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Quand l'antiracisme militant tue une seconde fois Montand, Piccoli et Reggiani
©Reuters

Origines exhumées

Quand l'antiracisme militant tue une seconde fois Montand, Piccoli et Reggiani

Dans son dernier ouvrage "le suicide français", Eric Zemmour revient sur les 40 années qui ont selon lui défait la France. Il mobilise aussi bien la politique que l'économie ou la littérature, le cinéma et la chanson. Extraits 1/2.

Éric Zemmour

Éric Zemmour

Eric Zemmour est journaliste et essayiste. Il a déjà publié une quinzaine de livres dont "Le Suicide français" (Albin Michel), "Destin français" (Albin Michel), "Le coup d'Etat des juges" (Grasset) ou bien encore "Le livre noir de la droite" (Grasset). Eric Zemmour vient de publier en septembre 2021 "La France n'a pas dit son dernier mot" aux éditions Rubempré.  
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Vincent, François, Paul et les autres marque l’échec de la génération d’après-guerre, qui avait voulu abolir l’humiliation de la défaite de juin 1940. La Libération de 1945 reposait sur la présomption de l’héroïsme retrouvé (« Paris libéré par son peuple !!! »), de la Résistance unanime qui effaçait les déchirements entre pétainistes, gaullistes et communistes, de la solidarité entre les classes (sécurité sociale) qui soldait les vieux comptes des journées de juin 1848, de la Commune, de Germinal, etc., et enfin, même si cela était moins assumé, sur la reprise en main des femmes (dont le symbole extrême et cruel fut les tondues) qui avaient abandonné sans vergogne le vaincu dévirilisé pour s’abandonner dans les bras du vainqueur, allemand puis américain. La crise du pétrole de 1973, l’usure du modèle keynésien, la remise en cause de la mémoire gaullo-communiste et, last but not least, le combat féministe qui exaltait le « droit de disposer de son corps » même avec un soldat ennemi, le développement de l’individualisme et de l’hédonisme au détriment des valeurs patriotiques, familiales et collectives qui avaient soudé la France de la Reconstruction, tout marquait l’usure et l’échec final de la génération de Vincent, François, Paul et les autres.

Montand, Piccoli, Reggiani étaient tous des fils d’immigrés italiens, si bien assimilés qu’ils étaient devenus des modèles accomplis du Français, et de son ancêtre, le Gaulois. Ils parlaient, ils chantaient, ils jouaient, ils bouffaient et baisaient dans la langue de Racine, dans la verve de Molière, dans l’esprit de Descartes.

Dans quelques années, leurs origines seront exhumées par l’antiracisme militant, non pour leur en faire honte mais gloire, alors que le génie français de l’assimilation avait été de les occulter. Ce sera leur seconde mort, mais ils l’ignorent encore.

Vincent, François, Paul et les autres incarnent le « mâle blanc hétérosexuel » à son crépuscule. Bientôt, des armées de Lilliputiens – féministes, militants gays, et combattants de la décolonisation – abattront sa statue pour danser au milieu des ruines, sans être capables d’en bâtir une autre, pour le plaisir nihiliste de contempler le reflet des flammes, auxquels Vincent, François, Paul et les autres allumeront leurs derniers cigares.

Extrait de Le suicide français, Albin Michel (1er octobre 2014)

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