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SNCF : prendre le train avec un vélo, c’est censé être facile. Et pourtant, ça ne l’est pas
©REUTERS/Darley Shen

Mise en abyme

SNCF : prendre le train avec un vélo, c’est censé être facile. Et pourtant, ça ne l’est pas

Transports bondés, absence d'équipements... prendre un vélo dans le train est difficile, et ce malgré une volonté affichée de la SNCF de laisser les deux-roues prendre le train.

Atlantico : Jugez-vous que, de manière générale, il devient de plus en plus difficile de prendre le train muni de son vélo ?

Yves Feiereisen : Oui, c'est surtout le cas pour les liaisons "longue distance" (c’est-à-dire non organisées par les régions (TER, Transilien)), où les réservations pour une place vélo sont obligatoires. A savoir :

  • A) TGV,
  • B) Ouigo,
  • C) Intercités de Nuit
  • D) Intercités

Pour les liaisons TER, Transilien, l'affluence croissante entraîne maintenant des interdictions d'emporter son vélo à certaines heures. Plusieurs changements pour les liaisons "longue distance" nous restent en travers de la gorge :

  • A1) Suite au remplacement des TGV par des TGV Duplex, aucun TGV Duplex n'accepte les vélos non démontés ou presque, alors que cela avait été promis par la SNCF en 2013 pour toute nouvelle rame ou rénovée !
  • A2) Suppression des places sur les TGV Lyria vers la Suisse
  • A3) De nombreux TGV ayant des places vélo n'ont pas les places proposées à la réservation
  • B) Développement de l'offre Ouigo, niveau de service inférieur, donc sans place vélo
  • C) Suppression de la majorité des trains de nuit (circulation et réservation des trains restants annoncée très tardivement)
  • D) Allègement de l'offre Intercités

Une carte de France avec toutes les liaisons 'longue distance', celles acceptant les vélos et celles ne les acceptant pas serait éloquente (absence sur toutes les liaisons 'longue distance' internationales organisées par la SNCF et ses filiales mixtes). Mais ce n'est pas tout. Il y aussi les difficultés d'achat:

  • A) en gare: les agents, pas toujours au courant des fonctions logiciel à utiliser, disent qu'il n'y a aucune place vélo
  • B) oui.sncf est un logiciel trop complexe
  • C) trainline.com : le logiciel le plus pratique (et le premier à offrir le service, avant sncf): d'après ce site maintenant, beaucoup de trains ne proposent pas de place vélo disponible alors que des places vélo sont disponibles sur les mêmes trains sur oui sncf !

Bref, on voit qu'il y a beaucoup d'obstacles à l'embarquement du vélo dans les trains. Si l'on souhaite réellement développer l'usage du vélo et l'intermodalité, une priorité affichée par nos dirigeants, il va falloir faire mieux !

 

La SNCF prend-elle suffisamment en compte les réclamations des usagers cyclistes ? Pourquoi ?

Non. La SNCF a arrêté toute concertation avec les associations d'usagers cyclistes depuis 2013. On en voit les conséquences aujourd'hui. Nous aimerions reprendre le dialogue.
 

Comment se fait-il qu'il y ait un tel écart avec la politique de transports actuelle, qui vise au contraire à maximiser les modes de transport doux comme le vélo, au détriment de la voiture ?

Les choix stratégiques de la SNCF, sans législation spécifique et sans contrôle public sur ces aspects (par exemple, oui sncf propose des locations de voiture, pas de location vélo; il y a des stationnements voiture mais pas de stationnement vélo près des gares parisiennes).

-l'influence de certains lobbys internes (exemple: certaines catégories de personnel semblent avoir obtenu la division par 2 du nombre de places vélos dans certaines régions et pas dans d'autres, pour un même type de matériel TGV) ou externes à la SNCF (loueurs de vélo?)

-l'inertie de la SNCF par rapport aux évolutions des politiques régionales ; par exemple: Paris-Belfort était une ligne Intercités exploitée par la SNCF, avec réservation vélo obligatoire ; c'est maintenant (début 2018) une ligne TER exploitée par la région Grand-Est avec le même matériel, le transport du vélo est gratuit, comme l'indique par exemple la fiche TER ou nous l'écrit la SNCF, mais le site oui.sncf considère que la ligne n'est pas accessible aux vélos; Clermont-Béziers est une ligne Intercités exploitée par la SNCF avec du matériel TER accessible aux vélos mais le site oui.sncf considère que la ligne n'est pas accessible aux vélos.

- La politique de transports actuelle vise peut-être à maximiser les modes de transport doux, Mais en attente de concret, on a l'impression que le vélo toujours pas pris au sérieux.On le voit bien avec le plan vélo national qui tarde à venir. On a plein de belles déclarations d'intention, mais les actes se font attendre.

Quelles solutions préconisez-vous ?

L'obligation légale pour tous les opérateurs ferroviaires (SNCF et autres futurs concurrents) de prévoir un certain nombre d'emplacements vélo pour tous les nouveaux matériels ou matériels rénovés. Ce travail se fait aujourd'hui au niveau européen. Une proposition est actuellement en discussion au parlement européen. Nous appelons également à la déclinaison française de cette obligation.

Le gouvernement allemand a récemment imposé aux chemins de fer allemands (DBahn) que les trains à grande vitesse allemands (ICE) acceptent les vélos.

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