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Philippe de Villiers : "Au soir du premier tour, comme pour les régionales, la partitocratie va réunir la droite et la gauche dans la même coalition pour le second tour"
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On connaît la chanson

Philippe de Villiers : "Au soir du premier tour, comme pour les régionales, la partitocratie va réunir la droite et la gauche dans la même coalition pour le second tour"

A l'occasion de la sortie de son dernier livre, "Les cloches sonneront-elles toujours demain", le fondateur du Mouvement pour la France revient avec Atlantico sur l'état du débat en France de la question de l'islam et de son intégration dans la République.

Philippe De Villiers

Philippe De Villiers

Créateur du Puy-du-fou, homme politique, auteur de nombreux livres, Philippe de Villiers se passionne aussi pour l’histoire de France. Il est l'auteur de nombreux ouvrages. Son dernier : Le moment est venu de dire ce que j'ai vu paru le 30 septembre 2015 aux éditions Albin Michel.

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Atlantico : Votre dernier livre, Le moment est venu de dire ce que j'ai vu paru en septembre 2015 constituait un témoignage sur la manière dont la classe politique abordait la question de l'islam, que vous présentiez déjà comme un courant conquérant. Dans Les cloches sonneront-elles encore demain ? paru cette semaine, vous abordez les mêmes sujets. Quelle est la logique de cette série, et quel constat faîtes-vous avec ce nouveau volet ?

Philippe de Villiers : Mon précédent livre était un témoignage sur mon expérience, mes rencontres, c'était un livre de leçons sur le passé. Celui-là est un livre sur l'avenir. Ce qui a entraîné ma plume est le constat suivant : la France a connu, dans son histoire, bien des malheurs -les grandes invasions barbares, la guerre de cent ans, l'occupation allemande-, mais elle s'est toujours relevée. Elle garde de toutes les épreuves traversée une mémoire douloureuse mais victorieuse. Pour la première fois de son Histoire, elle doit affronter la crainte de disparaître. C'est ce constat qui m'a amené à écrire ce livre. C'est un cri d'alarme, je sonne le tocsin ; et c'est un chant d'amour, un hymne à la France. Si on ne trouve pas une figure métaphorique qui nous serve de fédérateur, de roman national, la France risque de disparaître.

Selon une étude de l'institut Montaigne, 28% des musulmans estiment que la charia est plus importante que la République. Ne peut-on pas s'appuyer sur les 72% de musulmans qui pensent le contraire pour intégrer l'islam en France ?

Non, hélas, les 72 % ne pensent pas le contraire. J'ai lu attentivement le document de l'institut Montaigne. Il est terrifiant car il faut ajouter aux 28% de musulmans "en rupture avec la société française", et qui, effectivement, placent la loi islamique au-dessus des lois de la République, 25% de musulmans qui préconisent "l’islamic pride". Plus grave encore, dans ce document, on apprend que la majorité des jeunes musulmans consultés est en sécession avec la France. Encore plus alarmant, 80% des musulmans se disent attachés au Halal qui est le principal marqueur identitaire de l'islam, le refus de la sécularisation. Ce document, d’apparence bénigne, qui repose sur un sondage de l'Ifop, doit nous mettre en alerte.

En réalité, notre classe politique a commis deux erreurs majeures de vision. La première a conduit nos dirigeants successifs à démanteler les frontières nationales, erreur constatée déjà par Pierre Joxe auprès de François Mitterrand, lorsqu'il déclarait que "c'est une folie de mettre notre frontière au Pirée", une plainte prémonitoire du ministre de l'époque. Et on a bien vu après les attaques du Bataclan que les terroristes ont profité de l'absence des frontières nationales pour faire des allers et retours entre les différentes nations et se glisser parmi les migrants jusqu'au stade de France. Deuxième erreur : ils ont sciemment installé au cœur de notre nation une autre nation, la super-nation islamique. Ils ont organisé sur la terre de France, le face à face de deux peuples : un peuple neuf qui s’installe avec ses fiertés, avec l'intention de vivre suivant les règles de sa religion, ses mœurs, son mode de vie, qui entend honorer des idéaux et des héros qui ne sont pas les nôtres ; et en face de lui, un peuple exténué, hagard, qui ne sait plus où il habite.

Qu'est-ce doc qu'une civilisation ? C'est une manière d'habiter le monde. Quand on met face à face, une société et une contre-société, une mémoire et une contre-mémoire, une histoire et une contre-Histoire, on crée les conditions d'une guerre civile. C'est la raison pour laquelle j'ai ajouté à mon cri d'alarme qui demande l'arrêt de la construction de nouvelles mosquées, une autre demande, celle d'imposer la France en France. Mais à ce cri d'alarme j'ai ajouté un chant d'amour, car sans ciment fédérateur, il sera impossible d'agréger ceux qui veulent devenir français, qu'il s'agisse des Français de souche qui ne savent plus rien de leur Histoire, ou des Français de désir qui ne connaissent pas les bienfaits virtuels de nos trésors culturels. Aujourd'hui, l'École fabrique des indignés alors qu'elle devrait fabriquer des héritiers.

Selon vous, les stratèges de l'islam, pour "envahir la France", comptent profiter de trois phénomènes : "une communauté musulmane grandissante, un affaiblissement des États par l'intégration européenne, et l'extrême sensibilité des dirigeants européens au chantage à l'islamophobie". Vous décrivez aussi une apathie, un aveuglement des médias et du personnel politique sur cette question. Pourtant, depuis les attentats de 2015, la France ne s'est sans doute jamais autant posé la question de la place de l'islam en France et de son intégration. Ne trouvez-vous pas que le débat s'est justement débloqué ?

Il s’est débloqué dans le peuple, pas chez les élites qui continuent à communier aux deux espèces de « l’Accueil de l’Autre » et du « Vivre Ensemble ». Notre classe politique, qui n'a jamais lu le Coran, ne comprend toujours pas la situation d'extrême gravité dans laquelle se trouve notre pays. Elle ne comprend pas que l’islam n’est pas adaptable, réformable, que c’est un système global, politico-religieux. Je révèle dans mon livre comment et pourquoi les élites françaises, depuis 40 ans, ont livré le pays à l'islam. Ils ont suivi le plan secret des Nations-Unies, et un autre plan, de moins en moins secret, élaboré par l'Union européenne. Ce plan se nomme lui-même "La migration de remplacement". Le plan européen, lui, s'appelle "l'Eurislam". Depuis 40 ans, la France et l'Europe acceptent et sollicitent une migration de remplacement, c’est-à-dire un changement de peuplement au nom de la « mondialisation heureuse ». Or il se trouve que le plan des élites qui réclame une migration chaque jour plus nombreuse, rencontre en même temps les objectifs du plan secret des Frères musulmans dont j'ai pu me procurer les documents explicatifs, et qui se nomme le « Tamkine ». Ce plan du wahhabisme vise à l’« islamisation tranquille » de l’Europe, jusqu’au Califat. Il est à l’œuvre.

J'ai été très marqué par la phrase de Youssouf al Qaradawi qui nous a averti de manière solennelle : "avec vos lois démocratiques, nous vous coloniserons. Avec nos lois coraniques, nous vous soumettrons". En d'autres termes, nous sommes devant un phénomène de conquête, une colonisation déjà visible à l’œil nu : plusieurs parcelles du territoire national et leurs habitants ont déjà fait sécession. D'ailleurs, j'ai été stupéfait de découvrir dans le livre d'entretien de François Hollande qu'il est désormais conscient du « danger de partition ». C'est dire que la situation est grave. Or notre classe politique est achetée. Elle est l'alliée des semenciers du djihad. Et nous sommes devenus des fabricants de terreau terroriste qui cherchent le bon désherbant.

Notre allégeance aux monarchies du Golfe, à l’Arabie saoudite et au Qatar a fait de nous les esclaves de nos clients. Ils nous tiennent chez eux, car nous appliquons leur politique étrangère, et ils nous tiennent chez nous, car l'Arabie saoudite contrôle, soutient, finance et installe chez nous les salafistes. Le Qatar, de son côté, contrôle et installe chez nous les Frères musulmans. Nous sommes impuissants chez eux, nous faisons ce qu'ils nous demandent de faire. C'est par exemple le satellite français Eutelsat qui assure la diffusion de six chaînes islamistes au Moyen-Orient malgré la supplication des Chrétiens d'Orient. Et nous sommes nous-même dans une situation de dhimmitude dans les quartiers sensibles, contrôlés par l'Arabie saoudite et le Qatar, car toutes les nouvelles mosquées sont financées par eux, les imams dépendent à 80% de pays étrangers, et la halalisation de la France est surveillée par les monarchies du Golfe.

L'islam de France, dont parlait Nicolas Sarkozy, s'est réalisé non pas par une autonomisation de l'islam en France mais par une soumission de l'islam aux Frères musulmans et plus récemment, aux salafistes. C'est une faillite totale.

On a pu voir quand même certaines réactions très concrètes depuis les attentats, comme avec la Fondation pour l'islam de France, et une volonté pour réglementer le financement de la construction des mosquées, ou encore la formation des imams. Est-ce que ce sont de bonnes solutions ?

Je connais bien Jean-Pierre Chevènement et j'ai de l'estime pour lui. Mais je pense qu'il se trompe. Pourtant, déjà, à l’époque où il était ministre de l’Intérieur, il a tenté d'obtenir du CFCM un accord pour inscrire dans une charte la « liberté de changer de religion ». Hélas cet accord a échoué car la communauté musulmane n'a pas accepté cette concession sur « l’apostasie », condamnée à mort par la Sunna. Cela illustre de manière éloquente le fait que la « Fondation pour l'islam de France » est un moyen détourné, au nom d'un contrôle illusoire, de développer l'islam en France, pour acheter la paix : nos élites croient que, pour soigner et guérir l’islamisme, il faut encore plus d’islam. Elles ne conçoivent pas qu’entre l’islam et l’islamisme, il y a une différence de degré et non pas de nature. Un islamiste est un musulman pressé.

Pour reprendre l'expression de Jean-Pierre Chevènement, le "tripode" islamique va donner à l'islam les moyens d'accélérer la construction des mosquées. Les pouvoirs publics sont en train de concocter une redevance sur les ventes de produits Hallal et les abattements rituels, ce qui donnera des moyens considérables pour la construction des mosquées. Ainsi donc, une parafiscalité est mise en œuvre au service d'une religion, par une dérogation incroyable au principe de la laïcité.

Il existe une taxe similaire qui permet de financer le culte israélite…

Certes, mais la question pour les juifs ne se pose pas. Le judéo-christianisme est imprégné du même héritage gréco-latin, le judaïsme est le prolongement d'une culture cousine germaine de la culture chrétienne. D’ailleurs le Verset du Sabre s’applique aux « Associateurs », c’est-à-dire aux juifs et aux chrétiens.

Pour l'islam, les prescriptions coraniques et l'obligation d'imiter Mahomet impliquent trois impératifs incompatibles avec notre civilisation : le premier, c'est le djihad. Celui-ci peut être guerrier, démographique (l'enfantement, c'est le djihad des femmes) ou civilisationnel. Partout, on nous teste, pour voir si nous reculons : on nous teste dans la rue, avec la burka, non verbalisée, dans les hôpitaux, les abattoirs, sur nos plages avec les burkinis, avec l'implantation de mosquées salafistes... Tout cela a pour objectif de gagner des pouces de terrain. Le Conseil d’État est l’allié de ce djihad juridique et les Droits de l’homme en sont le cheval de Troie, avec le principe de non-discrimination. Quand nous reculons, ils avancent, mais si nous étions fermes, ils reculeraient, par application du verset de la Taqiya.

La deuxième incompatibilité est « l'oumma », la communauté des croyants, considérée par l’islam mondial comme supérieure à toute autre communauté. Un jour, le roi du Maroc Hassan II m'a expliqué pourquoi jamais les Marocains n'accepteront d'être de vrais Français : selon lui, ils sont avant tout musulmans, appartiennent à l'oumma qui est une sorte de super-nation, une nation islamique. Pas d’autre fraternité que l'oumma ne vaut dans le cœur d'un musulman qui suit les prescriptions coraniques.

Enfin, le plus grave : la charia, c’est-à-dire le refus de toute distinction entre le temporel et le spirituel, entre le normatif et le religieux. La charia, cela veut dire qu'il y a entre l'islam et notre civilisation, trois inégalités fondamentales : le non-musulman est pour le mieux un dhimmi, seul le musulman a des droits civiques, le dhimmi est un citoyen de statut inférieur. Il y a aussi une inégalité entre l'homme et la femme, laquelle ne vaut que la moitié d'un homme. Deux versets qui le rappellent sont terribles, le verset 2-223 commande : « Vos épouses sont pour vous un champ de labour. Allez à votre champ comme vous le voulez ». Et le verset 4-34 commande : "Si elles désobéissent, frappez-les", ce qui est contraire à nos valeurs. Enfin, l'esclavage, qui y est recommandé. Dans le verset 71 de la sourate 16 est écrit : "Allah a favorisé les uns d'entre-vous par rapport aux autres dans la répartition de ses dons. Ceux qui ont été favorisés ne doivent pas donner leur portion à ceux qu'ils possèdent de plein droit (les esclaves) au point qu'ils y deviennent associés à part égale". La charia est la loi divine, elle suppose que la loi est déjà faite, qu'elle a été dictée aux hommes une fois pour toutes par la voix du prophète Mahomet. Alors qu'au sein de la République, la représentation nationale édicte la loi, dans l'islam, la République ne peut faire que l'appliquer.

Est-ce que cela impliquerait que les musulmans abandonnent leur religion ?

Il convient de distinguer l’islam et les hommes. Entre le Coran et la France, il faut choisir. Le Coran est incompatible avec la civilisation française, mais il y a beaucoup de musulmans qui peuvent rejeter ce qui, dans le Coran, apparaît en rupture avec la civilisation française, comme la place de la femme ou l'indistinction entre temporel et spirituel. Je souligne au passage que ceux qui proposent aux musulmans la société de l'hédonisme, du nihilisme, du matérialisme et du consumérisme sans oublier le laïcisme aigu, c’est-à-dire la société sous vide, n'ont aucune chance de les faire venir à eux. Au contraire, une société qui cultive l'enracinement, les valeurs du sacré, de la famille, une société qui fait prévaloir les mœurs sur les lois, est une société qui peut intégrer et assimiler plus facilement les musulmans car  - et j’en ai une expérience personnelle - ces choses-là leur parlent. En d'autres termes, le choix est simple : ou nous entretenons une laïcité qui s'accorde avec nos traditions - qui autorisent les crèches dans les lieux publics par exemple - et la civilisation française pourra survivre et assimiler, avec des musulmans qui nous regarderont avec estime, ou bien nous choisissons la laïcité du vide au nom d'une neutralité hors sol, et le vide sera rempli par les islamistes parce que la nature a horreur du vide.

Qu'est-ce que vous répondez à ceux qui pensent que vous jetez de l'huile sur le feu ?

Je pense que c'est exactement l'inverse. Ce sont ceux-là mêmes qui contournent la difficulté par lâcheté, qui favorisent les ferments d'une guerre civile. C'est en disant les choses, en nommant l'adversaire, en formulant un diagnostic avec le courage de la vérité, que l'on peut éviter le pire. Ceux qui profèrent des insinuations douteuses sur les lanceurs d’alerte sont ceux-là même qui ont installé l'islam en France, qui se comportent comme des dhimmis, des compagnons de route de l'islamisation, et qui sont en train d'introduire les germes de la guerre civile.

Mon livre est un livre d'enquête, d'analyse, et de proposition. C'est un livre positif puisqu'il contient le diagnostic selon lequel l'islamisation nous précipite à l'abîme, et la réponse qui tient à l’exaltation si nécessaire de notre patrimoine vital. Car une nation est un lien amoureux, il faut refaire un peuple amoureux. Pour cela, il faut distinguer l'islam et les musulmans. Afficher la fermeté sur l'islam en affirmant que la France est en France et qu'en France, il n'y a pas de burka, pas de djellaba ni de minaret. Il ne faut pas céder un pouce de terrain sur notre art de vivre. Car, s’il y a des musulmans modérés, il n’y a pas d’islam modéré. La France n’a pas vocation à devenir « la fille aînée de l’islam ». Il faut avoir le courage d’attirer les musulmans vers nous, pour tous ceux qui le veulent, pour ceux qui ont envie de nous ressembler. Il y a des musulmans qui ne connaissent pas la France, et qui, s'ils la connaissaient, succomberaient à la tentation de l'aimer, qui sont au fond d'eux-mêmes des Français de désir. Aujourd'hui, il faut leur dire : rejoignez-nous, c’est un arrachement qui vaut la peine, ne soyez pas seulement des Français de préfecture, faites descendre dans vos cœurs l'amour de la France. Mais cela suppose que l'on recrée un liant, un lien. On ne peut pas proposer seulement les valeurs de la République, qui sont un code de bonne conduite, un code de la route. On n’a jamais vu un automobiliste tomber amoureux d’un stop. Il faut aller au-delà, proposer nos épopées, nos rêves, la prosopopée de nos héros, aller à l’intime de la France. On ne pourra répondre à la demande des musulmans qui veulent devenir français que par l'embrasement de l'imaginaire. Une nation, c’est quand on rêve ensemble, pour parler ensemble. L’ancien roman national est mort. On en a fait un tissu de noirceurs, un roman noir. Il faut donc inventer un nouveau roman national qui ne soit pas un récit de puissance, de grandeur, de gloire, qui n’est plus d’actualité, hélas. Il faut un nouveau roman national qui passe par l’autre façade, celle de l’esthétique, qui passe par le Beau - Dostoïevski disait "c'est le beau qui sauvera la France". Il faut inventer un nouveau roman national qui soit un roman d'amour, pour que chaque petit Français de souche ou de désir puisse partir dans la vie avec un bagage imaginaire qui habille ses rêves.

Après plusieurs décennies où des libertés ont été accordées aux nouveaux arrivants, où le projet d'assimilation a été abandonné, est-il raisonnablement envisageable de vouloir un retour en arrière ? Quel pourrait en être le prix ?

Je pense exactement l'inverse. Que l’« assimilation », c’est le seul avenir possible. Le multiculturalisme n'a jamais porté la paix mais la guerre civile. Comme la nuée porte l’orage. Je vais vous raconter une anecdote. Quand j'étais étudiant à Sciences Po, en 1973, nos professeurs nous faisaient rêver du Liban, multiculturel, « cette terre de miel et d'encens ». Ces professeurs nous disaient qu'une société multiculturelle est multi-pacifique, que la société libanaise était l'avenir de l'Europe, que la juxtaposition des communautés était l'avenir du monde. L'idée en filigrane était qu'en faisant vivre côte à côte des civilisations différentes, on allait les enrichir mutuellement. Or on le voit aujourd'hui, et on le constatera certainement encore plus demain, les nations multiethniques ne survivent que quand elles sont uni-culturelles. Jacques Bainville disait "La France est plus qu'une race, c'est une nation", et la Martinique a été française avant la Corse.

Une société multiculturelle devient très vite une société multi-conflictuelle et multi-déculturée. Quand vous mettez côte à côte des communautés qui se déracinent elles-mêmes, la coexistence des déracinés produit l'amnésie et la barbarie. Or, que constatons-nous en France ? Il y a des centaines de morceaux de France où la France n'existe plus, qui sont aujourd'hui occupés, colonisés par des groupes identitaires qui ne relèvent plus de notre civilisation et qui interdisent à la France d’y pénétrer. Le drame de Viry-Chatillon est à cet égard caractéristique. Des sauvages, sur des morceaux de France et qui s’appellent eux-mêmes des « nettoyeurs de kouffars » - n'acceptent pas que la Police, qui représente la France viennent les contrôler. Ces territoires sont perdus mais pas pour tout le monde, gagnés notamment par l'islamisation et le refus, la haine du pays, des « céfrans », des « Gaulois » et des « faces de craie ». Le multiculturalisme porte deux fruits amers : le premier a le goût de la soumission : le peuple qui arrive chez nous n'en est que plus conquérant, il impose sa loi puisque celle-ci est immédiatement acceptée, et le deuxième a le goût de l’amertume : le peuple autochtone est invité à pratiquer la haine de soi, la honte, la mémoire pénitentielle, c’est une expulsion morale.

Nous sommes en train d'oublier nos racines et d'accepter la sécession L'islamisation de l'Europe est le plus grand danger que nous ayons jamais connu depuis les premières invasions. Pourquoi ? Parce que c'est la première invasion qui se fait en douceur, où l'envahi est fasciné par l'envahisseur, et où il rentre en empathie avec lui. Nous allons chercher les migrants en mer. Nous organisons l’invasion. Souvenons-nous que les Wisigoths et les Burgondes étaient gentils et doux, et souvenons-nous qu'ils ont pris le pouvoir dans la tranquillité. La conquête passe par le nombre.

On a pu le voir jeudi soir au cours du premier débat de la primaire de la droite, les questions économiques occupent une place aussi importante que les questions sur l'identité de la France. Parmi les candidats actuels, y en a-t-il qui vous semblent pouvoir répondre aux enjeux que vous soulignez ?

Je comprends votre question mais, ayant quitté l'arène par la grande porte, je ne compte pas y revenir par un portail du web, fût-il prestigieux. Je m'interdis d'interférer avec la politique politicienne. Non pas par une timidité tardive, mais pour être à la bonne hauteur.

J'ai regardé ce débat : on aurait dit un alignement de têtes de gondoles dans un magasin de compléments nutritifs. Les questions étaient intéressantes, les réponses ne l'étaient pas moins, mais le débat portait sur des questions secondaires, c’est-à-dires non vitales. Il me rappelait les échanges des années 80 et le film Titanic, où les convives tapent la carte sur le pont du navire, où l'on se chamaille sur la qualité des vins pendant que le bateau coule. Les candidats de la droite parlent de la TVA, de l'âge de la retraite pendant que la France meurt.

Si je devais donner un conseil aux candidats, c'est de mettre en avant les deux questions clés qui commandent la survie du pays : celle de la souveraineté, pour récupérer nos pouvoirs perdus, et celle de l'identité pour mettre fin à l'islamisation galopante. Car nous sommes en train de perdre notre identité après avoir perdu notre souveraineté. Le reste est littérature. Oser parler d'économie et de société, dessiner notre avenir, sans parler de nos pouvoirs perdus et de notre identité abîmée, c'est faire croire qu'un cul-de-jatte peut courir le 100 mètres en moins de 10 secondes.

Il semble quand même difficile de dire que les candidats passent à côté du sujet…

A côté du sujet principal, si. Ils ne font que l’effleurer. Par exemple, le concept de « l'identité heureuse » cher à Alain Juppé, qui s'est vanté de ne pas avoir lu le Coran, est un concept dangereux. L'« identité heureuse » consiste à accepter le face à face de deux sociétés, qui nous amènera à la guerre civile, qui prépare ce qu'Emmanuel Kant avait appelé le Frankistan. Je regrette que l'identité française ne soit pas au cœur de tous les débats de la présidentielle parce que c'est la question primordiale. J'ai été effaré de lire les déclarations de François Hollande dans Un Président ne devrait pas dire ça. Les hommes politiques ont deux langages, celui du privé et celui du public. François Hollande, en public, parle encore du voile comme d'une « coquetterie » qu'il faut tolérer, et la Police a cessé de verbaliser les contrevenantes à l'interdit sur le port du voile intégral. François Hollande parle de la migration comme d'« un renouvellement nécessaire » de la société française. Il parle de l'islam comme d'une « religion de paix » qui a toute sa place dans la République. Et voilà qu'en privé, il nous dit que « le voile est un asservissement », qu'il y a un « problème avec l'immigration, avec l'islam », qu'il y a une « partition du territoire français » et il se demande s'il n'est pas trop tard.

J’ai écrit ce livre avec une boule au ventre. Je souhaite, pour la survie de la France, qu'on le lise comme un acte de lucidité et de liberté pour le Bien commun. Je ne cherche rien d’autre. Les documents édifiants qui m'ont servi à l'écrire viennent pour la plupart des services de renseignement qui sont aujourd'hui découragés parce que, du fait de nos liens avec l'Arabie saoudite et le Qatar, les hommes politiques n'osent pas prendre les problèmes d'immigration et d'islam à bras le corps. Je les invite à faire preuve de courage, à se défaire de leurs aliénations et à rendre à la France ce qui lui manque aujourd'hui : son indépendance.

Les sondages sont aujourd'hui favorables à Alain Juppé pour la primaire. S'il l'emportait le 27 novembre prochain, vers qui selon vous le courant de droite qui rejette le concept de « l'identité heureuse » devra-t-il se reporter ?

Je vous dirai simplement ceci : les Français doivent savoir que la campagne présidentielle risque d'être une trahison. Aucun candidat – je dis bien aucun candidat, sur le spectre de l’extrême gauche à l’extrême droite – n’ose dire que « l’islam est incompatible avec la France ». Au soir du premier tour, comme pour les régionales, la partitocratie va réunir la droite et la gauche dans la même coalition pour le second tour. Ceux qui jouent les gros bras, en regardant les électeurs de droite dans les yeux et en leur promettant enfin de ne plus les trahir, cultivent un mensonge prémonitoire puisqu'ils savent que les contacts sont déjà pris avec le camp d'en-face pour réunir les forces de la droite et de la gauche classique au deuxième tour et, ensuite, pour gouverner ensemble, en proposant aux Français une potion mortifère, le « multiculturalisme à la française ». J’ai écrit ce livre parce que je ne veux pas que la voix des cloches, qui fait remonter de la nappe profonde de nos paysages intimes, l’unité allégorique des vivants et des morts de la symphonie française, soit recouverte par la voix du muezzin.

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