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Politique : peut-on être 
à la fois crédible et sympa ?
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EDITORIAL

Politique : peut-on être à la fois crédible et sympa ?

Une fuite qui ne serait pas radioactive à Marcoule, une information fiable et sincère sur le nuage de Tchernobyl, des valises de billets qui auraient cessées de transiter entre l’Afrique et la France … la classe politique a aussi un déficit de crédibilité à gérer.

Alain Renaudin

Alain Renaudin

Alain Renaudin dirige le cabinet "NewCorp Conseil" qu'il a créé, sur la base d'une double expérience en tant que dirigeant d’institut de sondage, l’Ifop, et d’agence de communication au sein de DDB Groupe.

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La rumeur, l’information de voisinage (celle des réseaux sociaux, des comptoirs et des machines à café), la conviction du complot, de la manipulation, l’emportent bien souvent sur l’information officielle. Pour la sphère politique comme pour celle des entreprises, qu’il est difficile d’être crédible ! C’est pourtant une condition sine qua none pour être audible. Et comment être audible auprès d’un auditoire qui s’est d’ores et déjà forgé sa propre conviction avant même… de ne pas vous écouter ?

6 mois après Fukushima, quelques jours après le non-lieu sur une éventuelle sous-estimation (et sous-information) des dangers du nuage de Tchernobyl, on s’empresse de rassurer suite à l’explosion d’un Four de retraitement de déchets - faiblement - radioactifs survenue hier sur le site de Marcoule dans le Gard.

Il ne faut bien sûr que souhaiter que cette information est authentique et sincère, ou alors c’est vraiment à désespérer de tout, mais ce qui est frappant et très révélateur de l’état d’esprit ambiant, c’est l’immédiat accueil sceptique qui lui est réservé. Une certaine réserve alimentée par l’urgence et le traitement immédiat de l’information, où un Ministre parle d’absence de fuites « radiologiques » quand un autre confirme qu’il n’y a pas de fuites « radioactives » et qu’il s’agit d’un accident industriel et non nucléaire. Il est certes important, et politiquement responsable, de maîtriser l’émotion et de réagir vite.

Il est utile de qualifier l’événement en terme de risque, il serait surtout intéressant de l’expliquer, et d’accorder autant de place dans quelques jours à l’analyse et à l’explication, qu’aujourd’hui à l’émotion. Il peut être utile également dans ce type de situation de ne pas s’accaparer la parole mais de la partager avec un panel d’experts, de spécialistes non gouvernementaux, indépendants, pour crédibiliser les propos, surtout sur des contenus techniques et scientifiques sur lesquels le politique n’a pas d’expertise reconnue (ni revendiquée d’ailleurs).

Il n’est pas non plus indispensable de chercher à rassurer définitivement tout de suite, en donnant le sentiment du « circulez, il n’y a rien à voir ». Il est tout aussi extrême de s’appuyer sur un tel « accident » pour remettre en cause toute la filière nucléaire, même si c’est un élément supplémentaire pour poser un vrai débat de fond et de société sur le long terme.

L’enjeu, c’est la crédibilité du positif.

Malheureusement les mauvaises nouvelles ont davantage de crédit que les bonnes, sans doute parce que les mauvaises nouvelles sont souvent à effet immédiat quand les bonnes nouvelles sont d’abord perçues comme de bonnes intentions. C’est cette tendance qu’il faut inverser. Nous sommes tous en train de devenir des hypocondriaques de notre corps économiques et social, à la nuance près que nous ne sommes sans doute pas des malades si imaginaires que cela.

Ce qui pèse, c’est cette idée que rien n’a changé à l’intérieur quand tout a changé à l’extérieur. Cette idée que tout pourrait rester comme avant. Ni la force tranquille ni la rupture n’ont véritablement fait leurs preuves. Alors finalement, entre le leadership responsable de Nicolas Sarkozy, l’austérité sérieuse de Martine Aubry, la proximité sympathique de François Hollande, la rébellion populaire de Marine Le Pen ou la gestion créative de Ségolène Royal, qui remportera cette compétition de la crédibilité ?

… un Président sympa ?

La crédibilité, et quoi d’autre ? Parmi ces candidats, il n’y a plus de nouveauté, on fait tourner le même banc. Alors, si aucun ne peut vraiment nous convaincre de sa capacité à réinventer et à sécuriser le modèle social, l’enjeu sera aussi celui d’être sincère … et sympathique. Car si l’élection présidentielle est selon la formule une rencontre entre un homme et un peuple, c’est aussi une envie de vivre ensemble, de vivre avec un Président pour 5 ans. Ce capital sympathie est peut-être une des clés de la présidentielle, c’est peut-être aussi la botte secrète que François Hollande travaille depuis des mois.

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