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La nageur Muriel Hermine.
La nageur Muriel Hermine.
©Capture d'écran

Surhumain

Muriel Hermine en championnat du monde de natation synchronisée : les 50 ans d’aujourd’hui sont-ils les 25 ans d’hier ?

La championne française de natation Muriel Hermine, âgée de 51 ans, va participer aux mondiaux de natation synchronisée cet été à Kazann en Russie.

Christophe Hautier

Christophe Hautier

Christophe Hautier est maître de conférences et responsable du Master 2 "Préparation Physique Mentale et Réathlétisation" à l'Université Claude Bernard - Lyon 1. Il est membre du Centre de recherche et d'innovation sur le sport. 

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Atlantico : La championne française de natation Muriel Hermine a annoncé cette semaine qu'elle participerait aux mondiaux de natation synchronisée dans sa catégorie d'âge, cet été à Kazann en Russie. A 51 ans, comment peut-elle être encore au niveau ?

Christophe Hautier : La science ne peut pas répondre à toutes ces questions mais elle peut amener un éclairage sur le plan biologique et neuro-moteur à propos des performances chez les sujets « âgés ». Tout d’abord, il faut relever que même chez les sédentaires, on n’est pas vieux à 50 ans. L’âge à partir duquel on se sent plus Senior est en moyenne de 65 ans. Pourtant il est vrai que toutes nos capacités physiques tendent à diminuer après avoir un atteint un pic entre 20 et 30 ans. Dans le cas des sportifs de haut niveau, la capacité à performer après 40 ans dépend beaucoup de la spécialité sportive. Plus la performance dépend de qualités physiologiques telles que l’endurance cardiorespiratoire ou la force, plus il sera difficile de maintenir des performances de haut niveau avec l’âge. En revanche, lorsque la performance dépend fortement de capacités techniques, tactiques ou artistiques, alors l’expérience peut compenser le déclin physique. C’est le cas en natation synchronisée qui est une activité exigeante physiquement mais pour laquelle l’artistique et la technique peuvent compenser les effets de l’âge. Donc Muriel Hermine a toutes ses chances si elle est bien préparée. 

La performance baisse-t-elle avec l'âge ou avec l'excès de pratique ? Un athlète de 50 ans qui n'aurait pas mis un terme à sa carrière serait-il moins performant à cause de son âge ou parce qu'il n'aurait jamais arrêté ?

La performance physique baisse inexorablement avec l’âge et encore plus si on ne s’entraine pas. La maxime « use it or lose it » est vraie pour les muscles comme pour le cerveau. Si vous ne sollicitez pas une capacité physique ou mentale pendant un temps long alors celle-ci diminue pour rejoindre des valeurs proches de celles des individus sédentaires. Donc la pratique continue est indispensable si l’on veut maintenir nos capacités. En revanche, l’excès de pratique peut amener à la blessure et au surentrainement, à la perte de plaisir et donc de motivation et en ce sens une interruption de carrière peut se révéler bénéfique. 

Les athlètes de haut niveau de 50 ans d'aujourd'hui sont-ils aussi performants que ceux de 25 ans d'hier ?

Oui avec l’évolution des performances, il est possible que les athlètes de haut niveau de 50 ans d'aujourd'hui soient aussi performants que ceux de 25 ans d'hier mais en pourcentage des meilleures performances mondiales cela doit être la même chose. Ce qui veut dire que la nutrition, l’entrainement, la qualité de vie et la professionnalisation des athlètes de maintenant leur permet d’être, en moyenne,  plus performants qu’avant et de le rester plus longtemps. 

Comment jouent aujourd'hui les avancées technologies ? 

Même si le problème du dopage reste très présent et est fortement lié aux progrès de la science il faut aussi noter que de nombreux progrès non répréhensibles ont été réalisés dans le matériel sportif mais aussi dans les méthodes d’entrainement. Ainsi, de nombreux centres proposent maintenant des chambres hypoxiques qui permettent de simuler les effets de l’altitude sur les globules rouges tout en restant au niveau de la mer pour s’entrainer. Ainsi, la science en physiologie et en biomécanique participe à l’amélioration des performances et cela bénéficient à tous les sportifs jeunes et moins jeunes. En ce qui concerne les sportifs plus âgés, c’est peut-être avant tout les progrès de la médecine du sport qui permettent de prévenir ou de traiter les blessures et donc de continuer à s’entrainer en vieillissant 

Concernant les sportifs âgés qui seraient moins performants, est-ce à cause de la vieillesse ou parce qu'il n'aurait jamais arrêté ?

Il peut y avoir de nombreuses causes à la diminution des performances, le vieillissement biologique, les blessures, les changements dans le règlement. Les sportifs moins performants avec l’âge peuvent effectivement ressentir une baisse de motivation qui influe sur leur assiduité à l’entrainement et aussi sur leur état d’esprit en compétition. Le fait de s’arrêter peut avoir un effet positif sur la motivation, le plaisir de pratiquer mais cela n’a pas d’effet positif sur la physiologie. 

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