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Ouverture des JMJ à Cracovie : les jeunes cathos ne sont plus ce qu'ils étaient
©YouTube (Twitter)

Cathosphère

Ouverture des JMJ à Cracovie : les jeunes cathos ne sont plus ce qu'ils étaient

La jeunesse catholique d'aujourd'hui a mis derrière elle les clivages idéologiques de l'après-Vatican II. Une société déchristianisée a mené à une demande de foi plus forte, qui peut basculer dans une dimension identitaire.

Alors que se lancent les Journées mondiales de la jeunesse de 2016 à Cracovie, une nouvelle génération de catholiques émerge, qu'il faut prendre en compte. Cette génération forge un nouveau catholicisme : un catholicisme qui se distingue du catholicisme des décennies d'après le Concile Vatican II en ce qu'il dépasse les clivages idéologiques de la génération qui précède, et dans le sens d'une plus grande fidélité au Magistère de l'Église, mais qui se distingue aussi du catholicisme "traditionnel" en ce qu'il est issu d'une société déchristianisée. Un catholicisme plus engagé, dont la ferveur missionnaire risque donc de se perdre dans une tentation politique ou identitaire.

Ces JMJ sont symboliques à plusieurs titres. Ce sont les premières "vraies" JMJ du pape François et de la nouvelle direction qu'il tente d'impulser à l'Église - il était à peine élu au moment des JMJ de Rio - et elles ont une forte portée symbolique, se déroulant à Cracovie, le berceau d'un autre pape qui aura tant marqué cette génération, Jean-Paul II.

Des jeunes catholiques vraiment catholiques

Le premier constat de cette génération catholique, si le mouvement de la Manif pour tous ne l'avait pas montré, c'est la ferveur de son catholicisme.

Comme le signale une enquête du magazine La Vie réalisée en collaboration avec l'équipe nationale des JMJ, les jeunes qui vont aux JMJ sont un "public homogène, identifié, marqué". Jean-Pierre Denis, directeur de la rédaction de La Vie, les appelle les "Catho plus plus".

Ce qui frappe d'abord, c'est qu'ils ont dépassé les clivages idéologiques, notamment au sujet des questions de société, qui ont déchiré l'Église après le Concile Vatican II. Ces jeunes sont d'accord avec l'Église, y compris sur des sujets épineux comme la défense de la vie : 52% se sentent "très proches" de l'Église, auxquels il faut ajouter 20% qui se sentent "assez proches".

Mais cette génération "assume tout l'héritage et toutes les résponsabilités, sans trier entre le social et le religieux", comme l'explique Jean-Pierre Denis. En effet, ils sont également proches du pape François sur des questions comme l'accueil des réfugiés ou l'écologie, et militent également au sein d'associations comme Lazare, qui accueille en colocation des SDF et des étudiants, et a été lauréat du concours La France s'engage organisé par le gouvernement. On les retrouve également dans des associations comme Coexister, qui fait dialoguer les jeunes croyants de nombreuses religions, et des jeunes incroyants.

Une effervescence qui est réelle, comme le signale une étude de l'Ifop de 2014, qui signale que si le catholicisme français reste présent dans ses bassins traditionnels comme la Bretagne, la région parisienne connaît néanmoins une réelle croissance, ce qui est confirmée par la proportion de jeunes allant aux JMJ issus de la région parisienne (38%).

La tentation identitaire

Ceci dit, ce nouveau catholicisme reste très marqué sociologiquement. En effet, 71% des jeunes allant aux JMJ appartiennent aux classes moyennes et supérieures. A contrario, seuls 10% sont enfants de père employé ou ouvrier. On ne s'étonnera pas que, malgré leur proximité avec le pape François et ses prises de position pour les migrants ou pour l'écologie, la majorité de jeunes allant aux JMJ se revendiquent de droite ou d'extrême-droite, contre seulement 4% de gauche.

Un catholicisme donc peu représentatif de la société française, et qui peut donc être tenté par une vision identitaire et politisée de la vie, comme on l'a vu également au sein de mouvements comme Sens commun, mouvement partisan de droite issu de la Manif pour tous.

Grandir dans une société déchristianisée, elle-même en quête d'identité, provoque une aspiration à des repères civilisationnels. Comme l'écrit Nathalie Becquart, sœur xavière et directrice du Service nationale pour l'évangélisation des jeunes et pour les vocations à la Conférence des évêques de France, "comme la très grande majorité des jeunes de leur génération, ils sont en quête de sens, d'unité, de cohérence et aspirent à changer le monde, mais ne savent pas forcément comment".

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