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Les pétroliers sont-ils tous pourris ?
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Au pays de l'or noir

Les pétroliers sont-ils tous pourris ?

La valeur du baril du pétrole a augmenté cette semaine. Cette hausse a immédiatement était répercutée sur le prix de l'essence à la pompe, comme l'a annoncé Christophe de Margerie, le patron de Total. Une étude menée par des économistes a démontré, qu'au contraire, une baisse du baril d'or noir ne traduit pas forcément une diminution des tarifs dans les stations essences. Explications.

Christophe Schalck

Christophe Schalck

Christophe Schalck est un économiste. Il est diplômé d'un DEA en Monnaie banque et finance à l'université Paris X-Nanterre. Il est également titulaire d'un doctorat en Sciences Economiques. 

Il occupe les poste de chercheur associé pour EconomiX, revue spécialisée en économie de l'Université de Paris X-Nanterre. Il est également professeur à l'ESG Management School de Paris.

 

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A l’heure où une partie des Français s’engage sur la route des vacances, Total a annoncé ce weekend une hausse des prix des carburants en réponse à l’évolution du cours du baril de pétrole. Cette annonce montre que la solution proposée par le gouvernement de puiser dans sa réserve stratégique pour permettre une baisse des prix n’était qu’une réponse de court terme. Le gouvernement n’a qu’un pouvoir de pression politique et ne peut décider de la tarification qui revient seule aux compagnies pétrolières et aux distributeurs.

Dans ce contexte, une étude menée par les économistes de l’ESG Management School semble embarrasser les pétroliers. En se basant sur une période de plus de 20 ans (1990-2011), l’étude aboutit à deux résultats majeurs. Tout d’abord, il est irréaliste d’attendre des variations identiques entre les cours du brut et les prix des carburants à la pompe, car ces derniers intègrent d’importantes parts fixes telles que les taxes (TIPP et TVA) ou liées aux coûts de raffinage et de distribution. De plus, du fait que les barils sont négociés en dollars, le taux de change a un rôle d’amortisseur. Par conséquent, la flambée du cours du pétrole que nous avons connue ces dernières années n’a pas impliqué une telle flambée du prix des carburants.

Le gouvernement n’a qu’un pouvoir de pression politique et ne peut décider de la tarification

Ensuite, et c’est le cœur du débat actuel, l’étude montre que, même si les prix des carburants s’ajustent aussi bien à la hausse qu’à la baisse en réponse à un choc sur le prix du baril, cet ajustement est plus faible dans le cas d’une baisse du prix du brut que dans le cas d’une hausse.

L’étude estime ainsi qu’une hausse de 1% du prix du brut en euro implique une hausse immédiate (dans la semaine) de 0,12% du gazole, alors qu’une baisse de 1% du prix du brut implique une baisse immédiate de 0,07%. Il existe donc une asymétrie dans les réponses des prix des carburants au prix du baril, même si elle n’est que de très faible ampleur sur le prix des carburants.

Pourquoi une telle asymétrie ? Implique-t-elle des marges supplémentaires pour les pétroliers ? Il est difficile de trancher. La réponse dépend des stratégies des pétroliers et des distributeurs et d’éventuels coûts supplémentaires. Une plus grande transparence des acteurs concernés en la matière pourrait mettre un terme à ce débat…

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