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Yannick Jadot lors de l'université d'été d'Europe Ecologie Les Verts.
©ALAIN JOCARD / AFP

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L’autodestruction des écologistes français inquiète les chefs d’entreprise qui ont besoin d’un contrepouvoir responsable

Les écologistes voudraient s’autodétruire qu’ils ne s’y prendraient pas autrement. Alors ça peut réjouir leurs adversaires politiques, mais ça inquiète les chefs d’entreprise qui préféreraient des contre-pouvoirs responsables et constructifs.

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre

Jean-Marc Sylvestre a été en charge de l'information économique sur TF1 et LCI jusqu'en 2010 puis sur i>TÉLÉ.

Aujourd'hui éditorialiste sur Atlantico.fr, il présente également une émission sur la chaîne BFM Business.

Il est aussi l'auteur du blog http://www.jeanmarc-sylvestre.com/.

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Tout se passe comme si les leaders du mouvement écologique des Verts faisaient tout pour s’étouffer devant le mur des réalités politiques. Tout. Au grand dam du principal leader Yannick Jadot, député européen et candidat quasi-officiel à la présidentielle du mouvement et même de la ministre chargée de l’environnement, Barbara Pompili. Parce qu‘ils savent que l’écologie n’avancera dans son ambition que sur la base de compromis, de façon à rendre la lutte pour le climat compatible avec une croissance économique moins carbonée certes, mais créatrice de richesse à partager et d’emplois.

Les chefs d’entreprise, aussi, ont besoin d’un respect de l’environnement, ne serait-ce que pour répondre à la pression de leurs clients, de leurs salariés et même de leurs actionnaires.

Faute de trouver un compromis sur les questions essentielles, on s’aperçoit que les cadres du mouvement qui ont été élus dans les conseils municipaux, et beaucoup de militants, préfèrent développer des arguments et des actions tous empreints de bêtises, de mépris ou de radicalisme idéologique. 

Bêtise, oui. Beaucoup de bêtises depuis quelques mois. Quand le maire de Bordeaux  supprime le sapin de Noël parce que l’arbre est mort, quand celui de Grenoble veut interdire le Tour de France parce que c’est trop polluant, quand celui de Lyon cherche à déménager la gare TGV du centre-ville, quand la maire de Paris ouvre les boulevards aux trottinettes, quand des conseillers municipaux suppriment des subventions aux clubs de voile, ou d’autres demandent à ce que les enfants ne soient plus incités à rêver de voler en avion tourisme. On rêve, parce qu’on ne réalise pas que des responsables politiques puissent faire preuve d’autant de bêtises, mais les écolos, hélas, ne s’arrêtent pas à la bêtise.

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Du mépris oui. Quand ils n’hésitent pas à traiter une partie de la population par le mépris en excluant des « boomers » du scrutin national parce qu’ils ne le méritent pas. C’était le sens de la campagne de publicité lancée par EELV pour exclure du débat toute la génération des baby-boomers, tous ceux qui sont nés apres la guerre ont bénéficié des Trente glorieuses, et fabriquer un système économique qui aurait mené la planète à la ruine au niveau du climat.

Alors c’est évidemment une bourde qui renvoie au séparatisme raciste, alors Julien Bayou, le chef du parti, les Verts reconnaissent ne pas avoir vu les affiches. Il n’empêche, il les avait validées. Ça n‘est donc ni une erreur, ni une maladresse. C’est une faute. On devine la finalité, empêcher les boomers de voter aux régionales pour gonfler leur propre score, mais le moyen utilisé est limite abjecte. Et montre bien que les écolos ne sont pas loin du radicalisme idéologique.

De l’idéologie oui. Les militants écologiques en sont imprégnés. Quand ils expliquent qu’il faut punir les pollueurs, les contrôler, leur interdire de voler en avion, de construire, de circuler et même de faire de la publicité pour des produits et services trop carbonés. Nous entrons dans l’idéologie de la décroissance, seul moyen de stopper les émissions de gaz carbonique et de stopper les consommations d’énergie fossiles.

Le problème, c’est qu‘avec autant de bêtises, de mépris et de radicalisme, on ne réussit pas à résoudre les contraintes réelles qui se posent.

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Les écologistes n’ont jamais proposé depuis le début de la pandémie le début d’une stratégie alternative. Plus grave, ils ont même, pour beaucoup d’entre eux, nié la gravité du virus, critiqué les vaccins considérés comme dangereux et proférer des critiques contradictoires quant à la mondialisation, considéré par les uns d’être un des maux du monde moderne, alors que la mondialisation nous permet d’obtenir ce qu’on est incapable de produire. Les masques au début, les tests, les vaccins et une grande partie de la tech digitale. La pandémie est mondiale. La lutte contre la pandémie ne peut être que mondiale.

Et si on ouvre le dossier de l’énergie, on tombe dans un imbroglio insoluble. Parce que le seul moyen de répondre aux besoins nécessaires en électricité sans pour autant faire chauffer les usines au charbon ou au pétrole, est évidemment de travailler avec des centrales nucléaires.

Pour les responsables politiques normaux, comme pour les chefs d’entreprise, le seul moyen d’avancer, c’est évidemment de trouver un compromis. Les chefs d’entreprise ont avancé plus vite en moyenne sur la voie de la décarbonisation et sur la protection de l’environnement, que ce que les normes officielles leur imposaient de faire. Du moins dans les pays occidentaux développés.

Et les entreprises normalement constituées savent écouter leurs clients qui sont attentifs au prix des produits mais pas que, elles savent écouter leurs salariés qui sont attentifs à leurs conditions de travail mais pas que... Elles savent enfin que leurs actionnaires, aussi sensibles au rendement de leur investissement sont-ils, recherchent un sens à leur engagement. La RSE existe et les écolos n’y sont pour rien. Contrairement à ce qu‘on leur reproche parfois, les chefs d’entreprises n’ont pas à choisir entre la fin du mois et la fin du monde. Ils doivent préserver et la fin du mois et la fin du monde.

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