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Mais que devient vraiment le poids que nous perdons lors d’un régime ? Vous ne savez pas ? La plupart des médecins non plus
©FREDERIC J. BROWN / AFP FILES / AFP

Ignorance

Mais que devient vraiment le poids que nous perdons lors d’un régime ? Vous ne savez pas ? La plupart des médecins non plus

Le monde est obsédé par les régimes à la mode et la perte de poids, mais peu d'entre nous savent comment la graisse disparaît réellement de la balance

Jean-Daniel Lalau

Jean-Daniel Lalau

Jean-Daniel Lalau est médecin, professeur de nutrition au CHU d'Amiens, docteur en sciences et en philosophie.

Il est l'auteur des livres En finir avec les régimes (éditions François Bourin) et Hospitalité - Je crie ton nom (éditions Chronique sociale). 

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Atlantico : Le monde est obsédé par les régimes à la mode et la perte de poids, mais peu d'entre nous savent comment la graisse disparaît réellement de la balance. Que devient le poids que nous perdons lors d'un régime ?

Jean-Daniel Lalau : Peu de nous savent effectivement comment la graisse disparaît de la balance. A y réfléchir, c’est pourtant simple : si on perd du poids autrement que par déshydratation, autrement que par une fonte musculaire (dans les régimes trop restrictifs), si on perd du poids « normalement » donc ; c’est nécessairement que l’on perd à partir du tissu adipeux. Ce qui revient à dire que le tissu adipeux fait du déstockage de triglycérides, ces lipides qui assurent les réserves d’énergie.

Je dirai donc plutôt : peu d’entre nous savent comment faire perdre de la graisse, pour que le fléau de balance (au sens premier !) s’infléchisse au bout du compte.

On constate que de nombreux spécialistes ne parvenaient pas à répondre de manière précise à cette question, qu’il s’agisse de médecins, de diététiciens ou entraîneurs personnels. Comment expliquer cela ? Quelles étaient alors les pistes évoquées ?

S’il y a des difficultés, encore, pour expliquer une perte de poids ; nous disposons pourtant d’un moyen relativement simple pour l’objectiver avec la réalisation d’une étude de la composition corporelle, par exemple avec la technique dite d’impédance-métrie : on applique à la surface de la peau un courant, mais un courant alternatif (pas un courant continu !), et on en déduit les compartiments corporels, dont le tissu adipeux.

Ainsi, les poumons sont le principal organe excréteur pour les graisses. Dès lors, qu'est-ce que cela nous apprend sur les différentes manières de perdre du poids ? Respirer profondément suffit-il pour maigrir ?

Les poumons font partie des « émonctoire », c’est-à-dire des organes d’élimination. Mais en réalité les poumons ne sont jamais que des organes d’élimination parmi les organes d’élimination. On peut, en effet, dénombrer ainsi le rein, le foie, la peau, et donc encore les poumons. Les poumons par la force des choses puisque l’on respire pour apporter de l’oxygène à l’organisme, un oxygène qui va oxyder les nutriments (dont les lipides), et une oxydation dont la résultante est… la production de dioxyde de carbone (CO2). Cette production de CO2 est ainsi le reflet de ce nous mangeons mais ce, quelle que soit la source d’énergie (des lipides, mais aussi les glucides et le sprotéines).

Les poumons sont donc là pour éliminer le gaz produit par la transformation des aliments (ce que l’on appelle le métabolisme) ; mais en aucune façon le fait de respirer plus, de gonfler ses poumons, fait perdre plus (de calories) ! Le CO2est tellement diffusible que respirer peu ou beaucoup, en effet, ne change strictement rien à l’affaire.

Par contre, ce qui est recommandé, c’est de respirer beaucoup parce que l’on pratique une activité physique intense. C’est la contraction musculaire qui est alors impliquée pour accroître l’oxydation des nutriments, et au bout du compte l’accroissement des dépenses énergétiques.

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