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Un jeune de 12 ans reçoit une première dose du vaccin Pfizer contre la COVID-19 au Harborview Medical Center le 13 mai 2021 à Seattle aux Etats-Unis.
Un jeune de 12 ans reçoit une première dose du vaccin Pfizer contre la COVID-19 au Harborview Medical Center le 13 mai 2021 à Seattle aux Etats-Unis.
©David Ryder / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / Getty Images via AFP

Contaminations

Rentrée des classes en vue : faut-il s’inquiéter des alarmantes nouvelles venues des Etats-Unis sur le nombre d’enfants hospitalisés avec le variant Delta ?

Des centaines d'enfants seraient hospitalisés aux Etats-Unis après avoir contracté la Covid-19 suite à la propagation du variant Delta, selon des informations du Telegraph. Une association de pédiatres américains a demandé à ce que la vaccination des enfants de moins de 12 ans soit autorisée le plus rapidement possible. Le Dr Anthony Fauci a également précisé qu'un "nombre considérable" de jeunes infectés sont gravement malades et que les écoliers devraient porter des masques. Cette situation aux Etats-Unis peut-elle préfigurer ce qui risque de se passer en France à l'occasion de la rentrée scolaire ?

Antoine Flahault

Antoine Flahault

 Antoine Flahault, est médecin, épidémiologiste, professeur de santé publique, directeur de l’Institut de Santé Globale, à la Faculté de Médecine de l’Université de Genève. Il a fondé et dirigé l’Ecole des Hautes Etudes en Santé Publique (Rennes, France), a été co-directeur du Centre Virchow-Villermé à la Faculté de Médecine de l’Université de Paris, à l’Hôtel-Dieu. Il est membre correspondant de l’Académie Nationale de Médecine. 

 

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Atlantico : Dans plusieurs récentes interviews, le Dr Fauci a souligné ses inquiétudes à l’égard des enfants et du Covid. L’American Academy of Pediatrics plaide pour la vaccination des enfants et certains médecins s’inquiètent de l’impact du Covid long chez les plus jeunes. Que sait-on de la situation des enfants aux Etats-Unis face au Covid notamment face au variant Delta ?

Antoine Flahault : L’académie pédiatrique nord-américaine a alerté les autorités de leur pays parce qu’en une seule semaine le nombre de nouvelles contaminations chez les enfants a bondi à 77 726 cas (contre 38 654 cas la semaine précédente). La proportion des enfants de moins de 12 ans est passée de 14,3% de l’ensemble des cas (sur les données cumulées depuis le début de la pandémie) à 19% la dernière semaine de juillet. Par ailleurs, les USA ont enregistré 350 décès chez les enfants depuis le début de la pandémie, sans compter les impacts collatéraux provoqués par les fermetures répétées d’école, les mesures d’isolement ou la perte d’un parent ou d’un proche.

La situation aux Etats-Unis pourrait-elle préfigurer ce qui risque de se passer en France ? Devrait-on s’inquiéter plus sérieusement de la situation ?

On a toujours tendance à penser que ce qui se passe à l’étranger, surtout lorsque c’est loin de chez nous, ne nous arrivera pas. Mais cette pandémie a montré qu’à chaque fois que l’on pensait cela on avait tort. Bien sûr, la situation nord-américaine, surtout avec la nouvelle administration ressemble beaucoup à ce que nous vivons en Europe. Il y a des différences entre nos pays, notamment le pourcentage d’enfants en surpoids ou obèses est supérieur aux USA par rapport à celui de la France ou la Suisse, mais il n’en demeure pas moins vrai que le virus n’épargne en rien les enfants, ni sur le plan de sa transmission, ni sur la sévérité puisqu’il peut provoquer des formes sévères, compliquées nécessitant une hospitalisation, voire des décès. Les pédiatres nord-américains n’évoquent pas, me semble-t-il dans leur lettre ouverte à la FDA, le problème additionnel des COVID longs mais c’est également une source de préoccupation de nombreux experts, tant sur le plan sanitaire que pour la continuité de la scolarité des enfants.

Quelles devraient être les actions prioritaires pour assurer la sécurité des enfants face au Covid, notamment dans la perspective de la rentrée des classes ? 

Aujourd’hui les enfants de moins de 12 ans représentent le dernier segment de la population non éligible à la vaccination. Ils devraient donc être particulièrement protégés, or peu d’efforts sont dédiés en Europe pour prévenir les transmissions des enfants, et notamment au moment crucial de la rentrée, dans les écoles. On sait que les salles de classe sont des lieux fermés, ou les enfants passent des heures en forte promiscuité, seront-elles assez ventilées pour éviter qu’elles ne deviennent de haut lieux de contamination dès la rentrée ? On pourrait le savoir si on décidait d’installer des capteurs de CO2 dans chaque salle de classe, et dans les cantines où les enfants enlèvent leurs masques, rient et parlent en prenant leurs repas. On devrait d’urgence prévoir l’installation de ces capteurs dans toutes les écoles et interdire la présence de rassemblement d’enfants tant que la concentration dépasse 1200 ppm comme cela se pratique en Belgique. Il faut espérer par ailleurs que les autorités réglementaires en charge de l’homologation des vaccins ne tardent pas désormais à mettre sur le marché des vaccins pour les enfants, dès qu’elles auront vérifié leur bonne sécurité, mais cela pourrait ne pas survenir beaucoup avant 2022. D’ici là, il faut protéger les enfants de moins de 12 ans non vaccinés et vacciner massivement les adolescents de plus de 12 ans. Il en va de leur sécurité sanitaire, mais aussi de leur scolarité dans des conditions harmonieuse l’an prochain.

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