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Le milieu de terrain e Manchester City, Riyad Mahrez, après avoir marqué un but lors de la demi-finale aller de l'UEFA Champions League face au PSG.
Le milieu de terrain e Manchester City, Riyad Mahrez, après avoir marqué un but lors de la demi-finale aller de l'UEFA Champions League face au PSG.
©Anne-Christine POUJOULAT / AFP

Ligue des champions

PSG/ Manchester City : les Parisiens tombent en panne de batterie en 2e mi-temps

Vaincus par les Anglais 2-1 en match de la demi finale aller de la Ligue des Champions, les Parisiens ont 6 jours pour changer les pansements et penser les changements dont ils auront besoin s’ils veulent se donner les chances de l’exploit auxquels ils sont désormais condamnés.

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez

Olivier Rodriguez est entraîneur de tennis et préparateur physique. Il a coaché des sportifs de haut niveau en tennis. 
 
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Après avoir sorti le Barca et le Bayern, le PSG devait se coltiner le Manchester City de Guardiola pour une alléchante demi-finale de la Ligue des Champions... Alléchante et un tantinet paradoxale puisque la crème de la crème du football européen était représentée par deux nouveaux riches détenus par le Qatar et Abu Dhabi. Des ennemis intimes que tout oppose géopolitiquement et sportivement mais qui partagent toutefois un principe commun : puisqu'ils possèdent tout pendant que d'autres n'ont rien, ils pensent que ça équilibre les choses. Ce sarcasme mis à part, avec des stars comme s'il en pleuvait et avec comme enjeu une finale prestigieuse, la soirée promettait d'être belle. Au fond, au-delà de placer avantageusement deux nouvelles pièces maîtresses sur l'échiquier Européen, il s'agissait de savoir laquelle de ces deux équipes de parvenus allait finir par arriver...
 
Les semaines passées, nous avions dit dans ces colonnes combien ce PSG pouvait présenter deux visages. Audacieux et brillant certaines fois, emprunté ou craintif à d'autres, et donc combien il pouvait se montrer bipolaire. Selon toute vraisemblance, ce n'est pas le match d'hier soir qui nous fera changer d'avis. Car après une première période totalement maîtrisée, pleine d'une saine agressivité et pendant laquelle City a été bousculé comme jamais, le PSG s'est effondré. Irrémédiablement. Totalement. 
 
Alors comment expliquer un tel revirement de situation ? S'il ne peut y avoir de réponse simple à un problème complexe, nous avons quand même une petite idée sur la principale raison de ce déclin spectaculaire : la forme physique. Une donnée qui conditionne beaucoup de choses en football... Des choses comme la capacité à répéter les efforts, bien sûr, mais aussi la persistance dans la justesse technique ou encore la lucidité au moment de décider des gestes qui comptent. Et quand on vous dit ça, on n'est pas exhaustif. Ce qui est certain, c'est qu'à partir du moment où les joueurs ne peuvent plus répéter les efforts et répondre à l'intensité demandée, tout change. L'équipe fatiguée recule, le ballon ne ressort plus, l'adversaire peut développer ses actions et comme le jeu n'est plus dirigé, il est subi. C'est un peu tout cela qui est arrivé hier soir à des joueurs Parisiens qui ne semblaient avoir, grosso modo, qu'une cinquantaine de minutes d'autonomie dans les jambes. Pour le coup, c'est trop peu pour rivaliser avec ce qu'une équipe comme celle de Guardiola impose. Car ce rouleau compresseur qui se caractérise par une possession et une circulation de balle diaboliques n'a pas son pareil pour user progressivement, graduellement, autant les corps que les esprits. Petit à petit, en cette soirée de gala, ce lent travail d'usure a donc fini par porter ses fruits... jusqu'à ce que De Bruyne trouve la faille sur un coup franc qu'il voulait offrir et que personne n'a touché (64è)... et jusqu'à ce que Mahrez ne douche définitivement les espoirs Parisiens sur un coup franc qui aurait dû finir dans le mur si celui-ci ne s'était pas disloqué (71è). Une faute impardonnable à un tel niveau et qu'on ne devrait voir qu'en district, et encore.
 
Au bout du compte, c'est parce qu'elle a manqué de constance, de moyens, et peut-être aussi du goût du travail au quotidien que cette équipe du PSG n'a pas tenu le choc face à un City qui semblait à sa portée. 
 
Pour ne vexer personne, nous passerons sous silence les prestations insuffisantes et les attitudes suffisantes des deux stars de l'équipe. Du côté des satisfactions, mis à part la partie courageuse du capitaine Marquinhos (buteur à la 15è) et la première mi-temps exceptionnelle de Di Maria, il n'y a pas grand-chose à signaler... À ceci près que le corner délicieusement déposé par l'Argentin sur la tête de son capitaine aura encore montré, si besoin était, combien c'est beau quand le magicien dose.
 
Évidemment, quelques questions nous taraudent ce matin. Car comment interpréter l'immobilisme d'un Pochettino qui aura attendu la 80è minute pour procéder à son premier changement ? Ou pourquoi ne pas avoir fait rentrer Rafinha et Draxler plus tôt ? Quand Di Maria et Mbappé étaient sur les jantes... En tous cas, le mystère qui fait que cette équipe finit toujours par se couper en deux reste entier...
 
Si la déception est grande et s'il y a ce matin de quoi se tricoter des pulls en peine vierge, il faut aussi rendre grâce au coaching de Guardiola et à la classe de De Bruyne. 
C'est en replaçant Foden dans l'axe, en invitant son capitaine à décrocher davantage et en demandant à son groupe d'insister sur ses points forts, que le coach Catalan l'a tout simplement remis sur les bons rails.
 
Quant à De Bruyne, en prenant les choses en main après une première mi-temps compliquée, il a encore prouvé qu'il n'est pas juste un joueur, mais un joueur juste. Nuance. Un gars capable de lire le jeu comme personne et qui ne fait jamais la même erreur une seule fois... Un crack qui prouve à longueur de temps que les autres ne sont jamais mieux servis que par lui-même. Hier soir, comme souvent, le capitaine aura porté son équipe et grandement influé sur le résultat.
 
Évidemment, un tel score ne fait pas les affaires du PSG à une petite semaine d'un match retour maintenant bien difficile à aborder.  
 
Comme un chagrin supplémentaire, ce résultat qui a mauvaise haleine nous prive de la saveur particulière qui caractérise toutes les victoires Françaises chèrement acquises face aux Anglais, nos chers ennemis héréditaires. À eux seuls, des siècles d'histoire de conflits militaires et sportifs n'expliquent pas ce simple constat. Non, car ce plaisir aurait aussi résidé dans la jubilation qu'il y aurait eu à donner une petite leçon à ceux qui ont gravé dans le marbre les lois qui régissent la plupart des sports majeurs et qui s'enorgueillissent d'avoir appris à tout le monde le fair-play. Le fair-play... vous savez, cette pratique curieuse qui consiste à gagner en feignant d'être modeste ou à perdre avec le sourire. Si l'on ajoute à ces griefs déjà suffisants la volonté affichée il y a peu par les six plus grands clubs Anglais de participer à la création de ce qui a failli s'appeler la Super League (paix à son âme), vous comprenez combien nous sommes passés à côté d'une belle joie.
 
Visiblement, ce sera pour une autre fois. Désormais, il ne nous reste plus qu'à attendre fiévreusement le match retour. Un match retour de tous les dangers qui autorise toutefois un léger espoir car c'est toujours loin de leurs bases que les Parisiens ont signé leurs plus beaux exploits cette saison. Dans cette attente anxieuse, entre penser les changements et changer les pansements, ils ne s'ennuieront pas. 

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