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Les différentes élections législatives partielles pourraient mathématiquement faire perdre sa majorité absolue au parti socialiste.

Au bord du gouffre

Que se passerait-il si les législatives partielles faisaient perdre la majorité absolue aux socialistes ?

Les deux élections partielles des circonscriptions des Français de l’étranger, celle du Lot-et-Garonne et celle des Bouches-du-Rhône pourraient remettre en cause la majorité absolue des socialistes à l'Assemblée nationale. Si cette majorité était perdue, le parti au pouvoir serait contraint de composer avec les autres gauches du pays.

Thomas Guénolé

Thomas Guénolé

Thomas Guénolé est politologue et maître de conférence à Sciences Po. Son dernier livre, Islamopsychose, est paru aux éditions Fayard. 

Pour en savoir plus, visitez son site Internet : thomas-guenole.fr

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Atlantico : Les différentes élections législatives partielles pourraient mathématiquement faire perdre sa majorité absolue au parti socialiste. Quelles en seraient les conséquences ?

Thomas Guénolé : Il se passerait ce qui s’est passé lorsque Michel Rocard était Premier ministre, en 1988, lorsque la majorité socialiste n’était pas absolue à l’Assemblée. Dans cette situation difficile son conseiller Guy Carcassonne devait négocier au cas par cas des renforts de voix à l’extrême gauche ou au centre. Il était le responsable de ces majorités de circonstance. On les surnommait d’ailleurs les "majorités Carcassonne". Si d’aventure la majorité socialiste-écologiste devenait relative à l’Assemblée nationale, Jean-Marc Ayrault aurait à appliquer la méthode employée par Guy Carcassonne avec d’un côté le Front de Gauche et de l’autre l’UDI. 

La situation poserait-elle un souci quant à l’unité et la fiabilité de la majorité gouvernementale à la chambre basse quand on connait la dissidence des écologistes dans la majorité ?

Thomas Guénolé : Il faut bien distinguer le message des Verts, qui est un message critique envers la politique social-démocrate de François Hollande, de l’intérêt des cadres d'EELV en terme de trajectoires de carrière. Sans la puissance et la logistique PS, Europe Ecologie Les Verts n’a pas de siège, nulle part, sauf à l'issue des élections européennes. EELV peut donc avoir un message critique vis-à-vis de François Hollande mais ne franchira jamais le Rubicon en "cassant" cette alliance qui mènerait le parti dans l’impasse. Nous observons un phénomène très paradoxal. Les majorités très larges sont moins disciplinées que les majorités étroites dans le cas desquelles l’ambiance de « citadelle assiégée » que l’on a pu observer sous Michel Rocard prend le pas.

L’hypothèse d’une dissolution de l’Assemblée nationale est-elle crédible ?

Thomas Guénolé : On peut distinguer trois motifs de dissolution de l’Assemblée nationale. Le premier intervient à l’occasion d’un crise politique extraordinaire. Ce sont les dissolutions du Général De Gaulle. Le deuxième cas correspond aux dissolution qui se produisent car le nouveau président élu hérite d’une Assemblée qui n’est pas de sa couleur politique bien que cela n'arrive plus aujourd’hui puisque les élections législatives ont lieu un mois après la présidentielle. La troisième possibilité est celle de la dissolution par calcul politique que Jacques Chirac a expérimenté à ses dépends en 1997. Il a probablement été le dernier à la tenter tant cela n'appartient pas à notre culture et rend l'opération risquée. Je ne crois donc pas à cette option pour François Hollande. Certains hommes politiques estiment cependant, comme Jean-Louis Borloo, que la situation économique et sociale va continuer à se dégrader tant et si bien que c'est elle qui amènera la crise politique extraordinaire qui pourrait conduire à une dissolution.

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