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Manuel Valls, maverick catalan
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Manuel Valls, maverick catalan

Le maire d’Évry est de nouveau candidat à la primaire socialiste. Est-ce que ça change tout ?

Hugues Serraf

Hugues Serraf

Hugues Serraf est journaliste et écrivain. Son dernier roman : Deuxième mi-temps, Intervalles, 2019

 

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Ok, Valls a mis le temps… Mais il était comme tout le monde : sidéré. Désormais, il ne l’est plus, revient sur le devant de la scène et annonce qu’il réactive sa participation à la primaire PS.

Quel que soit le point de vue que l’on se fait du bonhomme, c’est au moins la promesse d’une course à l’investiture un poil moins convenue. Le maire d’Évry n’a sans doute pas l’envergure internationale d’un Strauss-Kahn, ni même l’expérience d’une Aubry ou d’un Hollande, mais aux âmes bien nées…

De fait, quitte à voir un DSKiste sortir du bois, on imagine que les deux éléphants faisant la course en tête auraient préféré Moscovici. Plus gérable. Plus solférinien. Valls, c’est le saut dans l’inconnu. Le chien dans le jeu de quilles. Une sorte de Ségolène 2007 en pantalons, quoi ! D’autant plus qu’il annonce la couleur : il ne vient pas pour « témoigner », il vient pour « gagner ». Il veut « convoquer le peuple » et « lui dire que tout est possible ».

Hum, ça rappelle furieusement quelqu’un, ce volontarisme et cette ambition... Surtout chez un jeune turc qui s’est construit sur les questions de sécurité ― précisément le thème de sa toute première apparition publique comme candidat officiel aujourd’hui dans les Yvelines

Il serait mal inspiré, pour autant, de se laisser enfermer dans ce costume de « Sarko de gauche ». Prendre, au moins symboliquement, le relais de DSK, c’est déjà suffisamment handicapant du point de vue des orthodoxes pour qu’il ne soit pas nécessaire d’en rajouter !

Mais c’est peut-être que son boulot, désormais, sera de les faire oublier l’un et l’autre pour mieux émerger et surprendre son monde. Une sorte de «maverick »[1] catalan. Après tout, une primaire ouverte, c’est exactement ce à quoi ça sert.



[1] Un «maverick », dans l’Ouest américain, c’est un taureau qui quitte le troupeau et, par extension, un non-conformiste et un iconoclaste dans l’univers politique US. Pour un Catalan, il y pire comparaison…

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