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Une photo prise le 24 août 2015 à Lille montre un livret A et des billets de banque.
Une photo prise le 24 août 2015 à Lille montre un livret A et des billets de banque.
©DENIS CHARLET / AFP

Atlantico Business

Objectif 2022 : La reprise sera tirée par la consommation, mais les Français ne veulent pas toucher à leur épargne Covid

Il existe un trésor de 150 milliards d’euros, mais la moitié des Français ne veut pas toucher à cette épargne accumulée pendant la crise du Covid. Plus grave encore, un tiers veut renforcer l’importance de ce pactole.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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La situation paraît très compliquée à débloquer. Alors que le pays tout entier grogne, rogne (et parfois plus) contre les hausses de prix de l’énergie, essence, diesel, gaz et électricité, alors qu’il réclame à cor et à cri des augmentations de pouvoir dachat, qu’il dénonce la faiblesse de leffort annoncé à la fin de semaine par le gouvernement, alors que la colère qui ressemble à celle des gilets jaunes gronde aux quatre coins de l'hexagone, les mêmes Français veillent sur leur épargne comme sur la prunelle de leurs yeux. 

La réserve d’épargne liquide et disponible na jamais été aussi importante en France quaujourdhui. En raison des restrictions liées aux différents confinements et aux mesures de protection sanitaire, mais aussi aux incertitudes économiques et sanitaires, les Français, qui ont dans leur très grande majorité, bénéficié du maintien de leur salaire ou de leurs revenus ont constitué un trésor de guerre : plus de 150 milliards d’épargne supplémentaire ont été stockés sur les livrets A de la Caisse d’épargne.

Sans compter ce qui a été laissé en compte courant dans les banques (entre 50 et 100 milliards) selon la Banque de France.

Et bien, en dépit de tels moyens, à lheure de « la libération » cest à dire de la sortie de crise Covid, de la remise en route des entreprises et des commerces, et même des moyens de mobilité (train et avion), les Français sont restés prudents et même réservés.

Le Cercle de l’épargne, associé à des institutions financières, lassociation dassurés Amphitea, AGR2R la mondiale a commandé une étude à lIFOP pour mesurer lattitude des Français. Il en ressort que 47 % des Français ne veulent pas prendre dans leur épargne constituée lors de la crise du Covid, une épargne liquide et disponible à tout moment. Il sagit donc bien de l’épargne investie sur les livrets A de la Caisse d’épargne et de largent déposé sur les comptes courants.

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Dans le détail, les Français restent inquiets et méfiants à cause des incertitudes sur la vaccination et le risque dune autre vague. Dans ces conditions, ils renoncent à consentir à des achats de biens de consommation ou d’équipement dont ils peuvent avoir besoin.

Si la moitié des Français restent accrochés à leur épargne, un tiers des Français se déclarent prêts à utiliser une partie de leur cagnotte, soit pour consommer, soit pour investir cette épargne liquide dans des placements à long terme, assurance vie, actions ou immobilier.

Alors, ce clivage dépend bien sûr des épargnants. Entre les premiers et les seconds, il y a des différences de capacité d’épargne. Les premiers, ceux qui restent liquide et disponible sont plus modestes et fragiles quant à lavenir de leur emploi. Les seconds ont plus de moyens.

Mais il reste que lessentiel de l’épargne reste intact et liquide,cest à dire quelle ne sert à rien dautre qu’à rassurer les titulaires de compte. Ça prouve qu’ils ont confiance dans la monnaie et ils ont raison, puisque la solidité de leuro est garantie par lUnion européenne mais ça prouve surtout qu’ils nont pas confiance dans la politique économique et dans la solidité de la situation. Ils thésaurisent en cas de souci futur.

Or, cette situation, son évolution, sa solidité et sa croissance dépendent principalement de la consommation des ménages, donc de leur propension à désépargner. Qu’on le veuille ou non, cette épargne est l’énergie qui peut faire fonctionner le moteur de la consommation dont on a forcément besoin.

Actuellement, la croissance est tirée par linvestissement des entreprises et l’immobilier. Mais la croissance de 2022 aura besoin dune reprise des exportations et surtout de la consommation.

Il est évident qu’on ne peut pas obliger les consommateurs à consommer. En revanche, la responsabilité de la gouvernance est de créer ou dorganiser un climat de confiance. En attendant, la tentation des politiques sera forte de lorgner sur cette épargne et de puiser les ressources qui peuvent manquer.

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