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Il n'y a pas que les burgers qui peuvent être mauvais pour votre santé, leurs emballages aussi
©Flickr

Double bacon cheese sans oxydant

Il n'y a pas que les burgers qui peuvent être mauvais pour votre santé, leurs emballages aussi

Une récente étude américaine a mis en évidence le fait que les différents composants présents dans les emballages alimentaires des fast-foods - dont certains sont nocifs pour notre santé - imprègnent la nourriture que nous y mangeons.

Nathalie  Gontard

Nathalie Gontard

Nathalie Gontard est chercheuse à l'Inra Montpellier, spécialiste des agropolymères. 

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Atlantico : D’après une équipe de chercheurs de l’Institut américain de la santé, des substances présentes dans les emballages des fast-foods se retrouvent dans la nourriture que nous consommons. Comment ce transfert se produit-il ?

Nathalie GontardCe transfert est un phénomène physico-chimique tout à fait normal. Lorsqu’une molécule est présente dans une substance et pas dans une autre, la nature cherche un équilibre et va faire migrer cette substance. Ainsi, si des substances sont présentes sur un emballage et que cet emballage est en contact avec un aliment, forcément les substances vont sur l’aliment. La quantité que l’on va retrouver sur l’aliment va dépendre de plusieurs facteurs : la durée de conservation, le type d’aliment, le type d’emballage, la température, etc. Ce phénomène est donc totalement naturel.

Les emballages sont des matériaux très exigeants. Nous ajoutons beaucoup de petites substances pour des raisons différentes. Il faut que les emballages soient transparents, résistants, pas chers… Pour arriver à leurs fins, les industriels ajoutent beaucoup d’additifs qui sont des petites molécules comme des colorants, des plastifiants, des antioxydants etc. Comme ces substances sont petites, lorsque l’emballage entre en contact avec l’aliment, elles se transfèrent vers celui-ci.

Quels sont les différents risques pour la santé des substances présentes dans les emballages de nourriture ?

Un risque est le résultat d’un danger et d’une exposition. Nous devons nous préoccuper de la dangerosité de la substance mais aussi de la quantité présente dans l’aliment que le consommateur va ingérer. C’est avec ces deux informations que nous pouvons évaluer le risque ou non pour notre santé. Très peu de substances sont dangereuses de façon absolue, tout dépend de la quantité que nous ingérons. Quasiment aucune substance ne peut être catégorisée comme dangereuse ou pas : tout dépend du niveau d’exposition du consommateur. Comme le dicton l’affirme : “c'est la dose qui fait le poison". Même l’eau ingérée en trop grande quantité aura des effets nocifs sur notre santé. C’est pour palier à ce type de dangers qu’il existe de nombreuses réglementations et l’Autorité européenne de sécurité des aliments travaille beaucoup sur cette question notamment.

Selon-vous, ce transfert de substances est-il possible dans le cas d’autres produits que ceux des fast-foods ?

Tous les matériaux répondent aux mêmes exigences en terme de sécurité du consommateur, et donc de migration. Certains matériaux sont utilisés pendant des durées très courtes, comme pour les fast-foods, ou pour des durées plus longues comme pour les produits agro-alimentaires. A partir du moment où un aliment est en contact avec un matériau, il y a un risque. C’est pour ça qu’il existe autant de contrôle pour les produits alimentaires.

Dans ce cas précis, il s’agit de la migration de substances fluorées issues du revêtement déposé sur le papier du hamburger pour le rendre résistant à la graisse de ce dernier. Ces substances sont similaires à celles utilisées pour les revêtements antiadhésifs de nos ustensiles ménagers. Elles peuvent, en effet, être dangereuses pour la santé dès que certaines doses sont ingérées dans un laps de temps donné. La chaleur et la graisse du hamburger doivent probablement faciliter le transfert de ces substances qui sont en effet très surveillées par les autorités sanitaires européennes. Il faudrait finalement se poser aussi la question de la dangerosité du hamburger lui même. Consommé avec extrême modération, il reste lui aussi sans danger.

Comment, selon vous , pouvons-nous éviter tous risques liés à ce transfert de substances nocives vers ce que nous consommons ?

Eviter tous les risques paraît impossible : il faudrait cesser d’emballer les aliments. Ce qui est possible, c’est de privilégier les matériaux d’emballages les plus simples possible, utiliser le moins d’additifs possible… Par exemple, le verre fait partie de ces matériaux à moindre risque contrairement au plastique, au papier ou au carton.

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