que de mal, sauf quelques très rares dégâts (le grand obélisque de Washington, 170 m de haut avec ascenseur intérieur, situé à proximité de la Maison Blanche, est fermé car il y a une fissure près du sommet), c'est un nouvel avertissement.

A Fukushima, comme sur la côte Est, deux grand pays, le Japon et les États-Unis mettent genoux à terre, et montrent leur fragilité quand la Nature rappelle sa puissance. Si cela pouvait aussi rappeler à leurs gouvernants que la Nature est forte mais fragile, qu'il faut plus que jamais préserver l'environnement, cela serait bien, mais on peut en douter.

En cette période de crise économique, la priorité est à la croissance, à l'emploi, l'écologie et l'environnement sont le cadet de leurs soucis, et notre impuissance face à la Nature illustrée par ce week-end dominé par Irene, sera vite oubliée.

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