Max Guazzini : une page se tourne pour le rugby français | Atlantico.fr
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L'équipe du Stade français en liesse après une victoire en 2007
L'équipe du Stade français en liesse après une victoire en 2007
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19 ans et puis s'en va

Max Guazzini : une page se tourne pour le rugby français

Dure semaine pour Max Guazzini, qui a dû se sacrifier pour sauver le Stade Français du dépôt de bilan et de la relégation. Après 19 ans passés à la tête du club, il a cédé le 27 février la direction du club aux nouveaux repreneurs du club. Visionnaire et révolutionnaire en son temps, le fondateur de NRJ s'est laissé dépasser par les enjeux économiques du sport de haut niveau qu'il a contribué à bâtir.

Romain Allaire

Romain Allaire

Romain Allaire est diplômé de la Femis en tant que scénariste et travaille actuellement dans l'audiovisuel.

Il collabore également régulièrement avec les périodiques Attitude Rugby, Le Parisien, Golf Magazine, Golf Européen et Synopsis.

Il est l'auteur, avec Olivier Villepreux, de la biographie non-autorisée Max Guazzini, I will survive ! (Hugo & Cie, mars 2011), et vient de publier le Guide du supporter de la Coupe du monde de rugby 2011 (Hugo & Cie, juin 2011).

 

Voir la bio »

Atlantico : Qui était Max Guazzini pour le Stade Français ?

Romain Allaire : C'est un vrai personnage de roman : avant le rugby, il a été séminariste, chanteur, avocat, attaché de presse de Dalida et fondateur de NRJ ! Quand il reprend le Stade Français en 1992, c'est par amitié et par valeurs, plus que pour l'argent.

A l'époque, le rugby n'en était encore qu'aux prémices de sa professionnalisation. Il a complètement révolutionné le "rugby cassoulet" français grâce à son dynamisme, son charisme et ses réseaux, en le rendant pluriculturel : il a réussi à faire venir les femmes et les enfants au stade et à faire exister le rugby dans les médias.

Il a ensuite été copié et dépassé par de nombreux clubs, comme le Stade Toulousain, Biarritz ou Clermont-Ferrand, et en particulier sur le plan économique.

Comment expliquer son éviction ?

Aujourd'hui, une page se tourne pour le club, et un livre se ferme pour Max Guazzini. De mon point de vue, il ne fait que payer les manquements de ces dernières années, car il n'a pas su vivre avec son époque et structurer son club comme il aurait dû l'être : le centre de formation, qui était pourtant une force pour le club, a été complètement abandonné, le stade est vieillissant et les structures sportives et administratives obsolètes.

C'était lui qui contrôlait tout : même pour les interviews de joueurs, il fallait passer par lui ! De nombreux anciens joueurs que nous avons contactés nous ont dit regretter qu'il n'ait jamais souhaité s'appuyer sur eux, sur le recrutement par exemple.

Les difficultés financières du club sont-elles directement responsables de son éviction ?

Le premier plan de relance, préparé avec le fonds d'investissement canadien Facem, laissait encore les pleins pouvoirs à Max Guazzini et à Bernard Laporte. Avant cela, une proposition de l'ancien joueur Richard Pool-Jones et de ses partenaires avait été refusée par les deux hommes, car elle ne correspondait pas à leurs exigences. Quand le plan canadien s'est avéré factice, les nouveaux repreneurs n'ont accepté de sauver le club qu'à condition de reprendre les pleins pouvoirs.

Ces dernières années, Guazzini avait néanmoins commencé à lâcher du lest, en ouvrant une partie du capital du club pour faire rentrer de l'argent, alors qu'il détenait toujours près de 100%.

A l'époque où nous avons écrit le livre, il n'y avait pour nous qu'une seule personne capable de reprendre ce club atypique avec ses forces et ses faiblesses si Guazzini venait à partir : Bernard Laporte. En effet, contrairement aux autres grands clubs, le Stade Français a un fonctionnement oligarchique, quasi-dictatorial. Les nouveaux repreneurs semblent vouloir casser ce système en restructurant le club pour répondre aux exigences du haut niveau, avec des cellules de communication et de marketing, une régie publicitaire...

Quel est l'avenir de Max Guazzini ?

On lui propose de devenir Président d'honneur : il le mérite largement, mais il n'a pas encore donné sa réponse définitive, car il pourrait refuser ce rôle de "mascotte" qu'on veut lui attribuer. Le nouveau stade en construction, qu'il a porté à bout de bras, pourrait en tout cas porter son nom.

Quoiqu'il en soit, il n'est pas envisageable qu'il rejoigne un autre club de rugby : d'une part, il est trop associé au Stade Français ; et d'autre part, malgré son énorme réseau, il est peu probable que quelqu'un puisse travailler avec lui, car il a trop de mal à partager. Max Guazzini reste un dirigeant à l'ancienne !

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