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Les déserts médicaux ou l’illustration du mal être de nos campagnes
©PHILIPPE HUGUEN / AFP

Tribune

Les déserts médicaux ou l’illustration du mal être de nos campagnes

En 2017, un Français sur dix vit dans un désert médical, d'où l'urgence de se pencher sur à l’accès aux soins médicaux dans certaines zones rurales, urbaines et périurbaines. Tribune de Corinne Imbert, sénatrice de Charente Maritime.

Corinne Imbert

Corinne Imbert

Corinne Imbert est sénatrice de Charente-Maritime, Conseillère départementale de la Charente-Maritime et Conseillère municipale de Beauvais-sur-Matha.

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En 2017, un Français sur dix vit dans un désert médical. Cette statistique nous rappelle l’urgence quant à l’accès aux soins médicaux dans certaines zones rurales, urbaines et périurbaines.Par ailleurs, ce nombre ne cesse de progresser au fil des ans. De manière à enrayer cette dynamique infernale, il est temps d’adopter des solutions durables et pérennes.

On prétend pouvoir régler la problématique des déserts médicaux en sollicitant les étudiants en médecine et les médecins retraités. Ces solutions sont pertinentes et nécessaires mais insuffisantes sur le long terme. En effet, qui imaginerait l’intervention dans un conflit armé d’une troupe composée de soldats en formation et de vétérans de guerre ? Il ne s’agit pas là de minimiser cet apport précieux mais bien de trouver des solutions pertinentes afin d’attirer de nouvelles générations de médecins, généralistes  et spécialistes, dans nos territoires ruraux.

La remise à plat du Numerus Clausus est une idée qui trouve de nombreux adeptes dans le milieu médical.  En effet, près d’un nouveau médecin sur trois s’installant en France a été diplômé dans un autre pays européen. De plus, il est avéré que ce quota de médecins ne permet pas de répondre aux nouveaux enjeux de la démographie médicale. Notre devoir en temps qu’élus du monde rural est de participer à l’assouplissement de certaines normes qui n’ont plus lieu d’être et qui freinent le développement de nos campagnes.

Face à ce constat alarmant les Conseils départementaux se mobilisent. La Charente-Maritime a fait le choix de l’incitatif plutôt que du contraignant. Des bourses d’étude sont proposées aux étudiants en médecine en contrepartie d’une installation de quatre ans minimum dans le département après leurs études. Le territoire de l’Aveyron propose un accompagnement personnalisé des médecins souhaitant s’y installer et également une aide logistique concernant l’offre et la demande des postes à pourvoir sur le département. Le Gouvernement a fait le choix de construire plus de maisons de santé, les départements préfèrent inciter les médecins à venir s’installer, car ne nous y trompons pas, les murs ne savent pas soigner.

Plus généralement, ces interrogations posent la question de l’attractivité des zones rurales françaises dans un contexte d’urbanisation croissante. Ce problème ne peut être résolu que si l’on se donne les moyens de revitaliser les campagnes. L’accès au très haut débit, le maintien d’un minimum de service public sont autant de thématiques à étudier pour permettre la réduction des disparités entre territoires ruraux et zones urbaines. De plus, on ne peut pas demander simultanément aux collectivités locales de trouver des solutions à ces déserts médicaux tout en diminuant leurs budgets d’année en année.

Nos territoires ruraux ne veulent pas être mis sous perfusion indéfiniment mais bien guérir de manière durable. Au XXIème siècle, la médecine a connu de spectaculaires innovations et pourtant nos campagnes n’ont jamais été aussi malades.

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