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L'ONG Panthera et la revue scientifique PLOS ONE tirent la sonnette d'alarme : il ne reste plus que 250 lions adultes en Afrique de l'Ouest
L'ONG Panthera et la revue scientifique PLOS ONE tirent la sonnette d'alarme : il ne reste plus que 250 lions adultes en Afrique de l'Ouest
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Recul

Pourquoi les lions d'Afrique de l'Ouest sont menacés d'extinction

L'ONG Panthera et la revue scientifique PLOS ONE tirent la sonnette d'alarme : il ne reste plus que 250 lions adultes en Afrique de l'Ouest et 150 lionceaux répartis sur cinq pays représentant seulement 1,1% de leur aire habituelle !

Jean-Yves Routier

Jean-Yves Routier

Jean-Yves Routier est docteur vétérinaire, fondateur et président de l'association CRESAM - Conservation et reproduction des espèces sauvages africaines menacées

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Atlantico : Pourquoi les lions d'Afrique de l'Ouest sont-ils menacés ? Qui est responsable de cette situation ?

Jean-Yves Routier : Comme très souvent, les grands prédateurs sont en concurrence avec l'homme. Nous devons partager notre espace vital, et celui de l'homme envahie le territoire des autres prédateurs. Effectivement la civilisation humaine avec son agriculture et son élevage a considérablement empiété sur le territoire jusque-là occupé par les lions. Hors clairement en Afrique, si on veut sauvegarder une espèce animale, la chose la plus importante est d'enlever la concurrence entre l'animal et l'homme pour empêcher l'envahissement du territoire. Ce qui pose la question des avantages économiques qu'il va falloir trouver pour les populations locales afin de compenser le problème.  

L'écosystème, lui-même, est-il menacé par cette disparition des lions d'Afrique de l'Ouest ?

L'écosystème en lui-même n'est pas forcément menacé. En effet, si les lions venaient à disparaître, d'autres prédateurs coloniseront leurs territoires. Concrètement, il y aura un peu plus de léopards, mais surtout beaucoup plus de hyènes, et enfin, en dernier, des guépards Je synthétise en répondant cela des études qui ont été faites et qui ont clairement défini cette succession. Le problèmes c'est que ces animaux peuvent faire potentiellement plus de dégâts sur les troupeaux de bétails des habitants des alentours, de même que les hyènes risquent d'abîmer beaucoup plus les cultures. Les hyènes, un peu comme les singes au Nigeria ou les ours blancs, sont une espèce qui va facilement au contact des zones habitées par les humains, ce qui cause évidemment des dégâts. C'est une différence importante avec le lion qui lui, plus craintif, reste à l'écart.

Quelles solutions proposez-vous pour lutter contre, sinon limiter, cette menace d'extinction du lion dans cette région ?

La solution peut-être ce créer des micro-territoires isolés, ce qui devient de plus en plus difficile à cause de l'expansion de l'activité humaine ce qui réduit le territoire des lions. Ainsi en Afrique de l'Ouest, sur la zone de présence du lion, il ne resterait plus que cinq zones réellement isolées de la présence de l'homme. Et contrairement à l'Afrique du Sud où des zones réservées sont protégées par des clôtures, ce système n'existe pas en Afrique de l'Ouest.

Autre problème : lorsque se forme une micro-population sur un petit territoire restreint, vous n'avez plus l'apport génétique extérieur. Le territoire étant isolé, il n'y a plus de brassage, et ce sont les mêmes lions qui sont les géniteurs. La solution que nous essayons de mettre en place avec CRESAM, c'est l'insémination artificielle que nous réalisons avec la semence de mâles extérieurs sur les femelles d'un territoire donné. Lorsqu'il y a des naissances, les lions mâles du territoire croient que les petits sont les leurs et les protègent. Nous utilisons cette solution car on ne peut pas déplacer les mâles ou femelles d'un territoire car le lion est un animal qui obéit à des logiques de territoire, de domination, cela n'a rien à voir avec les animaux herbivores.

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