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Quand les salariés de la « génération Y » rêvent de breaks dans leurs carrières (en oubliant la réalité de leur avenir professionnel...)
©Reuters

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Quand les salariés de la « génération Y » rêvent de breaks dans leurs carrières (en oubliant la réalité de leur avenir professionnel...)

Selon une étude du cabinet ManPower, 84% des millenials songent à faire à un moment donné une pause dans leur carrière. Un "break" plus ou moins long. Un constat qui pose de vrais questions pour des entreprises qui peinent à garder leurs talents.

Marguerite Chevreul

Marguerite Chevreul

Marguerite Chevreul est coach professionnelle depuis plus de dix ans. Elle accompagne les cadres et les dirigeants dans leur réflexion professionnelle. Diplômée et maître de conférence à Sciences Po, elle est également fondatrice et dirigeante de la société Taldev qui accompagne le développement des talents.

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Atlantico : Selon une étude du cabinet ManPower, 84% des millenials américains prévoient de faire un break plus ou moins long dans leur carrière à un moment donné. Pourquoi cette pratique est-elle si populaire auprès des millenials (contrairement aux anciennes générations) et est-ce que ce bilan est transposable à la France selon vous ?

Marguerite Chevreul : Je pense que c'est la même chose en France. Cette génération est plus dans la quête de sens et pour elle le travail n'est pas une fin en soi. Il y a  un besoin de diversité et d'ouverture plus fort par rapport aux générations précédentes et faire une pause professionnelle peut être l'occasion d'assouvir ce besoin.

A cela il faut rajouter qu'auprès des millenials l'image du monde du travail, de l'entreprise, est très mauvaise. On sait qu'on ne fait plus une carrière en entreprise comme avant. Les millenials ont vu la génération précédente souffrir au travail et ne croient plus à l'épanouissement et à la carrière en entreprise.  Faire un break aujourd'hui n'a rien d'exceptionnel par rapport à dix ans en arrière. Aujourd'hui le monde du travail ne comble plus le besoin de sens comme il le faisait pour les générations précédentes comme les post baby-boom.  Enfin le break est devenu tellement commun que cela pose de vrais questions pour les entreprises qui peinent à garder leurs talents.

Quelles peuvent être les raison d'un break professionnel  et comment le préparer au mieux ?

Il y a deux types de break.  D'abord celui que l'on subit comme le congé maternité, le chômage, le burnout ou même la mobilité du conjoint.

En dehors de ceux-ci il y a les breaks choisis. Le plus commun étant celui qui se traduit par une envie de partir. Il y a aussi des breaks de transition car l'on a un projet de formation vis-à-vis d'une éventuelle reconversion. On peut aussi citer le break qui a pour objectif la réalisation d'un projet plus personnel comme l'engagement dans l'humanitaire ou même la création d'une entreprise.

Il faut faire attention à préparer sa pause dans sa carrière. Celui qui se limite juste à la réflexion "j'en ai ras le bol, je fiche le camp" il faut s'en méfier car c'est dangereux. Le temps passe vite et si l'on a rien préparé on risque de se retrouver bloqué et de ne rien faire au final. Il faut savoir pourquoi l'on part, que ça ne soit pas juste une fuite.  Si l'on quitte une entreprise il faut se poser les bonnes questions. Une démission, une rupture conventionnelle, un congé sabbatique… Il y a différentes modalités à étudier et préparer.  Une autre possibilité pour réaliser ce projet serait de profiter d'un plan de départ volontaire de l'entreprise

Quels sont les risques d'un career break ? Est-ce que la pratique est si admise que cela auprès des entreprises françaises aujourd'hui ?

Partir sur un coup de tête est dangereux car il y aura bien un retour un jour. Et généralement les gens au retour sont tentés de prendre le premier travail qui vient s'ils n'ont pas réfléchit à un projetIl ya  souvent une "crise du retour" qui peut les inciter à repartir ou même qui va les faire tomber en dépression. En plus de réfléchir à un projet et d'avoir préparé son départ et son retour, il faut veiller à ne pas couper totalement de la vie professionnelle. Entretenir ses contacts, se tenir au courant des actualités… Ce sera beaucoup plus simple au retour si ce travail est fait correctement.

Dans les entreprises françaises, les breaks sont encore très mal vus. Les entreprises vont se poser plusieurs questions face à un candidat qui aura fait ce choix. "Sait-il encore travailler, va-t-il arriver à se réadapter à des horaires contraignants?" ou encore, "Est-ce qu'il ne va pas partir dans deux mois?".

Les entreprises sont toujours réticentes malgré un discours de façade qui promeut ces initiatives. Les candidats doivent expliquer pourquoi ils sont partis mais surtout pourquoi ils reviennent et pourquoi ils vont s'accrocher. 

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