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Si notre espèce humaine est unique, elle ne le doit pas (seulement) aux gènes qu’elle a hérités de nos cousins néandertaliens ou autres… mais alors, à qui ?

Comment avons-nous évolué de nos ancêtres singes ? Qu'est-ce qui nous rend uniques ? Les gènes de nos cousins hominidés qui n'ont pas eu autant de succès que nous peuvent peut-être fournir une réponse.

Saviez-vous que nous n'avons pas seulement de l'ADN humain ? En effet, parmi nos lointains ancêtres, il n'y a pas que les homo sapiens sapiens. Il y a également des cousins qui, pour être proches, n'en sont pas moins des espèces différentes. Les plus connus sont les hommes de Néandertal, mais ils ne sont pas les seuls : il y a également les hominidés de Denisov qui, s'ils sont moins connus, ne sont pas moins des cousins. Or, les origines de ces cousins peuvent nous aider à comprendre nos propres origines...

Comprendre nos gènes par rapport à ceux de nos cousins

En effet, les biologistes essayent de comprendre depuis des décennies ce qui différencie l'espèce humaine des autres espèces. Pourquoi sommes-nous si différents des autres animaux - avec notre capacité pour la conscience, le raisonnement, et ainsi de suite - alors que nous sommes des mammifères comme les autres ? Alors que nous partageons presque tout notre capital génétique avec les chimpanzés, par exemple ? La question se pose avec plus d'acuité lorsqu'il s'agit de nos ancêtres : comment se fait-il que ces espèces se soient éteintes relativement rapidement, alors que l'homo sapiens sapiens a proliféré à travers toute la planète, pour atteindre une population de plus de 7 milliards d'individus ?

Un moyen est de comparer l'ADN de nos cousins beaucoup plus proches, comme les Néandertaliens et les Dénisoviens, pour voir ce qui est unique chez nous. Et il s'agit vraiment de cousins : parce que Néandertaliens et Dénisoviens se sont mélangés avec nos ancêtres, la plupart des gens, par exemple, ont environ 2% d'ADN Néandertalien (Cela fait bizarre, non ?).

Les Dénisoviens, clé de notre ADN original

Les Dénisoviens peuvent aider à donner une clé. En effet, nous n'avons pas seulement des fossiles de Dénisoviens, qui n'ont pas d'ADN, mais également un os de petit doigt, et plusieurs dents. Et surtout, les populations mélanésiennes - originaires des îles du Pacifique du Sud-Est comme les Fidji ou la Papouasie-Nouvelle Guinée - ont environ 2 à 4% de leur ADN qui remonte aux Dénisoviens. A la connaissance des scientifiques, ils sont le seul groupe ethnique à avoir des ancêtres Dénisoviens.

Josh Akey, professeur de génomique à l'Université de Washington, et son équipe, ont développé une nouvelle technique pour isoler l'ADN archaïque chez les humains contemporains, comme le rapporte The Atlantic. Ils ont séquencé les génomes de 1 523 personnes à travers le monde, y compris 35 personnes mélanésiennes, avec cette nouvelle technique.

Beaucoup d'ADN unique

En isolant ce qui dans notre génome vient de nos cousins Néandertaliens et Dénisoviens, l'équipe a donc pu isoler ce qui est unique chez nous. Et la découverte est frappante : il y a de grandes régions de notre génome qui n'ont pas de traces d'ADN archaïque. Et le fait qu'il n'y ait ni ADN Néandertalien ni Dénisovien suggère qu'il ne s'agit pas seulement d'une coïncidence. Ces gènes seraient potentiellement les gènes qui nous ont permis d'évoluer et de devenir les hommes modernes.

Les gènes en question sont notamment "impliqués dans la parole et le langage et dans le développement du cerveau", selon Akey. Une trouvaille qui met l'eau à la bouche et donne envie d'en savoir plus, même si la science actuelle est encore très loin de comprendre précisément quels gènes mènent à quels résultats. Mais, explique Akey, "J'ai bon espoir qu'au fil des années nous pourrons mieux comprendre comment fonctionne cette mécanique biologique, et ainsi comprendre quels changement génétiques ont été importants pour l'évolution des humains modernes". A la clé donc, un nouvel aperçu de l'une des questions les plus importantes de la vie : l'origine de l'humanité.

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