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Quelles sont les raisons pour lesquelles l'intégration fonctionne mal aujourd'hui ?
Quelles sont les raisons pour lesquelles l'intégration fonctionne mal aujourd'hui ?
©Reuters

Crise d'identité

Pourquoi l'intégration à la française est-elle en panne ?

Un rapport commandé par Matignon au conseiller d'Etat Thierry Tuot dresse un bilan accablant de la politique d'intégration en France menée depuis 30 ans. Comment en est-on arrivé là ?

Tarik Yildiz Yildiz et Guylain Chevrier

Tarik Yildiz Yildiz et Guylain Chevrier


Tarik Yildiz est chercheur au sein du Centre de recherches sociologiques et politiques de Paris (CRESPPA) sur des sujets relatifs à l’islam et à l’intégration sociale. Il est également essayiste et auteur de "Le racisme anti-blanc" (Editions du Puits de Roulle).

 

Guylain Chevrier est docteur en histoire, enseignant , formateur et consultant.
Il est membre du groupe de réflexion sur la laïcité auprès du Haut conseil à l’intégration.

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A lire sur ce sujet : Intégration : non, un peuple ne doit pas accommoder ses principes et valeurs au bénéfice des populations immigrées

Atlantico : Dans un état des lieux commandé par Matignon, le conseiller d'Etat Thierry Tuot dénonce les politiques d’intégration menées par l’Etat depuis 30 ans. Quelles sont les raisons pour lesquelles l’intégration fonctionne mal aujourd’hui ?

Tarik Yildiz : L'intégration passe avant tout par la réussite scolaire et économique. On ne peut pas isoler la question de l'intégration de ces questions essentielles qui touchent l'ensemble de la société et pas seulement les étrangers et leurs enfants. Depuis 30 ans, la France est dans un état de crise permanente. L'ensemble de la population est touchée et en particulier les populations les plus fragiles, ce qui est souvent le cas des étrangers. L'échec économique et l'échec scolaire sont les questions essentielles qu'il faut résoudre.

Quels sont les tabous qui pèsent sur le débat ?

Tarik Yildiz : Le climat est très passionnel et les populations concernées assez fragiles. Certains s'interdisent de parler de l'islam par peur de blesser les sensibilités. La question ne l'islam ne doit pas être un tabou, mais elle ne doit pas non plus occulter certaines réalités encore plus dérangeantes. On parle, par exemple, de moins de moins des délinquants multirécidivistes qui continuent à gangrener les quartiers. Ce problème majeur n'est pas traité de manière stable depuis des années. 

On parle beaucoup de problème d’intégration, mais que doit-on vraiment mettre derrière ce terme ? Est-ce que cela a toujours un sens de parler d’intégration au bout de la deuxième et de la troisième génération ?

Tarik Yildiz : Il faut effectivement bien définir les termes du débat. On peut parler d'intégration pour tout le monde et pas seulement pour les étrangers. Ce qu'on appelle l'intégration sociale, c'est tout simplement le fait de s'intégrer à la société. Cela concerne l'ensemble des populations. Si on parle d'intégration au sujet des enfants d'immigrés du Maghreb et d'Afrique noire, c'est parce qu'on n'ose pas aborder les questions sociales de manière directe.

Guylain Chevrier : Après la suspension des flux de main-d’œuvre étrangère salariée en 1974, l’immigration a été dominée par le regroupement familial et donc l’installation durable de populations venues d’ailleurs et principalement du Maghreb, de pays qui ont eu avec la France un lien historique avec la colonisation. On est ainsi passé dans ce prolongement de l’assimilation à l’intégration, c’est-à-dire à une politique en la matière qui ne requérait plus l’abandon pour le migrant de toutes les caractéristiques du pays d’origine. On a appliqué finalement le principe qui veut que, la socialisation se fasse aussi pour eux sur les fondements à la fois d’une similitude et d’une différenciation, qui a à voir ici plus qu’ailleurs avec la question de l’identité. C’est sur les ressemblances qu’une politique d’intégration peut jouer son rôle pour favoriser l’accès aux mêmes libertés, droits et responsabilités, tout en ne niant pas les différences pour peu que tous acceptent l’ordre de ces deux termes du pacte républicain.

On passe trop souvent sous silence un point essentiel qui mine l’intégration. Le fait qu’elle n’a pas simplement à voir avec la dimension sociale de l’accès aux études, à l’emploi ou au logement, mais aussi avec l’adoption de valeurs et de normes collectives, un dénominateur commun qui n’efface pas les différences mais permette de se penser ensemble relativement à l’intérêt de tous, à l’intérêt général. La devise de la République, Liberté-Egalité-Fraternité est-elle, et jusqu’à quel point, un bien commun ou non? C’est cela qui est le baromètre de la qualité du vivre ensemble mais aussi de la bonne tenue de notre démocratie. Ce n’est donc pas une question simplement de temps ou de génération, mais de contenu et de sens, de savoir comment on fait peuple, nation, ou pas.

La proposition du rapport Tuot de l'octroi de la nationalité à ceux qui auront suivi une scolarité complète, du primaire à seize ans et plus, qu'elles qu'aient été les conditions de leur séjour, les ascendants de Français quant à eux, séjournant en France depuis longtemps (vingt-cinq ans, par exemple) devant pour ce seul motif pouvoir devenir français, pose les mêmes questions. La nationalité est le lien juridique qui relie un national à l’Etat auquel il appartient, et pour celui qui vient d’un autre pays où il en a acquis la nationalité, le choix d’en adopter une autre doit rester un choix, car il ne saurait il y avoir d’automatisme, la nationalité n’étant ni une récompense ni un droit à reconnaissance. C’est un sujet à la fois trop sérieux et sensible pour l’autoriser, et donc pas sans le consentement éclairé de celui qui est sensé le souhaiter, relativement à l’adoption de certains principes et valeurs.

A travers cette façon de voir la facilitation à l’accès à la nationalité, il y a une certaine dévalorisation de celle-ci qui va avec une dépréciation de la nation, du politique lui-même, comme cadres essentiels producteurs de droit, de la citoyenneté politique qui demeure un enjeu capital au regard de ce que représente la fragilité de notre liberté. Tout cela semble oublié ou minoré à la faveur d’une démarche qui réduit la question à celle d’un dû sous une logique humanitaire alors qu’il en va du contrat entre le citoyen, celui qui fait les lois auxquelles il obéit, avec notre Constitution et l’Etat qui en est la substance, relativement  à des choix qui conditionnent la forme de société dans laquelle nous voulons vivre. Ici aussi, ce qu’il faut savoir relativement à la question de l’intégration lorsqu’elle doit conduire à l’accès à la nationalité, c’est sur quel dénominateur commun faire société entre ceux qui sont les nationaux d’un Etat et ceux qui sont pressentis pour le devenir, venus d’ailleurs à un moment donné comme étrangers.

Le rapport recommande la création d'un « titre de tolérance » pour régulariser par étapes une grande partie des sans-papiers, au regard d’une situation déplorable dans laquelle le plus souvent ils se trouveraient, au regard de l’instabilité de leur situation administrative. La question de la maitrise des flux migratoire ne saurait être posée à travers le seul sentiment  que pourrait inspirer cette situation. On ne peut légiférer en entérinant ce qui est de fait contraire à la loi pour l’adapter à ce qui la transgresse. Il faut qu’il y ait des règles y compris en rendant justice à ceux qui viennent de façon régulière dans notre pays et doivent voir tous les moyens être mise en œuvre pour leur permettre autant qu’à ceux du cru d’y trouver leur place, pour peu qu’ils en respectent les valeurs et les règles. Il faut ici faire très attention, et arrêter de piéger le débat sur l’immigration et sa place dans notre société à coup d’indignation. On ne peut gouverner sous la dictature de l’émotion qui peut tout justifier et son contraire : là l’idée de la fin des frontières pour parer aux situations des illégaux en effaçant jusqu’à l’idée de nation  qui s’y opposerait, à une extrême-droite qui se nourrit de l’émotion créée par ce type d’abandon venant s’ajouter à ceux successifs de notre République, pour tirer la laïcité à elle en la dévoyant.

Le rapport Tuot place d’abord le débat sur l’intégration sur le terrain social. A l’inverse, un récent rapport du Haut conseil à l'intégration – "Une culture ouverte dans une République indivisible", enterré par le Premier ministre – faisait état d'un séparatisme culturel et géographique croissant dans la société française. Au-delà de la question sociale, existe-t-il aussi des problèmes culturels ? A refuser de voir certaines réalités ne se condamnent-on pas à l'échec ?

Tarik Yildiz : Il y a dans certaines banlieues une concentration de populations étrangères ou immigrées de plusieurs générations. On ne peut pas nier qu'il y a une question culturelle avec notamment un phénomène de radicalisation religieuse.  Mais "la question culturelle" est intimement liée à la question sociale. Lorsque je parle de politique sociale, je pense bien sûr à l’éducation, mais aussi à la sécurité qui reste une préoccupation essentielle. Il faut traiter les sujets sans tabou, mais en fixant des priorités. Le sujet de l'intégration par l'économie et la réussite scolaire est plus important que le débat sur le voile.

Guylain Chevrier : Effectivement, s’il existe un recul de l’intégration, il ne tient pas qu’à la crise de l’ascenseur social qui est étroitement lié à la crise économique que traversent les sociétés développées. Il tient du rejet de l’intégration de certaines franges de population issues de l’immigration derrière une revendication au multiculturalisme portée d’ailleurs par différentes associations et personnalités. Elle devrait découler naturellement d’une France inscrite aujourd’hui selon ceux-là, dans une diversité à laquelle on devrait faire acte de reconnaissance. Le droit à la différence aboutissant à la différence des droits est devenu ici une revendication assumée  mettant en avant la discrimination positive comme réponse opposé au principe d’égalité qui serait mutilant pour les cultures qu’elle nivellerait. Il n’y a évidemment rien de plus faux, mais cette volonté de faire oublier encore là l’essentialité historique du principe d’égalité,  inscrit à l’article premier de notre Constitution, garantissant à chaque individu l’inaliénabilité de ses droits et libertés, vise la remise en cause de notre République laïque que d’aucun veulent remplacer par un modèle multiculturel de séparations communautaires qui est tout son contraire. La République laïque qui porte au-dessus des différences le bien commun, c’est-à-dire le politique domaine de la raison, favorise ainsi le mélange qu’elle que soient les différences qui sur le plan privé distinguent les individus, leur lien à une origine, une culture, une religion… C’est cette vocation au mélange qui a fait le succès du creuset français et l’intégration bien avant que le concept n’en vienne même à émerger, dans les prolongements du droit du sol qui date en France de1889. 

Précisément, c’est sans doute chez une partie des musulmans pratiquants qui se veut de plus en plus voyante, que ce rejet de l’intégration, c’est-à-dire d’épouser les valeurs collectives de notre société, est le plus éloquent. Il faut ici sortir d’un politiquement correct qui est ressenti par trop de citoyens comme insupportable sans compter les procès en sorcellerie que cela peut générer de la part de certains qui crient au fascisme dès qu’on relie immigration, intégration et laïcité. S’il n’est pas question de réduire la question de la laïcité au seul lien entre « immigration et intégration », on ne saurait nier qu’il y a là un problème et de taille. Le voile est le marqueur aujourd’hui, pour une part non négligeable de musulmans qui va croissante, d’une place supérieure donnée à la religion dans leur rapport à notre société, palpable à travers le refus qu’ils expriment du mélange au-delà de la communauté de croyance. Une volonté qui n’est pas la simple manifestation d’un fait individuel mais qui recouvre une véritable logique communautaire, qui pèse sur les choix communs, joue sur le clientélisme politique, avec des revendications communautaires exponentielles qui tendent à un retour du religieux pour encadrer la société. Sans compter avec une lecture littérale du coran de plus en plus revendiquée qui clairement rejette l’égalité entre hommes et femmes (Sourate IV verset 36 et suites)  qui est d’ailleurs ici un des enjeux majeurs de l’intégration des générations futures. Un risque de recul historique au regard de l’émancipation qu’à constitué en France la conquête de leurs droits pour les femmes, favorisant un mouvement d’émancipation pour toute la société. Mais aussi, n’est-ce pas là laisser un poids communautaire peser en faveur de l’assignation de ceux qui, musulmans, se trouvent pris en otage de cette logique qui hypothèque leur liberté et leur désir d’intégration ?

Une logique communautaire se met progressivement en place qui se traduit par un recul de l’intégration, mais qu’on ne veut pas voir en général, derrière l’accusation de vouloir ethniciser le débat sur cette question. La situation devient périlleuse à cet égard et il devient urgent pour nos gouvernants, pour toute la classe politique, de trouver les voies nouvelles susceptibles d’y répondre. Sinon, sans vouloir faire dans le catastrophisme, c’est le risque d’engager à terme le pronostic vital de notre République.

Le rapport du HCI révélait également que depuis deux décennies, la politique qui est adoptée en matière d'intégration se rapproche de plus en plus du modèle anglo-saxon. C’est ce que vous entendez souligner à travers votre propos ?

La République multiculturelle réclamée par un Lilian Thuram en est le témoignage, qui s’inspire de façon problématique des sociétés qui ne pensent qu’en couleurs, ethnies et religions, en séparation et en discrimination positive, avant de voir des égaux, des citoyens ou encore plus simplement des hommes. Ce qui constitue de mon point de vue une régression de la solidarité dans l’organisation sociale et par voie de conséquence un grave recul au regard des progrès accomplis dans l’histoire contemporaine en termes de libertés pour les individus et de protection sociale. On doit rejeter sans ambiguïté cette impasse qui conduit en ces temps de crise à jouer de la division  des uns envers les autres sous le procès des différences en jouant avec le feu !

Thierry Tuot dénonce notamment le manque de moyen donné aux milieux associatifs. Mais, renforcer le pouvoir et les moyens des associations, n’est-ce pas envoyer le signe d’un désengagement de l’Etat ? Le risque n’est-il pas de faire le lit des communautarismes ?  

Tarik Yildiz : Effectivement, s'en remettre aux associations est une fausse bonne idée. L'Etat doit prendre ses responsabilités et mettre en œuvre des politiques qui s'imposent à l'ensemble des populations. On ne peut pas confier ces politiques à des associations qui ne sont sous le contrôle de personne et qui n'ont pas de légitimité particulière. L'Etat ne doit pas avoir peur d'imposer son modèle et ses valeurs qui ont fait leurs preuves.

Guylain Chevrier : Les associations ne peuvent être seules laissées à prendre en charge ce rôle qui est de la responsabilité d’abord de l’Etat, même si il est vrai que la régression du financement des milieux associatifs est un frein à l’intégration. Le rapport Tuot parle de l’échec de trente ans de politique d’intégration, pour argumenter en faveur du rôle des associations. France Terre d’Asile, association historique qui accompagne les migrants depuis plus de 40 ans dit elle-même qu’il faut sortir d’une instrumentalisation de ce nouveau « récit national » qui serait celui de l’échec de l’intégration. Rappelons tout d’abord que la France est la première terre d’accueil au monde relativement à sa population et de façon générale selon les années, première ou seconde dans ce domaine derrière les Etats-Unis. Encore, que les naturalisations n’ont cessé de progresser  depuis trente ans passant de 20.000 à plus de 110.000 par an aujourd’hui.

S’il existe des difficultés d’intégration qui reflètent l’état économique et social de la France, tout ne va pas si mal. Selon une enquête longitudinale sur l’intégration des primo-migrants (ELIPA) de décembre 2010 (département des statistiques, des études et de la documentation, du Ministère de l’intérieur) si la situation des étrangers qui arrivent en France est beaucoup plus difficile que celle des Français sans surprise (le taux de chômage des immigrés est 1,5 fois supérieur à celui des natifs Français), le taux de chômage baisse de presque moitié au bout de 5 ans et ils sont aussi deux fois plus nombreux à habiter en logement social qui représente une étape essentielle dans le parcours de l’intégration résidentielle. Les performances des enfants d’immigrés se rapprochent de celle des Français comme le confirme une étude récente de l’Observatoire des inégalités, les enfants d’immigrés d’origine maghrébine réussissant aussi bien que les petits Français d’origine. Contrairement aux idées reçues, l’indicateur « d’acceptation par la société française » que révèle l’enquête montre que la société française est de plus en plus tolérante vis-à-vis des étrangers et des immigrés. Pour autant, la religion musulmane est l’objet d’un rejet de plus en plus important, comme le révèle un Sondage Ipsos Public Affairs pour le journal Le Monde qu’il a publié le 25 janvier dernier, sur le thème des « crispations » dites « alarmantes de la société française »,  74% des sondés estimant que l’islam n’est pas compatible avec les valeurs républicaines. Une façon de souligner qu’il ne faut pas confondre crise des rapports entre l’islam et la société française et place de l’immigration, mais bien que la question de l’intégration ne saurait laisser de côté les difficultés qu’une partie de l’islam pratiquant pose à la France, avec en toile de fond, le communautarisme qui confusément est rejeté à travers l’image négative de cette religion. 

Le rapport du HCI révélait également que depuis deux décennies, la politique adoptée en matière d'intégration se rapproche de plus en plus du modèle anglo-saxon. A-t-on abandonné sans le dire le modèle républicain ? Peut-on encore y revenir ou doit-on inventer un nouveau modèle ?

Tarik Yildiz : Il est vrai qu'il y a de plus en plus de tentations communautaristes, y compris sous Nicolas Sarkozy, qui avait soutenu en 2003 la création du Conseil français du culte musulman. Je pense que chaque pays à son histoire. Il y a des choses qui fonctionnent en Angleterre et qui ne sont pas transposables en France. Le modèle français demande aux individus de confiner à la sphère privée ce qui relève de leur communauté et offre en partage des valeurs communes pour ce qui est de la sphère publique. Cela a fonctionné longtemps et cela fonctionne encore pour un certain nombre de personnes. Beaucoup d'enfants d'immigrés musulmans ont adopté ce style de vie. Il ne faut pas noircir le tableau et savoir accepter notre modèle. 

Guylain Chevrier : Bien sûr, le modèle républicain ne sort pas indemne de tout cela mais il résiste et est encore loin de s’être soumis à une nouvelle donne qui l’effacerait du paysage. Il n’y a sans doute pas mieux que le modèle républicain pour assurer à la société française un vivre ensemble comme nulle part ailleurs, mais son idéal est menacé par trop de confusions. Des hésitations dramatiques de Lionel Jospin concernant le port du voile à l’école, lorsque son caractère laïque a commencé à être mis en cause en 1998 à Creil, à un Nicolas Sarkozy instrumentalisant la religion comme seul fondement moral de la civilisation, la République se fait trop illisible à travers ceux qui la représentent alors que, pourtant, son idéal humaniste reste sur le fond intact. Cette République indivisible, laïque, démocratique et sociale est sans doute la plus belle promesse pour tous devant l’histoire avec les droits de l’homme, conservant l’espoir d’une humanité meilleure, à condition encore de ne pas se voiler la face. Il en va non seulement de l’intégration mais de ce vers quoi elle tend, notre cohésion sociale.

Propos recueillis par Alexandre Devecchio

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