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Emmanuel Macron et Marlène Schiappa lors d'un déplacement officiel du chef de l'Etat dans une entreprise en mars 2018 à Paris.
Emmanuel Macron et Marlène Schiappa lors d'un déplacement officiel du chef de l'Etat dans une entreprise en mars 2018 à Paris.
©Michel Euler / POOL / AFP

Pitié pour elle !

Mais pourquoi Macron s’acharne-t-il si sauvagement sur Marlène Schiappa ?

On le savait méprisant : on découvre qu’il est également cruel.

Benoît Rayski

Benoît Rayski

Benoît Rayski est historien, écrivain et journaliste. Il vient de publier Le gauchisme, maladie sénile du communisme avec Atlantico Editions et Eyrolles E-books.

Il est également l'auteur de Là où vont les cigognes (Ramsay), L'affiche rouge (Denoël), ou encore de L'homme que vous aimez haïr (Grasset) qui dénonce l' "anti-sarkozysme primaire" ambiant.

Il a travaillé comme journaliste pour France Soir, L'Événement du jeudi, Le Matin de Paris ou Globe.

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Marlène Schiappa a des défauts. Mais pas que. On peut trouver louable qu’elle ait entrepris d’organiser des Etats généraux sur la laïcité. Celle-ci est mise à mal dans nombre de nos cités.  

Il paraissait donc utile qu’on en parle et même qu’on en parle le plus possible. Marlène Schiappa pensait donc bien faire. Et cela d’autant plus qu’elle croyait ainsi soutenir la loi sur le séparatisme portée par Macron. Vous savez, cette loi qui a changé de nom pour que le mot « islamisme » n’y figure pas.

Elle entendait donc faire un peu de zèle. La malheureuse ! Les foudres du prince se sont abattues sur elle. « Ces Etats généraux les Français s’en fichent et moi aussi ! », a-t-il déclaré. Et il a continué dans le même registre avec « si c’est pour revoir le film de Caroline Fourest sur Tariq Ramadan on connaît et on a compris ».

Ce n’est pas très gentil pour Caroline Fourest. Et c’est parfaitement cruel pour Marlène Schiappa. On se demande si la prof (son épouse désormais) qu’il a eue au lycée lui a appris les bonnes manières. Macron sait se montrer goujat et il excelle dans ce genre d’exercices. Un galant homme aurait à sa place appelé Marlène Schiappa : « écoute Marlène ton projet ne me plaît pas trop. Aurais-tu l’obligeance de l’oublier ».

Mais il n’est pas comme ça l’Emmanuel ! Il voulait que ça se sache pour que l’humiliation de Marlène Schiappa s’étale aux yeux de tous. Non mais !

En macronie, soldats et soldates sont tenus à la soumission la plus absolue. Toute initiative personnelle leur est interdite par le prince. Or le crime de Marlène Schiappa est de ne pas avoir soumis son initiative à son maître.

Elle a donc été piétinée. Elle a compris car – sans doute au bord des larmes – elle a fait piteusement amende honorable : « je suis fidèlement la feuille de route tracée par le président ». 

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