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Le virus respiratoire syncytial fait son retour
Le virus respiratoire syncytial fait son retour
©Centers for Disease Control and Prevention / United States Department of Health and Human Services

Gestes barrières

Les mesures anti-Covid nous ont permis d’échapper à des tas d’autres virus. Et ils ont fait leur retour

Les gestes barrières ont provoqué un décalage dans le temps de certaines infections.

Christopher Payan

Christopher Payan

Christopher Payan est virologue au CHU de Brest et professeur à la faculté de médecine de l'université de Bretagne Occidentale (Brest).

Il est l'un des auteurs de Mini manuel de microbiologie (Editions Dunod)

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Un certain nombre de maladies dites saisonnières arrivent à certains moments de l’année, notamment en hiver. Qu’a été l’effet de la pandémie et des mesures de lutte contre la pandémie, confinement et gestes barrières, face à ces dernières ? 

Christopher Payan : Les gestes barrières ont eu un impact sur différentes manifestations virales qui se transmettent par voie respiratoire. Il y a eu un décalage complet de certaines infections qui surviennent habituellement l’hiver. Par exemple, le RSV est apparu depuis le mois de mars. Habituellement, il survient en décembre, janvier, février. Là il est apparu de mars à juin. C’était donc avant qu’on arrête progressivement les gestes barrières. Mais le décalage est surement lié à l’impact des gestes barrières et en particulier du confinement d’octobre et novembre. Il faut noter concernant le RSV qu’il apparait principalement chez les enfants de 2 ou 3 ans, ces derniers étaient moins soumis aux gestes barrières, ce qui peut expliquer pourquoi ce genre d’infection a fini par ressortir. Les gastroentérites sont elles aussi apparues plutôt au printemps qu’au début de l’hiver.

Par ailleurs, il n’y a pratiquement eu aucun cas de varicelle en 2020, la rougeole est presque absente alors que nous avions des infections assez régulières. Ce sont des virus qui se transmettent, eux aussi, par la voie respiratoire et qui logiquement ont été impactés par les gestes barrières. De même, on a très peu vu de méningites virales en 2020, presque aucune, et encore peu cette année. Ces dernières sont liées aux entérovirus et se transmettent elles aussi par la voie respiratoire. Les cas de grippe, depuis le premier confinement en mars 2020, sont quasiment nuls. Donc il y a des manifestations très diverses d’infections virales (de la méningite à la gastro et aux éruptions cutanées) mais dont la circulation se fait par voie respiratoire et qui ont donc quasiment disparues cette année.

Il y a aussi des infections qui n’ont pas complètement disparu malgré les gestes barrières. C’est le cas des gastro-entérites, des infections à rhinovirus qui donnent des rhumes.

Avec la levée des gestes barrières, voit-on réapparaitre les virus qui ne s’étaient pas manifestés ?

Christopher Payan : Nous sommes trop tard dans la saison pour les voir réapparaitre cet été. Le redémarrage sera a priori plus visible à l’automne. Avec la levée des gestes barrières, les choses vont revenir à ce qu’elles étaient avant la pandémie. On m’a interrogé si le fait qu’il n’y ait pas eu d’épidémie saisonnière pendant un ou deux ans allaient se traduire par de grosses épidémiques à leur retour. Mais ça ne sera a priori par le cas, comme il y a une immunité collective ancienne qui se génère tous les ans au contact de ces maladies, elle ne risque pas de disparaitre du jour au lendemain. Il ne devrait donc pas y avoir d’impact majeur. Les maladies reviendront comme elles le faisaient les années antérieures. Les gestes barrières auront simplement crée une parenthèse. Ces maladies ne reviendront évidemment pas si on reconfine et qu’on réapplique de nouveaux strictement les gestes barrières.

Certains des gestes barrières mis en place pendant la pandémie pourraient-il devenir des bonnes habitudes face à ces infections saisonnières ?

Christopher Payan : Bien sûr mais je ne pense pas que les gens seront pressés de reprendre cette habitude s’ils ne perçoivent pas de menaces en particulier !

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