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Politique et dépendances
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EDITORIAL

Politique et dépendances

Pendant que les candidats commencent à exposer leurs programmes présidentiels, l’intervention au nom du mandat international de l’ONU en Libye accélère une crise énergétique pourtant largement annoncée … qui met à mal notre pouvoir d’achat d’électeur.

Alain Renaudin

Alain Renaudin

Alain Renaudin dirige le cabinet "NewCorp Conseil" qu'il a créé, sur la base d'une double expérience en tant que dirigeant d’institut de sondage, l’Ifop, et d’agence de communication au sein de DDB Groupe.

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Jamais comme aujourd’hui ne s’est autant révélé à nous notre destin commun, notre humanité au sens de communauté d’hommes et de femmes. Au-delà des identités nationales, il existe de la porosité entre nos vies. Les frontières économiques, écologiques, médiatiques, disparaissent, sauf celles qui délimitent les états nations dont les représentants ont à la fois besoin d’exister et de plus en plus de difficulté à démontrer leur impact sur le cours des choses.

Dès lors, il est plus facile de donner des leçons de démocratie que de délivrer des solutions économiques, plus facile d’ordonner les troupes que d’ordonner la reprise de la croissance, la lutte contre les inégalités, la réduction du chômage ou l’augmentation du pouvoir d’achat.

Les affaires étrangères le sont de moins en moins

Tout est lié : je dépends de ce que tu produis, je manque de ce que tu gaspilles, et je meurs de ce que tu pollues : nos vies sont irrémédiablement mêlées, interdépendantes. Dès lors, les chefs d’État ont une obligation de cumul de mandats. En complément de leurs responsabilités nationales ils ont un mandat planétaire. Si un sommet comme Copenhague a échoué, c’est en partie parce que nos chefs d’États se sont davantage comportés comme des chefs de vente régionaux préoccupés par la sauvegarde de leur marge qu’ils n’ont été investis de ce mandat planétaire.

Un rôle que nous attendons de plus en plus souvent. Au cœur des poussées de fièvres économiques, financières ou sécuritaires, le docteur politique ou onusien est appelé en urgence, écouté avec bienveillance par une opinion publique inquiète (ou inquiétée), qui accepte rapidement ses grossières mais rassurantes pilules, puis, face au mal persistant, finit par douter de l’expert en diagnostic aux prescriptions inefficaces. Mais rien n’y fait, l’Irak, l’Afghanistan, la Libye, à chaque fièvre, nous nous ruons sur la pharmacie onusienne en oubliant les effets secondaires de la précédente prescription, et alors que l’actualité récente a démontré qu’un soulèvement populaire se révèle bien plus efficace qu’une résolution internationale.

L’État n’est plus providence, mais le rêve encore

A vouloir ignorer l’État en temps calme et s’en remettre à lui au premier avis de tempête, nous entretenons ce mirage de l’État providence qui souhaiterait distribuer un revenu citoyen de 850 euros ou que les entreprises donnent des primes « d’au moins » 1000 euros lorsqu’elles distribuent des dividendes. Pour relancer le pouvoir d’achat il est sans doute plus facile d’exiger des autres lorsque simultanément on gèle le salaire des fonctionnaires.

Si l’État n’est plus si providence, l’entreprise, acteur déterminant et responsable de nos réalités sociales et environnementales le sera de plus en plus. Le climat actuel de suspicion voire de défiance vis-à-vis des politiques, mais aussi des entreprises, dans un contexte marqué par une remise en cause du « modèle économique » n’entame pas, paradoxalement, le niveau d’attente et d’exigence en matière de gouvernance, d’éthique et d’écocitoyenneté. Mais au-delà de l’État et de l’Entreprise, l’avenir dépend surtout de nous, de notre capacité à réinventer les solutions, pour passer de l’Etat Providence au Nous Providence.

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