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Non, la croissance de M. Hollande n'est pas celle de M. Draghi
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Revue d'analyses (financières)

Non, la croissance de M. Hollande n'est pas celle de M. Draghi

Dans l’œil des marchés : Jean-Jacques Netter, vice président de l'Institut des Libertés, dresse, chaque mardi, un panorama de ce qu'écrivent les analystes financiers et politiques les plus en vue du marché.

Jean-Jacques Netter

Jean-Jacques Netter

Jean Jacques Netter est vice-président de l’Institut des Libertés, un think tank fondé avec Charles Gave en janvier 2012.

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En Europe, le climat des affaires s’est fortement dégradé dans la zone Euro depuis deux mois. Mario Draghi souhaite mettre en place un pacte de croissance qui ne serait pas, selon Bruno Cavalier, économiste de Oddo Securities, une politique de stimulation keynésienne, chère aux socialistes, c’est-à-dire une relance par la demande susceptible de creuser les déficits publics et extérieurs. La BCE accompagnera un plan conforme à ses vœux  en maintenant une politique monétaire accommodante. Si aucun compromis n’est trouvé, la zone euro risque d’exploser. Pas tout de suite, mais c’est de plus en plus inévitable a dit cette semaine Mohamed El Rian, le patron de Pimco.  Tous les accords qui ont été laborieusement élaborés par les leaders européens depuis deux ans pourraient voler en éclats, écrit Ed Yardeni, le fondateur de Yardeni Research.

La France a un nouveau président, François Hollande,  qui a annoncé pendant la campagne un ensemble de mesures qui risquent de ne pas être appréciées par les marchés. Ce sentiment a été exprimé par The Economist qui a fait sa couverture en titrant "Le plutôt dangereux Monsieur Hollande". Les mesures qu’il s’apprête à prendre dans les premières semaines de son arrivée à L’Elysée n’ont rien à voir avec les réformes dont la France a absolument besoin pour rester compétitive sur le marché mondial : réformes du marché du travail, réforme des retraites, réforme de la fiscalité... Pour y arriver, il faudrait un minimum de consensus avec les syndicats et les fonctionnaires. C’est là où il y a peut être, selon Louis Gave de GaveKal à Hong Kong, un rôle historique à jouer pour François Hollande en devenant le Gerhard Schröder français, c’est-à-dire un leader socialiste qui aura le courage de faire vraiment, comme l’a fait le leader socialiste allemand, les réformes dont la France a besoin. Peut être sera-t-il capable de s’inspirer des paroles de Groucho Marx : "Voilà quels sont mes principes, mais si vous ne les aimez pas je peux les changer…". Chris Wood, le stratégiste de CLSA pense également que François Hollande ne mettra pas en œuvre toutes les mesures annoncées pendant sa campagne.

En Grèce, le scrutin du week-end risque de déboucher sur un rejet des mesures d’austérité qui avaient été adoptées en contrepartie d’une aide internationale. Les deux partis "Nouvelle Démocratie" et "Pasok" veulent remettre en cause le deuxième plan de sauvetage signé en mars dernier par la Grèce et ses créanciers. Il manque un siège aux deux partis grecs traditionnels pro-austérité pour former une coalition majoritaire. Si la mise en place des nouvelles coupes budgétaires prévue pour fin juin est différée, le FMI pourrait annuler la prochaine tranche de paiements. On ne peut exclure alors de nouvelles élections qui prendraient la forme d’un référendum. Les craintes d’une sortie de la Grèce de la zone Euro ressurgissent.

En Irlande, le référendum du 31 mai prochain sur le pacte budgétaire destiné à renforcer la discipline financière des Etats  pourrait apporter une surprise dont les Irlandais sont coutumiers.

L’Allemagne, de son côté, ne peut pas ratifier le traité qu’Angela Merkel a signé sans avoir une majorité des deux tiers au Bundestag et au Bundesrat. Elle a besoin du soutien du SPD et des Verts qui appuient, de leur côté, la demande de François Hollande pour une stratégie de croissance. Tel est le sentiment de Jean-Marc Ayrault, Président du groupe PS à l’Assemblée nationale et bien placé pour occuper le poste de Premier ministre de François Hollande. Dans une interview au Nouvel Economiste, il a déclaré : "Ce sont les Français qui décident, pas les salles de marché". Certes, mais parmi les investisseurs, "Norges Bank Investment Management", le fonds souverain norvégien, a annoncé qu’il avait vendu toutes ses obligations irlandaises et portugaises et qu’il avait réduit ses positions en obligations espagnoles et portugaises. Aucun commentaire n’a été fait sur la dette française.

 

Marchés actions : les Etats-Unis restent le marché préféré des investisseurs

Aux Etats-Unis, l’indice ISM a surpris en bien pour le mois d’avril à 54,8% contre 53,4 en mars. En revanche, les carnets de commandes dans l’industrie ont nettement baissé et les chiffres de l’emploi annoncés vendredi dernier ont été carrément mauvais, avec seulement 115 000 créations d’emplois le mois dernier. Pour le moment,  les résultats publiés par les sociétés américaines ont été dans 76% des cas supérieurs au consensus dans la proportion de 9% en moyenne. Dans un environnement très incertain, Larry Kantor, le Head of Research de Barclays, a expliqué à ses clients que les actions américaines allaient continuer de constituer un placement refuge pour de nombreux investisseurs. Abby Joseph Cohen, stratégiste de Goldman Sachs, a redit que même si la croissance ralentit, il y aura encore de la croissance et que les actions offraient de bien meilleures perspectives que les obligations qui ne doivent plus du tout être considérées comme des placements sans risque. 

En Europe, les chiffres du chômage ont été mauvais. Quant aux résultats des sociétés publiés, seule la moitié des entreprises a dépassé les attentes des analystes dans la proportion de 6%. L’Espagne est dans une situation difficile : 16 banques espagnoles ont été dégradées cette semaine par S&P. En Italie, Mario Monti a nommé une équipe de choc pour trouver 4,2Md€ d’économies.

Au Brésil on assiste à un repli de la production industrielle et détérioration de la balance courante. A Hong Kong, les derniers chiffres publiés font apparaître  fermeté des ventes au détail

 

Marchés obligations : repli des taux français

En Allemagne le rendement du 2 ans allemand est passé très récemment sous celui du Japon. Le rendement du 10 ans allemand a baissé de 27bps depuis le début de l’année à un nouveau plus bas historique. Au cours de la semaine passée, les rendements ont baissé tant dans les pays considérés comme les plus sûrs que dans la périphérie européenne. Ainsi, aux Etats-Unis et au Royaume-Uni, les taux à 10 ans se sont repliés de 5 et 12 points de base et se situent tous deux sous la barre symbolique des 2%. Les taux français se sont également repliés, de 16 bps à 2.84%.

 

Matières premières : le métal jaune continue de baisser

L’indice global des matières premières CRB Reuters Jefferies a touché un plus bas annuel et a perdu 2.7% en $ en raison du recul de 6% du cours de baril de brent et de WTI. Les stocks sont en hausse pour la 6e semaine d’affilée aux USA. L’indice du secteur des services pétroliers a abandonné 5% sur la semaine.

L’indice des métaux s’est replié de 1.6% en raison de signaux mitigés en provenance de Chine. Le cours de la tonne de cuivre et de zinc a respectivement baissé de 3.6% et de 2.8%.

Les métaux précieux n’ont pas servi de refuge. L’once d’or a reculé de 1.6% à 1640$ l’once et celle d’argent de 3% comme l’once de platine. L’indice des mines d’or et d’argent a chuté de 5.5%, amplifiant le repli des sous-jacents et atteignant un nouveau plus bas depuis 52 semaines.

 

Secteurs : les banques espagnoles dégradées

Banque : Le crédit aux entreprises ne repart pas. Sur les 1000Md€ injectés par la BCE dans le système bancaire européen via des prêts consentis à 1%, près de 800 Md€ sont revenus à la BCE sous forme de dépôts. Pour le moment, le plan de Mario Draghi ne fonctionne pas comme prévu. Hugh Hendry gérant de Eclectica estime pour sa part que les banques européennes seront nationalisées d’ici un an…En ce qui concerne les banques espagnoles, 16 d’entre elles ont été dégradées par S&P. Pour une fois, les banques européennes n’ont pas été plus maltraitées que les banques américaines (-3.4%).

Les secteurs défensifs sont arrivés, des deux côtés de l’Atlantique, en tête mais dans le désordre : santé (Actelion et UCB) et agroalimentaire en Europe (CSM et Danone) alors qu’aux USA, ce sont les télécoms et les services aux collectivités, deux secteurs toujours sous pression en Europe. A noter : un seul secteur dégage une performance légèrement positive aux USA. Se retrouvent dans le bas du classement les matières premières en réponse aux baisses des sous-jacents, l’automobile et la chimie. Mauvaise performance de la technologie en Europe à cause de Nokia, STMicro, Alcatel.

En Europe, le climat des affaires s’est fortement dégradé dans la zone Euro depuis deux mois. Mario Draghi souhaite mettre en place un pacte de croissance qui ne serait pas selon Bruno Cavalier, économiste de Oddo Securities, une politique de stimulation keynésienne,  chère aux socialistes c’est à dire une relance par la demande susceptible de creuser les déficits publics et extérieurs. La BCE accompagnera un plan conforme à ses vœux  en maintenant une politique monétaire accommodante. Si aucun compromis n’est trouvé, La zone euro risque d’exploser, pas tout de suite, mais c’est de plus en plus inévitable a dit cette semaine Mohamed El Rian le patron de Pimco.  Tous les accords qui ont été laborieusement élaborés par les leaders européens depuis deux ans, pourraient voler en éclats, écrit Ed Yardeni, le fondateur de Yardeni Research.

La France a un nouveau président, François Hollande,  qui a annoncé pendant la campagne un ensemble de mesures qui risquent de ne pas être appréciées par les marchés. Ce sentiment a été exprimé par The Economist qui a fait sa couverture en titrant « Le plutôt dangereux Monsieur Hollande ». Les mesures qu’il s’apprête à prendre dans les premières semaines de son arrivée à L’Elysée n’ont rien à voir avec les réformes dont  la France  a absolument besoin pour rester  compétitive sur le marché mondial: réformes du marché du travail, réforme des retraites, réforme de la fiscalité ... Pour y arriver, il faudrait un minimum de consensus avec les syndicats et les fonctionnaires. C’est là où il y a peut être, selon Louis Gave de GaveKal à Hong Kong,  un rôle historique à jouer pour François Hollande en devenant le Gerhard Schroeder français, c’est à dire un leader socialiste qui aura le courage de faire vraiment, comme l’a fait lelleader socialiste allemend, les réformes dont la France a besoin. Peut être serait il capable de s’inspirer des  paroles de Groucho Marx « Voilà quels sont mes principes, mais si vous ne les aimez pas je peux les changer… ». Chris Wood, le stratégiste de CLSA pense également que François Hollande ne mettra pas en œuvre toutes les mesures annoncées pendant sa campagne.

En Grèce le scrutin  du week-end risque de déboucher sur un rejet des mesures d’austérité qui avaient été adoptées en contrepartie d’une aide internationale. Les deux partis « Nouvelle Démocratie » et « Pasok » veulent remettre en cause le deuxième plan de sauvetage signé en mars dernier par la Grèce et ses créanciers. Il manque un siège aux deux partis grec traditionnels pro-austérité pour former une coalition majoritaire. Si la mise en place des nouvelles coupes budgétaires prévue pour fin juin est différée, le FMI pourrait annuler la prochaine tranche de paiements. On ne peut exclure alors de nouvelles élections qui prendraient la forme d’un référendum. Les craintes d’une sortie de la Grèce de la zone Euro ressurgissent. En Irlande, le référendum du 31 mai prochain sur le pacte budgétaire destiné à renforcer la discipline financière des états  pourrait apporter une surprise dont les irlandais sont coutumiers.

L’Allemagne, de son côté, ne peut pas ratifier le traité qu’Angela Merkel a signé sans avoir une majorité des deux tiers au Bundestag et au Bundesrat. Elle a besoin du soutien du SPD et des Verts qui appuient, de leur côté, la demande de François Hollande pour une stratégie de croissance. Tel est le sentiment de Jean Marc Ayrault, Président du groupe PS à L’Assemblée et bien placé pour occuper le poste de Premier Ministre de François Hollande. Dans une interview au Nouvel Economiste, il a déclaré « Ce sont les français qui décident pas les salles de marché ». Certes, mais parmi les investisseurs, « Norges Bank Investment Management », le fonds souverain norvégien, a annoncé qu’il avait vendu toutes ses obligations irlandaises et portugaises et qu’il avait réduit ses positions en obligations espagnoles et portugaises. Aucun commentaire n’a été fait sur la dette française.

 

Marchés actions : les Etats-Unis restent le marché préféré des investisseurs

Aux Etats-Unis, l’indice ISM a surpris en bien pour le mois d’avril à 54,8% en avril contre 53,4 en mars. En revanche, les carnets de commandes dans l’industrie ont nettement baissé et les chiffres de l’emploi annoncés vendredi dernier ont été  carrément mauvais, avec seulement 115 000 créations d’emplois le mois dernier. Pour le moment,  les résultats publiés par les sociétés américaines ont été dans 76% des cas supérieurs au consensus dans la proportion de 9% en moyenne. Dans un environnement très incertain, Larry Kantor, le Head of Research de Barclays, a expliqué à ses clients que les actions américaines allaient continuer de constituer un placement refuge pour de nombreux investisseurs. Abby Joseph Cohen, stratégiste de Goldman Sachs a redit que même si la croissance ralentit il y aura encore de la croissance et que les actions offraient de bien meilleures perspectives que les obligations qui ne doivent plus du tout être considérées comme des placements sans risque.  En Europe, les chiffres du chômage ont été mauvais. Quant aux résultats des sociétés publiés, seule la moitié des entreprises a dépassé les attentes des analystes dans la proportion de 6%. L’Espagne est dans une situation difficile : 16 banques espagnoles ont été dégradées cette semaine par S&P. En Italie,  Mario Monti a nommé une équipe de choc pour trouver 4,2Md€ d’économies.

Au Brésil on assiste à un repli de la production industrielle et détérioration de la balance courante. A Hong Kong, les derniers chiffres publiés font apparaître  fermeté des ventes au détail

 

Marchés obligations : repli des taux français

En Allemagne le rendement du 2 ans allemand est passé très récemment sous celui du Japon. Le rendement du 10 ans allemand a baissé de 27bps depuis le début de l’année à un nouveau plus bas historique. Au cours de la semaine passée, les rendements ont baissé tant dans les pays considérés comme les plus sûrs que dans la périphérie européenne. Ainsi, aux Etats Unis et au Royaume-Uni, les taux à 10 ans se sont repliés de 5 et 12 points de base et se situent tous deux sous la barre symbolique des 2%. Les taux français se sont également repliés, de 16 bps à 2.84%.

 

Matières premières : le métal jaune continue de baisser

L’indice global des matières premières CRB Reuters Jefferies a touché un plus bas annuel et a perdu 2.7% en $ en raison du recul de 6% du cours de baril de brent et de WTI. Les stocks sont en hausse pour la 6e semaine d’affilée aux USA. L’indice du secteur des services pétroliers a abandonné 5% sur la semaine.

L’indice des métaux s’est replié de 1.6% en raison de signaux mitigés en provenance de Chine. Le cours de la tonne de cuivre et de zinc a respectivement baissé de 3.6% et de 2.8%.

Les métaux précieux n’ont pas servi de refuge. L’once d’or a reculé de 1.6% à 1640$ l’once et celle d’argent de 3% comme l’once de platine. L’indice des mines d’or et d’argent a chuté de 5.5% amplifiant le repli des sous-jacents et atteignant un nouveau plus bas depuis 52 semaines.

 

Secteurs : les banques espagnoles dégradées

Banque : Le crédit aux entreprises ne repart pas. Sur les 1000Md€ injectés par la BCE dans le système bancaire européen via des prêts consentis à 1%, près de 800 Md€ sont revenus à la BCE sous forme de dépôts. Pour le moment le plan de Mario Draghi ne fonctionne pas comme prévu. Hugh Hendry gérant de Eclectica estime pour sa part sa conviction  que les banques européennes seront nationalisées d’ici un an…en ce qui concerne les banques espagnoles, 16 d’entre elles ont été dégradées par S&P. Pour une fois, les banques européennes n’ont pas été plus maltraitées que les banques américaines (-3.4%).

Les secteurs défensifs sont arrivés, des deux côtés de l’Atlantique en tête mais dans le désordre santé (Actelion et UCB) et agroalimentaire en Europe (CSM et Danone) alors qu’aux USA ce sont les télécoms et les services aux collectivités, deux secteurs toujours sous pression en Europe. A noter un seul secteur dégage une performance légèrement positive aux USA. Se retrouvent dans le bas du classement les matières premières en réponse aux baisses des sous-jacents l’automobile et la chimie. Mauvaise performance de la technologie en Europe à cause de Nokia, STMicro, Alcatel.

 

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