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Marine Le Pen fume beaucoup et a suivi un important régime, perdant 10 kilos en quatre ans.
Marine Le Pen fume beaucoup et a suivi un important régime, perdant 10 kilos en quatre ans.
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Indiscret

Qui est vraiment Marine Le Pen ?

Nous ne connaissons nos leaders que par leurs prises de position. Jean-Louis Beaucarnot nous fait partager des détails insolites de nos ténors politiques. Origines, cousinages, parcours, personnalités, indiscrétions... Extraits de son ouvrage : "Tout-Politique".

Jean-Louis Beaucarnot

Jean-Louis Beaucarnot

Jean-Louis Beaucarnot est l’auteur de best-sellers. Comment vivaient nos ancêtres, Entrons chez nos ancêtres … Généalogiste de grande réputation, il travaille pour de nombreux médias et tient en particulier une chronique hebdomadaire dans le Journal Du Dimanche.

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Si les ancêtres des Le Pen pratiquaient ce que les sociologues nomment l’endogamie, en se mariant entre familles du golfe du Morbihan, leurs descendants les imitent aujourd’hui au sein d’un tout autre périmètre, en choisissant leurs conjoints au Front national, où mariages et divorces vont bon train…

Nom de famille : LE PEN Marion Anne Perrine (dite Marine) dérivé de Marie ou issu du latin marina, « mer » ; prénom surtout à la mode vers 1990

Née le 5 août 1968, à Neuilly-sur-Seine (Hauts-de-Seine) le même jour que Maupassant, Emmanuel Chain et Jean-Marc Morandini

Lion ascendant Balance

Fille de Jean-Marie, éditeur, homme politique, et de Pierrette Lalanne

Adresse : habite un loft aménagé dans une dépendance de la villa familiale de Montretout, à Saint-Cloud (Hauts-de-Seine)

Taille : 1,74 m

 Patronyme breton fréquent, aux souches multiples, dont les quelque 400 foyers qui le portent ne sauraient être tous cousins. Il ne signifie pas « la pointe, le chef », comme on le lit parfois. Ses formes anciennes (Le Paen, Le Péen) le montrent ayant plus sûrement eu le sens de « paien».

Origines et histoire familiale

Natif du golfe du Morbihan, Jean-Marie Le Pen, le père, est à 100 % breton et surtout morbihannais, pour être issu de familles modestes et généralement très nombreuses. Familles du monde agricole, dont les descendants avaient souvent gagné les côtes, pour prendre la mer sur des bateaux de pêche. Avec des ancêtres successivement laboureurs, à Bubry, Lignol et Persquen, la lignée Le Pen a une histoire très noire, qui commence avec Pierre Marie Le Pen, piétiné à mort par un cheval en 1885, à l’âge de cinquante-quatre ans. Un père de quatorze enfants, qui devront se débrouiller pour subsister.

L’un des plus jeunes, Pierre, qui n’a alors que onze ans, n’ira pas à l’école et n’apprendra le français que lorsqu’il fera son service militaire, comme c’est alors le cas pour beaucoup de jeunes Bretons pauvres. Il sera immédiatement placé comme valet dans une ferme puis gagnera, un jour, la côte et deviendra marin pêcheur à La Trinité, où il épousera une domestique, « un petit bout de femme inflexible et dure à la tâche ». Elle se nomme Marie Hubert et cousine de loin, par les Royant, de Mellionnec, avec les ancêtres de Jean-Louis Borloo.

Tout le jour, pendant que son homme pêche sur La Jeune Marianne, Marie va pousser sa brouette, chargée de poisson à vendre disposés sur un lit de varech, son dernier marmot juché par-dessus. À force de trimer, elle amassera un beau magot, qu’elle convertira en emprunts d’État du Maroc, dont elle garde les titres roulés sous son oreiller. Mais voilà qu’un jour, le mari remplacera les billets par des coupures d’Ouest-Éclair et s’en ira les boire au café – peut-être pour oublier les rudesses de la vie… et de sa femme. La sanction sera immédiate et sans appel : chassé manu militari de chez lui, après vingt ans de mariage, le bonhomme ira vivre dans une maison mitoyenne et le couple ne s’adressera plus jamais la parole, pas même à la mort de leur fils.

Marin pêcheur comme son père, ce fils, déjà prénommé Jean-Marie, embarquera dès l’âge de treize ans et épousera la fille de petits paysans de Locmariaquer. Une couturière, très confi te en religion, infirme depuis sa jeunesse, pour avoir eu une jambe écrasée sous la roue d’un char, mais ambitieuse et au caractère également très trempé. Elle poussera beaucoup son mari, d’abord à devenir patron puis conseiller municipal, responsable du syndicat des marins-pêcheurs et président de l’Union des combattants. Mais celui-ci mourra à quarante et un ans, en 1942, pêchant la sole de nuit sur son bateau

La Persévérance, pour avoir remonté une mine dans ses filets et après avoir lutté cinq heures dans les flots, après l’explosion…

Un épisode tragique de plus dans cette histoire familiale, qui vaudra au fils unique du marin, lui aussi prénommé Jean-Marie et surnommé « Jeanjean», qui est celui que l’on connaît, d’être adopté par la nation. On imagine la suite : la misère, le gamin allant à son tour pêcher très jeune pour payer ses études chez les jésuites, et très marqué par la mémoire de son père, dont il conserve religieusement la photographie, prise devant le drapeau de l’association des Anciens Combattants.

Jeanjean voulait devenir officier de marine marchande. Il montera à Paris, où il se lancera dans l’édition et où il épousera Pierrette Lalanne, qui lui donnera trois filles, dont Marion, dite Marine, la petite dernière, toujours prête à pardonner ses absences à ce père qui la fascine. En 1985, le divorce de leurs parents, suivi, deux ans plus tard, du scandale provoqué par Pierrette posant nue dans Playboy, seront un terrible choc pour les trois filles, à commencer par Marine, qui n’auront plus que leur père pour seul référent.

Mais Pierrette Lalanne aura, en quelque sorte, rééquilibré l’arbre généalogique en apportant à sa fi lle des ancêtres moins austères et non bretons. Des gens du Sud, travaillant notamment dans le vin, avec les Lalanne, en Médoc, les Remazeilles, en Armagnac, les Sirgue, en Rouergue, cette dernière famille ayant pas mal bourlingué, avec un aïeul conducteur de travaux qui avait épousé en 1907, au Caire, une jeune fi lle native d’Alexandrie. Une ancêtre originale, en ce qu’elle était la fi lle d’une Micalleff, famille à 100 % maltaise dont les membres avaient essaimé au XIXe siècle vers le Levant, la Tunisie et l’Algérie, où ils s’étaient mariés avec des Italiens, des juifs et des Arabes…

Famille proche

Mariée successivement à Franck Chauffroy, chef d’entreprise, et, après divorce (1999), à Éric Lorio, ancien secrétaire national du FN, conseiller général FN du Pas-de-Calais. Elle a trois enfants de son premier lit (Jehanne, Louis et Mathilde). Elle a aujourd’hui pour compagnon Louis Aliot (né en 1969, professeur de droit à Toulouse, avocat, conseiller régional du Languedoc-Roussillon et vice-président du FN).

Deux sœurs : Marie-Caroline (1960, journaliste, attachée parlementaire, conseillère régionale et membre du bureau politique du FN, mariée successivement à deux élus FN, Jean-Pierre Gendron et Philippe Olivier) ; Yann (1963, divorcée de Samuel Maréchal, fondateur en 1998 de Générations Le Pen, directrice des manifestations du FN et mère de Marion Maréchal-Le Pen, candidate FN aux élections régionales dans les Yvelines, en 2009).

Parcours         

Enfance à Paris, dans l’appartement familial de la villa Poirier (XVe), ravagé par un attentat en novembre 1976, puis à Saint-Cloud. École publique puis lycée. Suit son père en campagne électorale dès l’âge de quinze ans. Adhère au FN en 1986. DEA de droit pénal à Paris II-Assas. Avocate au barreau de Paris jusqu’à son entrée au service juridique du Front national (1988). Candidate aux législatives à Paris (1993) puis dans le Pas-de-Calais (2002, 2007). Conseillère régionale du Nord-Pas-de-Calais (1998-2004 et depuis 2010). Conseillère régionale d’Ile-de-France (2004-2010). Conseillère municipale d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais, 2008-2011). Députée européenne depuis 2004. Présidente du Front national depuis janvier 2011.

Indiscrétions et anecdotes

Celle qui aurait aimé être photographe admire le travail de Doisneau, Depardon, Cartier-Bresson. Enfant, elle tapissait d’ailleurs sa chambre de photos découpées dans les magazines. Elle passe ses vacances dans la maison familiale de La Trinité ou sur la Costa Blanca espagnole. Elle adore les films des Bronzés et se dit incollable sur la « Star Ac ». Longtemps surnommée au sein du FN la « night-clubbeuse », Marine Le Pen fume beaucoup et a suivi un important régime, perdant 10 kilos en quatre ans.

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Extraits de Le Tout Politique, Archipel (novembre 2011)

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