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Facebook boucle son introduction en bourse, évaluée à 100 milliards de dollars... rien que ça.
Facebook boucle son introduction en bourse, évaluée à 100 milliards de dollars... rien que ça.
©Reuters

PDG 2.0

La métamorphose de Mark Zuckerberg, de gamin têtu à PDG superstar

L'introduction de Facebook devrait avoir lieu - il n'y a pas eu de confirmation officielle - vendredi. Le réseau social devrait alors être évalué autour de 100 milliards de dollars, et ce essentiellement grâce à son PDG Mark Zuckerberg. Pourtant, au moment du boom de Facebook, personne n'aurait parié sur ce jeune geek pas très sûr de lui. Son itinéraire a prouvé le contraire.

Si vous avez vu 'The Social Network' - le premier, et vraisemblablement pas le dernier film consacré à l'épopée Facebook - l'histoire vous dira probablement quelque chose. Fin 2003-début 2004, un jeune geek étudiant à Harvard travaille à la création d'un réseau social interne à l'université, inspiré de ceux qu'ont déjà développé d'autres prestigieuses universités, comme Stanford.

Convaincu qu'il serait dommage de limiter ce réseau social à Havard, il finit par doubler ses concurrents et lance seul, le 4 février 2004, thefacebook. Huit ans plus tard, le nom du réseau social a été raccourci, mais le nombre de ses utilisateurs n'a cessé d'augmenter, pour flirter avec le milliard de personnes, soit 1/8e de la population mondiale. Facebook boucle également son introduction en bourse, évaluée à 100 milliards de dollars... rien que ça.

Tout ça grâce à son PDG star, Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook. Une success-story sur laquelle personne n'aurait parié. A l’époque du lancement de Facebook, l'immense majorité des fondateurs de start-ups finissaient par être remplacés par des "PDG professionnels", chargés de mener la barque dès qu'elle devenait profitable.

D'ailleurs, fort peu auraient parié sur les qualités de management de ce gamin à peine sorti de l'adolescence, un peu ringard et manquant terriblement d'assurance. Et pourtant, Zuckerberg s'est accroché à son poste. Et surtout, il a appris le métier de PDG.

New York Magazine le rappelle, le fondateur de Facebook ne code plus son site depuis 2005. Son "job" est d'apporter une vision, de faire évoluer Facebook. Un vrai rôle de PDG en somme, que Zuckerberg a appris sur les conseils de ses collègues. New York Magazine rapporte d'ailleurs une anecdote, déjà racontée par David Kirkpatrick dans son livre "The Facebook Effect", intervenue alors que Zuckerberg faisait ses premiers pas de PDG, courtisé par Viacom, TIme Warner ou encore Microsoft qui espéraient tous racheter Facebook.

Zuckerberg n'expliquait alors rien ou peu de choses à ses employés sur la direction que prenait l'entreprise. L'ambiance s'était donc terriblement détériorée, au point que certains employés demandent la nomination d'un "PDG professionnel".  Alors, l'un des cadres de Facebook a pris le PDG entre quatre yeux un matin vers 2h30, seul moment où Zuckerberg était disponible, et lui a dit qu'il devait "prendre des leçons".

C'est précisément ce que Zuckerberg a fait. Une semaine plus tard, il a organisé des dizaines de réunions avec ses employés pour comprendre leurs doléances et s'est entouré de conseillers de marque, ayant eux-mêmes fait des miracles dans leurs entreprises respectives. Parmi eux, Steve Jobs d'Apple, Don Graham du Washington Post, Reid Hoffman de LinkedIn ou encore Jim Breyer d'Accel Partners.

Mais dire que le seul mérite de Zuckerberg était d'être au bon endroit au bon moment est une aberration, affirment ceux qui l'ont fréquenté. "A-t-il été chanceux ?", s'interroge un de ces anciens collègues, "Évidemment. Nous avons tous été incroyablement chanceux. Mais on  créée aussi sa propre chance. Le monde ignore toujours à quel point Mark est un bon PDG". Un bon PDG car il a appris à l'être, mais aussi car il a développé des qualités essentielles qu'il avait déjà.

L'instinct d'abord, note New York Magazine. Mark Zuckerberg a su dès le départ éviter un écueil majeur : faire en sorte que le site reste cool, facile à utiliser et efficace quoi qu'il arrive. Facebook était au départ très simple, n'offrant que peu d'applications. Plutôt que l'ouvrir directement au monde entier, le jeune PDG a procédé par étapes, pour que le site ne soit jamais saturé. Et il refusé la publicité, antithèse par excellence du cool. "Nous ne créons pas des services pour faire de l'argent, mais l’inverse", résume-t-il dans une lettre transmise à ceux qui envisagent d'investir dans Facebook lors de son introduction en bourse.

Il a laissé l'entreprise se développer à son rythme, sans inquiétude sur les profits générés ou non (Zuckerberg est d'ailleurs connu pour son mode pour le moins frugal), en se concentrant sur son cœur d'activité. Signe de ce refus de la dispersion, la légende veut que le mot "focus" soit écrit dans l'un des urinoirs de l'entreprise.

Instinct toujours, Mark Zuckerberg a toujours su bien s'entourer... et se séparer sans fioritures des employés devenus inutiles et des erreurs de recrutement. Quand Sean Parker, fondateur de Napster, n'a plus convenu, il l'a remplacé par Owen van Natta, de chez Amazon. Puis il a débauché Sheryl Sandberg chez Google, en qui il aurait trouvé la parfaite partenaire. C'est le signe, selon New York Magazine, qu'il qu'il n'est pas seulement un mauvais bougre, comme le laisse penser "The Social Network" notamment. "Les gens talentueux n'aiment pas travailler pour des salauds", écrit le journaliste du NY Mag. "Ce n'est pas quelqu'un de mauvais", assure d'ailleurs un de ses anciens employés. "Peut-être que ça n'est pas vraiment un mec bien, mais il n'est surtout pas mauvais". Zuckerberg est juste, conclut-il.

Le PDG de Facebook sait aussi agir quand il le faut. En 2004, il n'a pas hésité à doubler ses associés, les jumeaux Winklevoss, en lançant son propre réseau social, étouffant ainsi toute la concurrence qui s'activait en coulisses. En avril dernier, il a décidé en un weekend de racheter Instagram, la célèbre application photo pour téléphones mobiles, ignorant les critiques des observateurs et le risque de voir l'introduction en bourse de Facebook retardée.

Aujourd'hui, il ne peut que s'en féliciter : Facebook a ainsi mis un pied dans le secteur de la téléphonie mobile et largement devancé son principal concurrent, Twitter. L'instinct, encore et toujours.

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