Le Maroc et la Tunisie déconseillés par le ministère des Affaires étrangères : de quels recours disposez-vous si vous souhaitez annuler vos séjours réservés pour la Toussaint ? | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
International
Le Maroc ou la Tunisie ont besoin des touristes.
Le Maroc ou la Tunisie ont besoin des touristes.
©Reuters

Les vacances tombent à l'eau

Le Maroc et la Tunisie déconseillés par le ministère des Affaires étrangères : de quels recours disposez-vous si vous souhaitez annuler vos séjours réservés pour la Toussaint ?

L'activisme islamiste et les décapitations n'arrangent pas les affaires de pays comme le Maroc ou la Tunisie, qui ont traditionnellement pour habitude d'accueillir beaucoup de vacanciers autour de la Toussaint. En effet, le ministère des Affaires étrangères a allongé sa liste des destinations déconseillées aux ressortissants français.

Nicolas Godfroy

Nicolas Godfroy

Nicolas Godfroy est responsable du département juridique à l'UFC-Que Choisir.

 

Voir la bio »

Atlantico : Que doit faire une famille qui avait prévu depuis plusieurs mois de partir en Tunisie ou au Maroc, et qui voit que le ministère des affaires étrangères lui déconseille d'y aller ? Peut-elle obtenir une compensation de la part de l'agence de voyage ?

Nicolas Godfroy : L'agence de voyage n'a pas intérêt à laisser partir des personnes dans des zones à risque, ni à les y forcer, même s'il s'agit non pas de zones déconseillées mais de zones où le ministère des affaires étrangères appelle à la vigilance. Elle proposera donc un avoir, ou une autre destination. Par exemple, à défaut du Maghreb on pourra se voir proposer le sud de l'Espagne, qui n'est pas excessivement cher. Le client pourra être amené à débourser un peu plus si sa nouvelle destination est d'un standing plus élevé, bien entendu.

Mais ce cas est en fait assez rare, les consommateurs réservant de plus en plus tard afin de pouvoir adapter leur voyage aux conditions atmosphériques. L'agence de voyages aura alors pour obligation de vous informer sur les éventuels risques encourus et vous pourrez alors faire le choix de vous rendre ou non dans les destinations nouvellement visée quand à un appel à la vigilance.

Faut-il appeler l'agence de sa propre initiative pour se renseigner, ou celle-ci s'en charge-t-elle ?

Certaines agences appellent directement les clients pour les informer en cas d'évolution des recommandations du ministère des affaires étrangères ou de risques soit pour les rassurer (la situation est par exemple dangereuse dans une zone particulière du pays que vous n'approcherez pas), soit notamment si le pays apparaît maintenant comme une destination déconseillée pour vous proposer des alternatives.

Si tel n'est pas le cas, n'hésitez pas à contacter l'agence de voyage pour voir ce qu'il en est avec elle.

Que faut-il regarder dans le contrat ? Recommandez-vous de prendre toutes les garanties possibles pour les réservations ?

Dans tous les cas où vous pourriez envisager une annulation du voyage, il faut vous référer aux conditions du contrat qui peuvent prévoir des conditions d'annulation, souvent de pénalités, différentes en fonction de la raison de l'annulation.

De même si vous avez souscrit une assurance annulation, il faudra vous y référer. Attention, l'assurance annulation n'est jamais obligatoire mais peut être conseillée dans le cas de destinations où les frais médicaux sont élévés (USA, japon...) et il ne faut pas hésiter à vérifier les assurances dont on peut déjà disposer (tel sur les cartes hauts de gamme) pour éviter un doublon coûteux.

A quels risques l'agence s'expose-t-elle s'il arrive à un de ses clients d'être enlevé ou blessé ?

Il existe d'ores et déjà une obligation de sécurité (article L 221-1 du code de la consommation) et plus largement une obligation d'information et de conseil sur les éventuelles risques qui pèsent sur les agences de voyage.

On peut citer à titre d'exemple une décision de la Cour d'Appel de Paris du 8 juin 2000 où une agence de voyage a été condamnée à indemniser le préjudice moral de touristes qui avaient été victimes d'une bande armée dès lors qu'elle ne leur avait pas déconseillé une région à risque.

La responsabilité des pouvoirs publics français ou d'accueil peut-elle être engagée, ou les voyageurs prennent-ils nécessairement à leur charge le risque de voir le pays de destination, quel qu'il soit, devenir une zone à risque ?

Il faut y voir qu'il y va de l'intérêt des touristes avec différents stades, du simple appel à la vigilance à une destination déconseillée. Et comme nous l'avons vu, il est de l'intérêt de tout le monde de trouver des solutions. Le dernier cas (pays déconseillé) est bien entendu celui qui trouve une solution le plus rapidement, sauf voyages spécifiques.  

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !