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Des remontées mécaniques fermées à Avoriaz.
Des remontées mécaniques fermées à Avoriaz.
©JEFF PACHOUD / AFP

Ubu roi

Stations de ski à moitié pleines mais remontées mécaniques fermées : jusqu’à quand le gouvernement maintiendra-t-il les restrictions sanitaires absurdes concernant la montagne ?

Malgré la fermeture des remontées mécaniques, les Français se rendent toujours dans les stations de montagne... où ils sont davantage cloisonnés là où habituellement il y avait peu de monde. Une absurdité qui met à mal l'économie locale.

Jean-Luc Boch

Jean-Luc Boch

Jean-Luc Boch est maire de La Plagne Tarentaise et président de l'Association nationale des maires de stations demontagne (ANMSM).

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Atlantico : Malgré la fermeture des remontées mécaniques, les Français se rendent-ils toujours dans les stations de montagne ?

Jean-Luc Boch : Les pourcentages de fréquentation dépendent des massifs, de l'altitude ou du type de station. On oscille globalement entre 25% et 55% de remplissage avec une moyenne de 40-45%. C'est plutôt bien par rapport à ce qui était envisagé mais inférieur de moitié à ce que l'on observe habituellement au mois de février où on atteint 90-100%.

Pour les commerçants, le chiffre d'affaires ne représente que 20% de la dépense habituelle, ce qui ne leur permet donc pas de survivre. Sans les indemnisations de l'Etat, ils ne passeront pas le cap.

Les Français sont donc présents malgré la fermeture des remontées mécaniques. La mesure du gouvernement semble donc perdre sa justification sanitaire ?

La fermeture des remontées mécaniques est un non-sens car les vacanciers sont davantage cloisonnés sur les fronts de neige et donc attroupés là où habituellement il n'y avait personne. Il y a plus de monde dans les navettes interstations, dans les couloirs des galeries... Il y a plus de concentration à un point donné. C'est l'effet inverse de ce que souhaitait le gouvernement qui est en train de se produire !

Les remontées mécaniques sont avant tout un système de transport public. C'est le seul transport public en France qui a été fermé. Les bus, les trains et les métros n'ont pas été restreints. Pourquoi une telle discrimination vis-à-vis du seul transport qui se trouve en plein air ? On a fermé les retombées mécaniques pour éviter soit disant qu'il y ait du monde dans nos stations. On aurait voulu couler le modèle économique qu'on ne s'y serait pas pris autrement.

J'en veux aux technocrates de la santé qui ont pris la décision et qui sont les mêmes qui n'ont pas été capables de gérer la situation sanitaire sur le front des masques, des tests, etc. On n'a pas, nous acteurs de la vie économique, à être sacrifiés à cause de l'incompétence de la santé en France.

On est en train de tuer le système économique local. Les professions libérales en stations n'ont pas de travail non plus. A titre d'exemple, le centre hospitalier de Bourg-Saint-Maurice est au chômage partiel parce qu'ils n'ont pas de patientèle. Dans deux ans, on nous dira de fermer les hôpitaux de montagne parce qu'ils ne sont pas rentables ?

Même si on travaille déjà sur une modification de la fréquentation de nos stations, on sait très bien que sans le ski rien ne sera possible. Il ne faut pas oublier que le plan neige des années 1960 a été mis en place pour qu'on maintienne de la vie sur les territoires de montagnes. Et là, on est en train de tout faire pour supprimer le travail. Des centaines de milliers de personnes risquent de quitter la montagne.

Vous avez remis début février un rapport au Premier ministre sur l'impact financier des remontées mécaniques. Que montre-t-il ?

Plus d'une centaine de collectivités ont répondu à notre enquête pour expliquer leur désarroi. Comment voulez-vous équilibrer un budget de fonctionnement (ce qui est une obligation) quand vous perdez des millions d'euros de taxes de séjour, de redevances remontées mécaniques et d'autres taxes ? Toutes ces ressources agrégées représentent 30% du budget général des collectivités supports des stations de montagne. On nous dit que c'est compensé à hauteur d'environ 80%. Pourquoi perd-on 20% ? Le « quoi qu'il en coûte » n'est visiblement qu'un effet de l'esprit.

Tous les budgets annexes (eau, assainissement, parking, garderie) ne peuvent pas être équilibrés sans fréquentation. Je rappelle aussi que pour les collectivités, il n'y a pas de droit au chômage partiel. 

La montagne française fait partie des trois leaders mondiaux et on est en train de détruire ce secteur d'excellence.

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