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Une nouvelle génération de biocarburants est en train de s'imposer.
Une nouvelle génération de biocarburants est en train de s'imposer.
©Reuters

Decod'Eco

N'ayez plus de scrupules à investir dans les biocarburants

Accusés d'avoir participé à la flambée des prix alimentaires en 2008, on croyait que les biocarburants finis. Mais grâce à des innovations dans le secteur énergétique, une nouvelle génération de biocarburants est en train de s'imposer.

Florent Detroy

Florent Detroy

"Florent Detroy est journaliste économique, spécialisé notamment sur les questions énergétiques, environnementales et industrielles. Voir son site."
 
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On croyait les biocarburants mis au placard depuis la crise alimentaire de 2008, accusés d’avoir participé à la flambée des prix alimentaires qui avait traumatisé nombre de pays en développement. Pour certaines ONG, en privant les marchés de tonnes de maïs pour l’alimentation, ils avaient contribué à hauteur de 30% de la hausse des prix à l’époque. Nous voyons pourtant les biocarburants revenir actuellement dans les médias. Une activité frénétique agite même le secteur.

En 10 ans, les biocarburants ont considérablement évolué. Le maïs est encore cultivé pour être transformé en carburant, mais il n’est plus la seule matière première. De multiples matières organiques ont été testées ces dernières années, de l’arachide au lignite en passant par le jatropha.

Aujourd’hui, une nouvelle génération de biocarburants est en train de s’imposer. Petit tour d’horizon sur une des industries les plus prometteuses du XXIème siècle.

Même les pétroliers s’y convertissent

Vous vous souvenez sûrement que les majors du pétrole ont investi massivement en 2010 et 2011 dans l’énergie solaire ou éolienne. Ces investissements n’étaient pas uniquement des actes pour se donner bonne conscience. L’investissement de Total dans le constructeur de panneaux solaires Sunpower l’année dernière pesait quand même 1,38 milliard d’euros.

Un mouvement similaire, bien que beaucoup moins médiatisé, s’est produit dans les biocarburants. Le premier à agir a été Petrobras, le Brésilien, du fait de sa longue histoire dans l’éthanol. Shell a suivi, investissant également au Brésil. BP et Total ont pour leur part développé leur propre R&D sur les biocarburants. Même ExxonMobil, garant de l’orthodoxie du monde pétrolier, a investi 600 millions de dollars dans Synthetic Genomics en 2009. Les biocarburants sont alors sortis de leur niche et sont devenus de vrais marchés où des milliards de dollars sont investis.

Signe de cet essor, la première économie mondiale, les Etats-Unis, a récupéré cette énergie et devient en un temps record la tour de contrôle du marché. En 2010, les Etats-Unis produisaient 48% des biocarburants produits dans le monde.

Le Brésil arrivait derrière, avec 29%. L’Europe, où l'effort se repartissait entre l’Allemagne, la France et l’Espagne, représentait 14% de l’offre mondiale. Les prix étaient subventionnés, ce qui permettait en même temps de soutenir l’agriculture européenne et américaine.

Le péché originel des biocarburants de première génération

Pourtant, si l’objectif des pétroliers était d’investir sur une énergie moins soumise aux critiques que le pétrole, on peut dire que l’opération est ratée. Ceux-ci cherchaient à éviter l’accusation de polluer la planète. Mais avec les biocarburants, ils peuvent désormais être accusés de l’affamer.

Les biocarburants sont très vite accusés de détourner des terres qui devraient être consacrées à la production alimentaire. Selon l’Inra, l’Institut scientifique de recherche agronomique française, la montée en puissance des biocarburants a accentué la pression sur les marchés du maïs, du sucre et des oléagineux. La FAO et l’OCDE ont calculé que la production de biocarburants a utilisé 11% de la production mondiale de céréales secondaires, 21% de la production de sucre et 11% de la production d’huiles végétales sur la période 2008-2010.

De manière globale, l’International Food Policy Research Institute (IFPRI) a calculé que 30% de la hausse des prix depuis 2006 s’expliquerait par le développement des agrocarburants. C’est ce constat qui a conduit à la création de la deuxièmegénération de biocarburants.

Le feu de paille de la deuxième génération

A la différence de la première, la deuxième génération est produite à partir de la cellulose et la lignine contenue dans le bois ou dans les parties non comestibles des végétaux. On va ainsi utiliser la plante entière, les feuilles, les pailles, les tiges ou des plantes spécifiquement dédiées à la production de biocarburants comme le miscanthus (“herbe à éléphant”).

Avec les biocarburants de deuxième génération on retrouve aussi le jatropha, également appelé “l’olive verte”, un arbre d’Amérique centrale résistant à la sécheresse. Cependant, les rendements énergétiques de ces carburants de deuxième génération restent très bas. C’est ce qui explique que la R&D s’est très vite intéressée à la troisième génération de biocarburants, les algues.

 La révolution des algues

La troisième génération, c’est la rencontre des rendements et des plantes non alimentaires. Mobilisant des technologies parmi les plus pointues, le marché n’en est qu’à ses prémisses. Pourtant les sociétés qui développent actuellement la troisième génération pourraient bien s’imposer comme de grandes success story dans les années à venir.

Là encore, ces sociétés sont soutenues par les plus grandes majors du pétrole, comme ExxonMobil, Total ou BP. La France dispose même de sociétés qui se sont impliquées dans le secteur, comme Fermentalg ou Roquette dans les huiles alimentaires. C’est toutefois aux Etats-Unis que nous allons trouver les sociétés les plus avancées dans le développement de ces biocarburants, au coeur de la high-tech américaine.

[Pour profiter de ces avancées qui pourraient révolutionner le secteur de l'énergie, retrouvez les conseils de Florent Detroy au quotidien : il suffit de continuer votre lecture...

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