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François Hollande.
François Hollande.
©Reuters

Sa majesté Hollande

Sacrée Ve République

Nous vivons sous un régime détestable : il donne des pouvoirs exorbitants au chef de l’État.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Il a dit : « Le gouvernement doit tirer la leçon des municipales. » Il n’a pas dit : « Je dois tirer la leçon des municipales. » Pourquoi l’aurait-il dit ? Hollande n’est coupable de rien (capable de pas grand-chose non plus). C’est eux qui vont payer. Eux ? Ayrault peut-être. Des ministres certainement.

Ainsi, à la Belle Époque, renvoyait-on les domestiques qui avaient cessé de plaire ou qui avaient été surpris les doigts dans le pot de confiture. C’est ce que permet la Constitution, qui accorde au président de la République des pouvoirs immenses et régaliens. Hollande, comme tous ceux qui l’ont précédé, est au-dessus de tout. Moi, j’ai rien fait, c’est eux…

Mais, objectera-t-on, le président de la République est élu au suffrage universel. Un monarque oint par le peuple, au lieu que ce soit, comme naguère, à la cathédrale de Reims. Et alors ? En quoi cela justifie-t-il une impunité politique et une immunité judiciaire qui font de la France une singulière exception parmi les démocraties. En quoi cela autorise-t-il ce concours de flagorneries amoureuses (« il va parler », « il va fixer le cap », « il va montrer le chemin »), auxquelles se livrent sous tous les présidents courtisans et prétendants ?

Aux États-Unis aussi, le président est élu au suffrage universel (même s’il est indirect). Un président américain, Richard Nixon, a été contraint à la démission. Non pas parce qu’il avait mis sur écoute ses adversaires démocrates (l’affaire du Watergate), mais parce qu’il avait menti en le niant. Un autre président, Bill Clinton, a failli subir le même sort. Non pas pour une fellation administrée par une jolie stagiaire, mais parce que, lui aussi, avait menti en le niant. Nos présidents à nous ont bien de la chance de ne pas être américains…

Il faut maintenant évoquer un autre pays, très injustement absent de l’actualité : le Swaziland. C’est un petit royaume enclavé dans l’Afrique du Sud. Une monarchie absolue. Très absolue. À telle enseigne que pour le souverain – actuellement un certain Mswati III – est organisée chaque année la fête des roseaux. Un défilé de jeunes vierges aux seins nus, et il s’en choisit une ou plusieurs. Je sais, je sais, nos présidents se fournissent autrement. Mais s’agissant du régime politique de la Ve, ne sommes-nous pas plus proches du Swaziland que des États-Unis ?

A lire du même auteur : Le gauchisme, maladie sénile du communisme, Benoît Rayski, (Atlantico éditions), 2013. Vous pouvez acheter ce livre sur Atlantico Editions.


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