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Retraite : les avantages de la passer à l'étranger
©Reuters

Bonnes feuilles

Retraite : les avantages de la passer à l'étranger

Baisse des retraites, désindexation des rentes de l’évolution du coût de la vie, fiscalité confiscatoire : trois raisons qui doivent vous amener à réagir ! Pourquoi ne pas vous délocaliser tout simplement ? Extrait de "Retraite : Partir vivre à l'étranger", de Denis Sarget et Fabrice Coletto-Labatte, chez Ixelles éditions (1/2).

« Les retraités sont-ils des privilégiés ? » Peut-être que cette question parue à la une du Parisien à la mi-septembre 2012 vous a fait sursauter, même si slate.fr répondait en écho en octobre 2013 : « Non, les retraités ne sont pas des privilégiés. » À dire vrai, ils risquent même de devenir des anti-privilégiés.

Le Parisien faisait une allusion directe au rapport de la Cour des comptes, qui proposait ainsi de supprimer 5 Mds€ d’avantages présumés des retraités sur les 12 Mds€ de niches fiscales estimées. Ne vous bercez pas d’illusions. Si dans un premier temps, pour faire passer la pilule, seulement 5 Mds€ d’économies réalisées sur votre dos seront programmés, le solde des 7 Mds€ viendra par la suite.

Le gouvernement Ayrault a déjà fait voter, fin 2013, la fiscalisation de la majoration de 10 % des pensions des retraités ayant eu au moins trois enfants. Sans vouloir vous affoler, ce ne sera qu’un hors-d’oeuvre.

Le système français de retraite par répartition est à bout de souffle. En cause, le vieillissement accéléré de la population, et une démographie – pourtant l’une des meilleures d’Europe – qui permet tout juste de remplacer les générations. Les chiffres sont sans appel. Il y a cinquante ans, il y avait en France 4 cotisants pour 1 retraité ; actuellement cette proportion, selon la Caisse nationale de l’assurance vieillesse (CNAV), est tombée, pour le régime général, à un ratio de 1,39 cotisant pour un retraité en 2012 (18,3 millions d’actifs pour 13 millions de pensionnés).

Et ce n’est pas fini, la grande majorité des baby-boomers de l’après-guerre sont encore pour quelques années en activité. Ce ratio devrait encore se dégrader pour tomber à 1 dans une vingtaine d’années. Pendant ce temps-là, l’espérance de vie continue d’augmenter.

Les pensions et retraites représentent déjà 14 % du PIB, et le déficit de la branche vieillesse de la Sécurité sociale atteignait encore 3,3 Mds€ en 2012 malgré les efforts de réduction. Le trou global ne peut que se creuser profondément.

La réforme Fillon n’était déjà pas à la hauteur de l’enjeu, avec un allongement très contenu de l’âge de la retraite. Le gouvernement Ayrault se contente également de mesures bien trop faibles : augmentation de la durée de cotisation, qui va passer de 41,5 ans à 43 ans pour les générations nées après 1973, pour pouvoir toucher une pension de retraite à taux plein. Et également croissance d’ici 2017 de 0,3 % des cotisations acquittées par les salariés et les employeurs, ce qui ferait rentrer dans les caisses un peu plus de 7 Mds€ supplémentaires.

Le déficit prévu par le Conseil d’orientation des retraites (COR) étant de 20 Mds€ aux alentours de 2020, le financement est donc bien loin d’être résolu à très moyen terme, sauf prise en charge par le budget de l’État. Or, l’heure est à la réduction des dépenses et le gouvernement n’a plus un sou pour combler le déficit de ce côté ; la dette française publique, selon l’Insee, atteint déjà 92,7 % du PIB à la fin du 3e trimestre 2013. Malgré le petit sursaut de croissance attendu pour 2014, la crise apparaît durable.

Les deux dernières réformes françaises en matière de retraite s’apparentent à des rustines sur un pneu crevé et très usé ; il s’agit de mesures insuffisantes, destinées à éviter l’explosion du système à court terme et à faire patienter les agences de notation qui évaluent la fiabilité de la dette de la France. Une troisième réforme va s’avérer nécessaire, et ceci bien avant 2020.

Jeune ou futur retraité, vous êtes attaqué de tous côtés : épargne, retraite, santé

La nouvelle majorité a prévu un lourd matraquage fiscal, pressurant notamment les détenteurs de capital. Ceux-ci sont, bien évidemment, essentiellement des seniors qui avaient prévu d’améliorer leur train de vie à la retraite avec cette épargne patiemment constituée, en général stockée dans des contrats d’assurance-vie.

La retraite par répartition est, quant à elle, menacée par une pyramide des âges qui n’est pas sans rappeler une pyramide de Ponzi. Quand il n’y aura plus qu’un actif à peine pour un retraité, il sera difficile de taxer trop lourdement les personnes qui travaillent (celles donc qui au moins ne seront pas au chômage !) sous peine de voir les jeunes s’exiler.

Dans le système par répartition, les travailleurs actifs financent les pensions des retraités ; ceux qui travaillent ne cotisent donc pas, contrairement à une opinion répandue, pour leurs vieux jours, mais paient pour les retraités actuels. Et eux-mêmes devront compter sur les générations d’actifs à venir pour financer leur propre retraite. C’est bien un système à la Madoff : les premiers arrivants profitent de retraites généreuses (comme pour Madoff, les premiers souscripteurs profitaient de taux d’intérêt très élevés) et les derniers sur le marché (les jeunes générations) devront se contenter de pensions symboliques.

Si l’on ne diminue pas les pensions servies, le déficit des retraites va rapidement devenir insoutenable dans les prochaines années, surtout dans un contexte de croissance morose et de chômage massif. À l’étranger, le financement des retraites par capitalisation n’est pas mieux assuré ; confronté à une hausse des taux d’emprunt de son pays en septembre 2013, le libéral (!) Donald Tusk nationalise en Pologne les fonds de pension privés et ceux-ci sont arbitrairement transférés vers les caisses de retraite publiques. C’est un peu comme si les contrats en euros de votre assurance-vie se trouvaient autoritairement transformés en points de retraite de la CNAV. Il ne faisait en cela qu’imiter la Hongrie, qui avait pris une mesure similaire en 2010, l’inspirateur plus lointain de ce type de spoliation n’étant autre que le gouvernement de Vichy, qui, pour financer en 1941 le premier embryon de retraite par répartition (allocation aux vieux travailleurs salariés), n’avait pas hésité à y affecter les fonds de retraite capitalisés depuis 1930.

Pour la santé, ce ne sera pas mieux. Les gouvernements successifs sont déjà incapables de contenir les dépenses de l’assurance-maladie. Ils auront encore moins la possibilité de le faire avec une population vieillissante consommatrice de beaucoup plus de soins. Les déremboursements de médicaments et autres augmentations de ticket modérateur vont se succéder ; vous devrez donc mettre de plus en plus la main à la poche.

Non seulement vous faire soigner vous reviendra plus cher, mais il vous faudra encore trouver un praticien. Alors que la demande de santé, avec le vieillissement de la population, va augmenter en France, le nombre de médecins diminue, en raison du numerus clausus inadapté des études médicales ; les départs à la retraite de médecins vont être importants dans les quinze prochaines années. Un déficit que l’appel à des médecins étrangers ne suffira pas, loin s’en faut, à combler. Les déserts médicaux s’accroissent et, même à Paris, il n’est guère évident de trouver un praticien dans des délais raisonnables dans certaines spécialités, comme l’ophtalmologie.

Vous devez regarder la situation en face : votre retraite va être amenée à baisser ; vos impôts, vos frais de santé et vos dépenses de la vie courante augmentent, et vous ne pouvez plus réellement compter, en appoint, sur les revenus de votre capital, de plus en plus lourdement ponctionné, pour compenser la chute annoncée de votre niveau de vie. L’État-providence agonise.

Réagir est indispensable. Vous avez une solution. Pourquoi ne pas vous délocaliser tout simplement vousmême en dehors de France ? Après tout, c’est bien ce qu’ont fait (et font tous les jours) nombre d’entreprises françaises.

Les quatre bienfaits de la délocalisation appliquée à vous-même

Vous pouvez ainsi gagner sur quatre tableaux :

• Tout d’abord, vous économiserez sur votre vie de tous les jours. L’immobilier reste cher en France (tant à l’achat qu’en coût de possession) malgré l’effritement récent du marché, et le coût de la vie y est élevé. De nombreux pays vous permettent de diminuer sensiblement le prix de votre logement et les dépenses correspondant à vos besoins essentiels. Déjà, si vous vous installez dans une contrée chaude, vous n’aurez pas de frais de chauffage.

• Vous pourrez améliorer vos revenus effectifs en payant moins d’impôts et en récoltant entièrement (ou presque !) le fruit de vos placements, au lieu d’en voir une bonne partie confisquée par l’État. La France est devenue une des championnes de l’imposition du capital ; même les pays scandinaves, qui ont pourtant la main lourde dans le domaine des prélèvements obligatoires, ne taxent pas autant les revenus des placements.

• Vous pourrez aussi, si vous avez encore le goût d’entreprendre, ou plus prosaïquement une retraite trop modique, compléter votre pension en créant une entreprise, même modeste, à l’abri des tracas administratifs. Toutes nos destinations ne le permettent malheureusement pas, certaines préférant, de fait ou de droit, réserver les activités lucratives à leurs nationaux.

• Enfin, vous pourrez troquer la grisaille pour le soleil des tropiques et les mers chaudes, dans des paysages enchanteurs.

L’expatriation n’est pas réservée qu’aux très riches. Certes, quelques destinations sont en pratique l’apanage des grosses fortunes, mais nous vous proposons ici des destinations agréables où vous pourrez couler des jours heureux avec un revenu modeste.

Où aller ?

Nous avons sélectionné 15 pays à travers le monde, qui sont, à différents égards, des endroits intéressants où résider pour un retraité ou un rentier :

• les pays européens proches de la France : Belgique, Suisse, Luxembourg, Grande-Bretagne, Italie, Portugal, Croatie ;

• les destinations plus lointaines : Mexique, Costa Rica, Maroc, Maurice, Thaïlande, Bali, Nouvelle- Calédonie, Polynésie française.

Tous ne présentent ni les mêmes avantages ni les mêmes inconvénients. Votre choix éventuel, entre ces différentes destinations, sera dicté par votre situation familiale, vos impératifs de santé, votre goût du dépaysement et du soleil, votre connaissance des langues étrangères, la structure de vos revenus et le montant de votre fortune.

Ouf ! Beaucoup de paramètres à prendre en considération pour votre futur départ. Mais autorisez-vous à rêver et imaginez-vous au bord de votre piscine, sous les tropiques et les palmiers, loin des embarras de la vie urbaine ou de votre feuille d’impôt.

Cependant, avant que le rêve ne devienne réalité, il va falloir prendre quelques problèmes administratifs à bras-le-corps.

Extrait de "Retraite : Partir vivre à l'étranger", de Denis Sarget et Fabrice Coletto-Labatte, chez Ixelles éditions, 2014. Pour acheter ce livre, cliquez ici.

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