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La plaque à l'entrée de l'Ecole Nationale d'Administration (ENA) le 15 janvier 2013.
La plaque à l'entrée de l'Ecole Nationale d'Administration (ENA) le 15 janvier 2013.
©Patrick HERTZOG / AFP

Les entrepreneurs parlent aux Français

Les politiques qui n’ont pas fait l’ENA pourraient-ils changer la France des entrepreneurs ?

La réforme de la haute fonction publique et la transformation de l’Ecole nationale d’administration pourraient-elles faire émerger des candidats avec des approches et des solutions novatrices pour le pays ?

Denis Jacquet

Denis Jacquet

Denis Jacquet est fondateur du Day One Movement. Il a publié Covid: le début de la peur, la fin d'une démocratie aux éditions Eyrolles.  

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L’arrivée dans l’arène de candidats qui ne seraient pas issus du sérail unique qui nous a donné la plupart de nos dirigeants des 30 dernières années, des gens dopés aux neurones comme on bourre des urnes ou gave des oies, qui ont prouvé que la France confondait QI et intelligence, et que la somme des neurones ne s’additionnait pas au bénéfice des français et du destin Européen. Le destin personnel de cette caste élevée au bénéfice égoïste, arrogante et définitivement déconnectée, assise sur une technocratie quasi soviétique, dans sa capacité de nuisance et sa lenteur, atteinte d’arthytre administrative, l’emporte sur le bénéfice collectif et on peut se demander si la suppression de l’ENA et l’arrivée de candidats venus par la « petite » porte, le « tour extérieur », pourrait changer la donne ?

Doute : 1, Certitude : 0. Mais analysons.

Dans un premier temps, le summum et le stéréotype du futur président (on aime pas les femmes en France), obéissait à des règles bien fixées. Pour nous mettre à la botte, il devait en être sortit (tout le monde connaît le petit nom de ceux qui sortent les premiers de l’ENA), être un Schwarzenegger du neurone et surtout, être élancé et chauve. Un système pilaire persistant sur l’avant du front rassurait une population qui pensait que la sueur produite par un travail acharné, était responsable de cette caractéristique capillaire et donc signe d’un homme mûri avant l’âge et à qui l’on pouvait dès lors faire confiance. Jeune, il devait avoir l’air vieux, afin de rassurer la ménagère de 50 ans et surtout le senior de plus de 65 ans, celui dont la protection a permis de justifier de nous mettre en dictature pendant le covid (et encore aujourd’hui), qui pense que le monde était mieux avant, et qu’un jeune au pouvoir serait trop dangereux. Cette mode a failli profiter à Fabius, Juppé, puis Coppé, qui néanmoins, montrait au travers des débats avec celui qu’on présentait comme son futur adversaire aux futures présidentielles (quel talent ces sondeurs !!), que le cheveu, avec Manuel Valls, reprenait du terrain sur la calvitie. Le « cheveux longs, idées courtes » des 70s, au vu du désastre patent imputable aux grands chauves issus de la botte, semblait profiter au poil crânien.

L’alternance de ces hommes comme Présidents ou 1er Ministre, nous a permis de décider des 35 heures, de l’impôt sur la fortune et de production, qui a fait fuir environ 3000  milliards d’euros de France, dont nous aurions bien besoin aujourd’hui, de rendre la balance commerciale extérieure déficitaire à vie, de pourvoir à un chômage irréductible, un accroissement des inégalités sociales tout en clamant à l’égalitarisme, à un déclassement de notre système éducatif qui s’effondre chaque année dans le classement mondial, de bénéficier en guise de récompense de cette médiocrité d’un taux d’imposition le plus élevé au monde afin d’alimenter un déficit budgétaire inflationniste né de cette même médiocrité. Bref, un talent fou à briser l’un des plus beaux jouets au monde, la France ! C’est la caractéristique des enfants trop gâtés d’ailleurs, ils cassent leurs jouets.

Nous pourrions ajouter le fait d’avoir fermé les yeux sur la montée de l’islamisme qui nous vaut une tension montante dans un nombre croissant de régions de France et une destruction de notre modèle culturel tellement intense que Danone se croit obligé de s’excuser de faire son métier de vendeur d’eau pendant le ramadan. Donc clairement, pour les entrepreneurs, l’ascension et le maintien au pouvoir des têtes d’œuf, à peine effleurés par le passage de Sarkozy, contre qui la machine administrative énarchique s’est arqueboutée, mais aussi l’éducation et la justice, n’a pas été un succès pour l’entrepreneuriat.

Alors dans un élan de folie, le peuple français a pris ou cru prendre la classe politique à contrepied en prenant 1/ un jeune et 2/ un homme à cheveux. Macron.

A la décharge de la votante de 65 ans et plus, il faisait propre sur lui et figure de ce gendre que l’on pense idéal, et avait épousé une femme de leur génération. On pouvait forcément lui faire confiance comme trait d’union vivant du lien intergénérationnel ! Oubliant au passage que le « petit » au regard cristallin était encore plus issu du sérail que ses prédécesseurs, biberonné par les fées de la République qui « l’allaitaient » depuis qu’il avait été repéré à l’ENA. Un produit sans état d’âme, dont la trahison de son mentor lui a permis de prendre le pouvoir. En termes de valeur, on a vu plus rassurant, mais tout était bon pour se débarrasser de Hollande.

Pour les entrepreneurs, ce fut un moment de liesse générale. Pensez donc. Il écoute (à l’époque il écoutait beaucoup). Il comprend (mais en vrai). Il aime le numérique, l’entreprise, est entouré de plus de chefs d’entreprises qu’aucun autre avant (pas toujours les meilleurs mais sur le nombre on pouvait rester confiant). Et il voulait réformer, et mis en place un rythme de réformes rapides, assez superficielles pour ne pas provoquer la révolution, mais assez notables pour ancrer le principe de la réforme possible et ainsi reléguer l’immobilisme Chiraquien au musée. Il allait même jusqu’à faire des entorses au principe de précaution. Champagne !

Et puis patatras, la limitation à 80km/h d’un gouvernement qui voulait aller à 200, la stigmatisation des « campagnards », des assassins au volant qu’il fallait terrasser, a mis les « Jaunes » au journal de 20H et aux ronds-points, et surtout le Covid, qui a révélé que le gentil gendre idéal adorait l’exercice solitaire du pouvoir, voire pire, qu’il enchaîna les erreurs et incongruités (la nomination de Castex n’étant pas la moindre), et pire même, rata le confinement, le déconfinement et la vaccination, tout en mettant la France sous une forme de dictature qui ne porte pas son nom, sous état d’urgence reconduit chaque trimestre, frontières fermées. L’économie mis au pas, perfusée pour éviter son écroulement, avec un nombre de faillite en attente qui feront céder le barrage des liquidations retenues, offrant aux PME, TPE, Artisans et commerçants, un taux record de disparitions et de désespoir, dès que les aides disparaîtront.

Alors, chacun se tourne vers l’extérieur, en se disant que si l’on se débarrasse de Macron l’année prochaine, il faudrait le faire pour un « bon petit gars », fréquentable, et les regards se tournent vers les candidats possibles. Ni jeunes, ni vieux, ni chauves, ni trop chevelus, n’ayant pas fait l’ENA ou l’X, les yeux sombres, et qui connaissent la vraie vie. Et ainsi éviter la Marine, synonyme de sabordage pour beaucoup, même si au final elle ne me semblerait pas si dangereuse, si l’on considère que c’est l’administration qui gouverne vraiment la France, que la Justice échappe à la raison pour faire de la politique et que les médecins sont devenus récemment les nouveaux gouvernants. Encadrée par une telle muraille, Marine ou pas, elle aura la même marge de manœuvre limitée que les autres. Mais si on pouvait trouver mieux que son programme économique de gauche, ce serait quand même plus excitant.

Alors qui pourrait rassurer les entrepreneurs ?

Éliminons d’emblée Anne Hidalgo. Pitié. Une inspectrice du travail, dont le métier est de le supprimer, pour remettre la France au travail, ne parait pas un casting idéal. Si elle gère le pays avec le même talent que la circulation et la pollution Parisienne, nous finirons tous à Pôle Emploi asphyxiés au CO2.

Valérie Pécresse. Une femme. Blonde elle aussi. Ni ENA, ni X (mais Y). Diplômée de HEC, une femme bien puisqu’elle était sur le campus 1 année avant moi J. Pourquoi pas. Il faut une femme dans la campagne, et à la tête de la première puissance économique de France, 1/3 du PIB, elle mérite qu’on l’écoute. Il faudrait savoir ce qu’elle pense, sa vision, forcément déformée par l’exclusive connaissance de la région Parisienne, dont elle est même un peu l’archétype, un peu « auteuil-neuilly-passy, tel est mon ghetto, des Inconnus) et pas très « gilet jaune ». Donc assez improbable. Mais restons ouverts.

Mélanchon. Je passe. No comment. Mais tous les Rois ont un bouffon, c’est même une fonction essentielle, donc il faut le maintenir.

Les Écolos ? Si l’objectif est de remplacer le véhicule électrique par le char à bœuf, alimenter nos data-centers avec des éoliennes individuelles alimentées par un pédalier installé sous nos chaises de bureau, considérer que rêver aux étoiles doit être interdit, penser que supprimer la viande à tous les repas est plus important que de revoir l’alimentation et que financer la plus grande mosquée d’Europe est un acte culturel majeur, alors oui, nous devons voter pour eux. On passe ? Mais ne désespérons pas, un jour il y aura une écologie intelligente et ancrée ailleurs qu’à l’extrême-gauche, mais il sera certainement trop tard.

Xavier Bertrand. Effectivement pas si mal. Il a enfin fait ses classes en région, et de belle façon. Les entrepreneurs du nord ne jure que par lui. Il mouille le maillot, a perdu un peu l’utilisation exclusive du « moi, je », vient du privé, de l’assurance, a été un plutôt bon ministre du travail, suffisamment rond pour rassurer et pas trop âgé pour ne pas faire trop contraste avec son adversaire. Cela se regarde. Pas fait l’ENA non plus, donc rassurant. Mais il les connaît bien, et c’est un plus.

La liste s’arrête là pour le moment. La disparition des oies du sérail serait une bonne nouvelle, mais nous manquons encore un peu de choix. Mais restons optimistes, cela s’oriente de belle façon. A cette exception que le futur Président(e), a va hériter d’un État en totale banqueroute et explosion sociale possible, ce qui rendra le fait de le juger, difficile. Wait and see !

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