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Sexsomnie : les cas de "sexambulisme" pourraient être moins rares qu’on ne croit
©Reuters

Méconnue... mais réelle

Sexsomnie : les cas de "sexambulisme" pourraient être moins rares qu’on ne croit

Trouble méconnu, la sexsomnie est un comportement sexuel involontaire qui survient durant le sommeil, entre sommeil profond et éveil - et dont le "sexsomniaque" n'a pas de souvenir à son réveil.

Sylvie Royant-Parola

Sylvie Royant-Parola

Sylvie Royant Parola est psychiatre, et spécialiste du sommeil. Elle est également la présidente du réseau Morphée, consacré à la prise en charge des troubles chroniques du sommeil.

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Atlantico : Qu'est-ce que la sexomnie et combien de personnes sont touchées par ce trouble du sommeil ?

Sylvie Royant-Parola :La sexomnie c'est déjà et avant tout un trouble du sommeil qui se caractérise avec un acte sexuel qui s'accomplit pendant le sommeil avec une personne proactive dans l'acte qui est en train de dormir.

Il s’agit là d’un phénomène difficilement quantifiable mais il y a probablement un nombre de cas assez important au sein de couples qui vivent ensemble et dorment dans le même lit car ill faut comprendre que ce trouble du sommeil est favorisé par une situation de proximité physique. Il y a donc des cas de sexomnies qui ne seront jamais rapportés. D’autant plus qu’il ne s’agit pas là d’un acte quotidien, les occurrences sont rares. Les vrais problèmes peuvent plus survenir dans les cas de sexomnies qui vont arriver en équivalent somnambulique. Là, la personne va se lever pendant son sommeil pour se rapprocher d’une autre afin d’avoir des rapports sexuels. Toutefois il s’agit là de cas extrêmement rares..

Quelles conséquences peuvent survenir pour les personnes atteintes de ce type de troubles du sommeil ? Des cas de viol ont été reportés dans différents témoignages sur différents médias. Que peut faire une personne atteinte d'un tel trouble ?

Encore une fois ce type de troubles se manifestent généralement à l’occasion de situations particulières. Il n’y a pas vraiment de cas de troubles du sommeil uniquement caractérisés par la sexomnie. Toutefois des situations problématiques peuvent malheureusement survenir. Il suffit d’imaginer avoir un tel trouble en dormant à côté d’une personne qui n’est pas notre conjoint. Là tous les scénarios deviennent possibles. Soit la personne se fait plus ou moins réveiller par l’autre et cela pourrait s’arrêter là ou alors un acte sexuel peut être consommé. Dans ce dernier cas, extrême, il s’agira d’un viol avec un « agresseur » qui ne se souviendra même pas de ce qu’il a pu se passer à son réveil.

C'est tout le problème de ces actes qui deviennent médico légaux avec des personnes qui se souviennent à peine s'être couchées et se réveiller les lendemains accusés de viol. A noter que ce n'est pas le seul cas de comportement somnambuliques qui peut être dangereux. Il y a aussi des cas d'agressions commises par des personnes endormies.

Si l’on sait que l’on est sujet à ce type de troubles la meilleure des choses à faire sera encore d’éviter les situations à risque.

Aujourd'hui, quelle est la réponse légale à ce type de situation ?

Dans le cas d'un viol par exemple, un expert va être nommé pour examiner la personne accusée et en fonction de l'expertise de l'expert qui s'appuiera sur plusieurs examens, il va pouvoir émettre ou non la possibilité d'un tel trouble du sommeil. Comme le doute va profiter à l'accusé, sa responsabilité en cas d'établissement de ce diagnostic ne pourra être engagée. Les séquelles psychologiques elles demeureront, aussi bien pour la personne agressée que pour l'agresseur.

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