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Pourquoi l’économie française est à l’arrêt
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Edito

Pourquoi l’économie française est à l’arrêt

L’incohérence de la politique gouvernementale découragerait les plus optimistes. Les va-et-vient incessants, les revirements permanents, témoignent d’une impuissance totale dont l’interminable débat sur la loi Travail a donné la mesure. Un an après sa mise en œuvre, le bilan de la loi Macron est dérisoire

Michel Garibal

Michel Garibal

Michel Garibal , journaliste, a fait une grande partie de sa carrière à la radio, sur France Inter, et dans la presse écrite, aux Échos et au Figaro Magazine.

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Les Jeux olympiques vont monopoliser pendant quelques semaines l’attention des Français et les détourner des problèmes de l’heure, qui resurgiront à la rentrée avec plus d’acuité. Car le pays est en train de décrocher par rapport à la moyenne de nos partenaires à l’exception de la Grande-Bretagne où le Brexit risque de provoquer une récession, qui vient de conduire la banque d’Angleterre à prendre d’énergiques mesures de relance. En France, un coup de semonce a été lancé par les dernières statistiques conjoncturelles : elles contredisent l’optimisme officiel de François Hollande sur l’amélioration de  la situation ; elles font en effet état d’un coup d’arrêt à la croissance : au deuxième trimestre, le produit intérieur brut a fait du surplace, c’est dire que l’espoir du gouvernement de parvenir à une progression de 1,7% cette année va rejoindre aux oubliettes les promesses annoncées.

Il est vrai que le début d’année a pâti d’un amoncellement de difficultés : le mauvais temps  a pesé sur les récoltes agricoles, les grèves à répétition ont désorganisé la production, le climat anxiogène provoqué par les attentats a découragé à la fois la consommation des ménages et l’investissement des entreprises, tout en affectant fortement le tourisme. Conséquences : les moteurs de l’économie se sont affaiblis progressivement. Même  dans la  construction  la reprise annoncée s’essouffle, tandis que le  manque de dynamisme de l’activité apparait dans les importations qui reculent plus vite que les exportations. Et le chômage  a repris sa marche  en  avant pour le deuxième mois consécutif, malgré une présentation des statistiques qui n’est pas exempte de critiques. Sur ce dernier point, la France se trouve au vingtième rang en Europe sur les vingt-huit qui la composent, Grande Bretagne comprise. On sait pourtant  ce qu’il  faudrait faire : il suffit de regarder nos voisins, mais on se contente de rédiger des rapports, toujours semblables. Les spécialistes de l’emploi déplorent qu’il n’y ait pas du côté de l’opinion une véritable demande en  faveur de mesures solides  d’assainissement de ce marché et que l’on se contente de poursuivre une politique d’assistance sans développer de façon active la formation, comme si nos compatriotes se réfugiaient dans une sorte de résignation collective et de découragement.

Au demeurant, l’incohérence de la politique gouvernementale découragerait les plus optimistes. Les va-et-vient incessants, les revirements permanents, témoignent d’une impuissance totale dont l’interminable débat sur la loi Travail a donné la mesure. Un an après sa mise en œuvre, le bilan de la loi Macron est dérisoire : en dehors de la multiplication des autocars, les ouvertures de magasins le dimanche n’ont guère progressé. Et le fameux choc de simplification qui devait contribuer à déverrouiller l’économie a été étouffé par l’administration qui a multiplié les exceptions et créé une situation encore plus complexe et ubuesque qu’auparavant. De son côté, la fiscalité du capital continue d’entraver la vie des affaires. La France bat aujourd'hui un record, celui de l’exportation de ses millionnaires : vingt pour cent ont quitté le territoire national depuis le début des années deux mille. Et pendant ce temps, les feuilles d’impôt s’alourdissent, les collectivités locales ajoutant leur dîme face au désengagement de l’Etat, alors que les dépenses publiques battent de record en record. Pas étonnant devant ce tableau que les jeunes Français se montrent moins optimistes que ceux des autres pays face à un avenir qui paraît singulièrement bouché et qui a sa traduction immédiate dans les sondages : la cote de popularité du chef de l’Etat et du premier ministre reste bloquée à son niveau le plus bas, même si c'est aujourd'hui  l’insuffisance de la protection contre les attentats qui a pris la place de la lutte contre le chômage dans la préoccupation immédiate de nos compatriotes.

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