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Les 32 heures : l'ignorance crasse des Verts en économie
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La main verte

Les 32 heures : l'ignorance crasse des Verts en économie

Les Verts ont fait grand bruit en proposant le "travailler mieux et moins, pour travailler tous". Concrètement, un passage aux 32 heures. Mensonges sur une politique qui ne mènerait à rien, comme les faits l'ont déjà prouvé à propos des 35 heures.

Hervé Lambel

Hervé Lambel

Hervé Lambel est candidat à la présidence du Medef et co-fondateur du CERF (Créateurs d'emplois et de richesse en France).

D’une lignée d’entrepreneurs, il est diplômé de l’EPSCI (Essec). Il entre en 2000 à la CGPME, puis fonde en 2003 le CERF, dont il devient Président et porte-parole en 2004. Il fait notamment partie des premiers lanceurs d'alerte sur la crise économique et les problèmes de trésorerie des entreprises. Il est également le créateur d’HLDC, société de service et d’investissement.

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Travailler mieux et moins : c’est ce que souhaite en vérité chaque patron. En effet, si vous augmentez la productivité et vos résultats tout en travaillant moins, on réduit également les problèmes. Tout le monde pourrait sembler gagner en qualité de vie. En cela, les Verts prônent une révolution à l’opposé de ce qu’ils veulent défendre. Notamment en l’opposant au "travailler plus pour gagner plus", une proposition émanant de notre organisation. D’abord, parce que contrairement à ce qui nous est annoncé comme une promesse, "travailler moins", que ce soit en travaillant moins ou mieux, n’a jamais permis de garantir du travail pour tous. C'est pourtant bien la deuxième promesse faite par les Verts pour justifier leur proposition. Personne n’a jamais pu démontrer véritablement la moindre création d’emploi avec le passage aux 35 heures. Toutes les évaluations ont systématiquement fait l’impasse sur un fait majeur : l’augmentation des défaillances d’entreprises.

Ainsi, dès la première année de cette funeste expérience dans les TPE et PME, les défaillances d’entreprises sont reparties à la hausse (+2%) après une baisse ininterrompue depuis 1996 tandis que les salariés commençaient à en ressentir les effets sur leur pouvoir d’achat. Continuant sa progression à contre-courant de l’économie mondiale, la France enregistrait en 2003 sa plus forte progression des défaillances depuis 1992 (+13,4%), résultat de la hausse du coût du travail et du ralentissement de l’activité par la perte de pouvoir d’achat des ménages (stagnation des salaires et hausses des loyers).

Cette hausse des défaillances d’entreprises,  à l’exception de l’année 2006, a été ininterrompue depuis la mise en place des 35 heures. Sur la même période, les États-Unis, le Japon, le Canada, l’Italie et l’Angleterre (excepté pour 2006) enregistraient une baisse des faillites. Si nous étions restés sur les niveaux de défaillances d’avant les "35 heures" jusqu’en 2007 seulement pour ne pas prendre en compte la période de crise économique majeure que nous traversons, ce sont près de 30 000 entreprises qui n’auraient pas été détruites. Plus de 100 000 emplois salariés et plus de 30 000 emplois non-salariés auraient été préservés. Or il n’est question ici que des seules entreprises défaillantes, auxquelles il faut ajouter les entreprises qui ont mis la clé sous la porte, et licencié, avant d’être défaillantes...

Enfin, opposer un "travailler mieux et moins, pour travailler tous" à "travailler plus, pour gagner plus" au motif que ce dernier n’aurait jamais fonctionné est un pur mensonge économique, que les faits démentent aisément. Une commission parlementaire, fort peu inspirée dans ses conclusions, a pourtant évalué cet été que près de 9 millions de salariés auraient profité de cette mesure qui leur a permis de toucher 450 euros en moyenne par an. Les contempteurs de la mesure qui voudraient lui nier son impact positif sur le pouvoir d’achat, trouvent que c'est encore trop peu. C’est certainement peu par rapport à ce qu’ils gagnent. Mais c’est déjà beaucoup pour les très nombreux bas salaires qui ont pu bénéficier d’un demi-smic supplémentaire par an en plus.

Si le rêve peut être un moteur, il faudra malheureusement d'autres solutions dans la situation de crise dans laquelle nous nous trouvons. Notamment soutenir ceux qui travaillent pour retrouver la croissance et réduire le chômage. En tout cas, ni le mensonge, ni la démagogie ne seront d'une quelconque utilité. C’est la raison pour laquelle le Cerf a demandé à être associé au sommet pour l’emploi du 18 janvier.

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