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En cas de piqûre, le mieux est d'étaler de la crème solaire ou hydratante sur la plaie et de racler avec une carte en plastique.
En cas de piqûre, le mieux est d'étaler de la crème solaire ou hydratante sur la plaie et de racler avec une carte en plastique.
©Reuters

A l'eau !

L’été des méduses, c’est maintenant : comment apprendre à cohabiter avec les mollasses de la plage

Les vacances d'été pointent le bout de leur nez, les méduses le bout de leurs tentacules. Et les vacanciers devront certainement apprendre à cohabiter.

Delphine Thibault

Delphine Thibault

Maître de conférence, Delphine Thibault travaille sur le plancton et les gélatineux dont les méduses à l'institut méditerranéen d'océanologie.  

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Atlantico : Constate-t-on une multiplication du nombre de méduses ? Certaines zones sont-elles davanatges concernées que d'autres ? Comment expliquer cette augmentation ? :

Delphine Botha : Il existe des endroits où nous avons observé une augmentation du nombre de méduses mais ce n'est pas une généralité. C'est le cas en mer de Chine, mer du Japon et dans l'océan atlantique sud. Des études ont été lancées au début des années 2000 afin de compter le nombre de méduses. Elles sont toujours en cours. Contrairement à beaucoup, elles ne sont pas ponctuelles.  Nous avons besoin d'accumuler des données afin de pouvoir donner une estimation. Aujourd'hui nous manquons de chiffres, de recul et de moyens pour affirmer une augmentation générale du nombre de méduses. L'un des phénomènes majeurs permettant d'expliquer cette augmentation dans ces zones est la surpêche qui diminue le nombre de prédateurs et de compétiteurs des méduses. D'abord les prédateurs : on pêche de plus en plus de poissons qui se nourrissent de méduses, notamment les saumons, les poissons-lune et certains requins. Même chose pour les compétiteurs : les petits poissons comme les sardines et les anchois. Ces derniers se nourrissent des même aliments que les méduses, comme ils sont plus souvent pêchés, les méduses disposent de plus en plus de ressources et subsistent plus facilement. Quant au réchauffement climatique souvent pointé du doigt il n'explique pas vraiment l'augmentation du nombre de méduses dans certaines zones. En effet certaines méduses préfèrent les eaux fraîches. 
 

Les méduses présentes sur les côtes françaises peuvent-elles être dangereuses ?

Toutes ces méduses, inoffensives ou dangereuses, se trouvent, à différentes échelles, sur les côtes françaises. Certaines méduses peuvent piquer, d'autres non. 8 à 10 espèces de méduses sont même comestibles. Ces dernières sont plus présentes sur les côtes de l'océan atlantique que sur celles de la mer méditerranée. 
 

Le nombre de méduses est-il proportionnel au risque de se faire piquer ? Quels sont les risques que présente une piqûre de méduse ? Comment réagir si cela arrive ? 

Les méduses ont de très longues tentacules peu visibles, certaines espèces ont des tentacules qui mesurent plusieurs mètres de long. Les méduses peuvent relâcher leurs cellules urticantes dans l'eau si elles se sentent en danger. On peut donc se faire piquer par une méduse même si elle est la seule présente à proximité. Les risques sont plutôt faibles. La piqûre donne une sensation de brûlure. Le réflexe à avoir est de ne surtout pas frotter la plaie car cela risquerait de stimuler des cellules urticantes qui n'auraient pas encore agi. Le mieux est d'étaler de la crème solaire ou hydratante sur la plaie et de racler avec une carte en plastique. Quant au conseil répandu qui consiste à uriner sur la plaie, il est à oublier. Ce remède est inutile. L'important est aussi de bien s'occuper de la personne piquée, en particulier s'il s'agit d'un enfant ou d'une personne âgée, celle ci peut facilement paniquer. 
 

Comment peut-on cohabiter avec les méduses ? Peut-on s'en protéger ? Doit-on se baigner avec des combinaisons ? 

Des produits répulsifs sont vendus dans les commerces, personnellement j'y crois assez peu. Des barrages ont été dressés par certaines villes mais elles retiennent également les petits poissons. Le plus simple est d'adapter son emploi du temps. Les méduses ne sont présentes sur les côtes que peu de temps, un ou deux jours. Il suffit alors d'aller un plus loin sur la côte ou de revenir le lendemain
 

Comment peut-on faire baisser leur nombre ? 

Il est possible d'agir en amont. Il faut rétablir un stock de poissons afin de réguler la quantité de nourriture disponible pour les méduses. Rétablir un écosystème équilibré permettra d'éviter que les méduses ne soient trop nombreuses. Il faut aussi voir le côté positif de cet animal. La méduse est consommée par des populations comme les Chinois, les Coréens mais elle peut également être utilisée dans le domaine médical et pharmaceutique. 

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