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L'activité reprend au marché au gras de Samatan dans le Gers.
L'activité reprend au marché au gras de Samatan dans le Gers.
©C.M.C. - Wikiagri

Agriculture

Plusieurs mois après la grippe aviaire, la filière foie gras revit à l’approche des fêtes

Les éleveurs de canards gras ont connu deux années pénibles avec deux épisodes de grippe aviaire qui ont décimé leurs élevages (soit par la maladie, soit par des abattages préventifs). Les fêtes de cette fin d’année 2017 arrivent à point nommé pour leur redonner espoir dans leurs activités.

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WikiAgri est un pôle multimédia agricole composé d’un magazine trimestriel et d’un site internet avec sa newsletter d’information. Il a pour philosophie de partager, avec les agriculteurs, les informations et les réflexions sur l’agriculture. Les articles partagés sur Atlantico sont accessibles au grand public, d'autres informations plus spécialisées figurent sur wikiagri.fr

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Source : deux reportages dans le Gers de Christophe Morineau-Cooks parus sur WikiAgri sur le marché au gras et chez un éleveur de canards.

Les consommateurs amateurs de foies gras du Sud-ouest ne sont pas passés loin d’une pénurie en cette fin d’année 2017. Deux grippes aviaires successives ont dévasté les élevages, en 2015, puis fin 2016/début 2017. Avec derrière des drames humains chez les éleveurs, aux pertes considérables, et pour lesquels la solidarité nationale, si elle a existé, est arrivée bien tard : certaines aides promises par le précédent gouvernement pour les aider à passer cette phase difficile n’ont toujours pas été versées à ce jour.

En février dernier, les marchés au gras du Gers sonnaient désespérément creux : presque plus d’exposants, presque plus de clients, très peu de ventes... On sortait alors à peine du dernier épisode à ce jour de grippe aviaire. Les craintes l’emportaient sur les envies, et surtout les producteurs ne pouvaient plus répondre aux (pourtant maigres) demandes, ayant dû arrêter net leurs activités.

Aujourd’hui, les élevages (plus exactement une bonne partie d’entre eux, certains ne reprendront pas) tournent à nouveau. Les amateurs vont à nouveau trouver des foies gras frais du Sud-ouest. Pour les éleveurs toutefois, les conditions ont changé : on est devenu méfiants sur tout ce qui pourrait être à l’origine d’une infection, et par conséquent les méthodes de travail ont évolué. Beaucoup vont désormais dans la direction de l’autarcie, en gavant les canards qu’ils élèvent eux-mêmes, ce qui évite les allées et venues entre « naisseurs » et « gaveurs ». De même, en disposant de quelques dizaines d’hectares de céréales, leur nourriture est « maison ». Là aussi pour éviter quelque propagation que ce soit à travers des échanges.

Mais le résultat est là : les marchés au gras cités plus haut se portent mieux, eux aussi. A ce jour pourtant, seulement près de 60 % de la production d’avant la grippe aviaire de 2015 ont repris, selon Lionel Candelon, porte-parole du collectif des Canards en Colère, créé pour que tous ceux qui vivent de la filière « canard gras » puissent poursuivre leurs activités. 60 % seulement, mais reprise tout de même, et c’est cela l’important.

Et ce n’était pas évident, compte-tenu des dégâts de la grippe aviaire, chiffrés par un organisme qui s’appelle le Cifog, (comité interprofessionnel des palmipèdes à foie gras). Ainsi, le Sud-ouest (région Nouvelle Aquitaine et ancienne région Midi-Pyrénées) représente 70 % des volumes de canards gras et oies grasses en France. 130 000 personnes (éleveurs, mais aussi transformateurs, commerçants...) dépendent professionnellement de cette filière. Or, 4,5 millions de canards gras (ou oies grasses) ont été abattus lors de la dernière grippe aviaire, avec derrière des vides sanitaires stricts (interdiction d’avoir un élevage) de plusieurs mois imposés sur 1134 communes réparties sur 18 départements du Sud-ouest. Les pertes sont estimées à 250 millions d’euros par le Cifog, et le marché français a donc accusé une chute de l’offre de 44 %.

Oui, mais voilà, aujourd’hui, timidement, toujours dans la crainte d’un nouvel épisode de grippe aviaire (puisque les dernières contaminations sont venues d’oiseaux migrateurs, elles peuvent se reproduire à tout moment), les producteurs, et tous ceux qui travaillent avec eux, relèvent la tête.

Compte-tenu de ces circonstances exceptionnelles, les consommateurs que nous sommes paierons peut-être un peu plus cher nos foies gras pour les fêtes, mais nous en aurons, produits traditionnellement dans le Sud-ouest. Ouf !

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