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Des bustes de Marianne aux couleurs du drapeau tricolore
Des bustes de Marianne aux couleurs du drapeau tricolore
©JACQUES DEMARTHON / AFP

Tribune

L'assimilation comme politique de l'apaisement

L’actualité a été récemment marquée par des manifestations de soutien à la cause dite palestinienne dans le cadre du regain de violence qui oppose Israël au Hamas. La gauche en fait depuis longtemps un combat central, corollaire de la question indigéniste qui resurgit par ailleurs aujourd’hui. Elle a remplacé la figure de l’ouvrier par celle du Palestinien, nouveau visage du prolétariat. En soutenant l’importation chez nous de ces luttes emblématiques qui mènent à la communautarisation de notre pays, elle déstabilise notre société et mine dangereusement la concorde nationale.

Laurence Trochu

Laurence Trochu

Laurence Trochu est présidente du Mouvement Conservateur.

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De telles manifestations sont le reflet de la violence que portent intrinsèquement les sociétés multiculturelles dont les membres ne s'identifient pas à leur société d'accueil, mais à d’autres entités, étrangères, religieuses ou communautaires. Conséquence de l’hégémonie du modèle anglo-saxon qui érige les particularismes comme premiers vecteurs identitaires, cet état d’esprit fragmente notre société. Nous devenons ainsi perméables à des conflits étrangers qui se transposent chez nous. Or, la France n’a pas vocation à en être la caisse de résonance. Face à la fracturation que nous expérimentons chaque jour un peu plus, réaffirmons haut et fort l’assimilation comme politique de l’apaisement !

Qu’est-ce qu’une nation ?

Dans sa conférence « Qu’est-ce qu’une nation ? », Renan a posé en 1882 les bases de ce qui allait devenir le modèle assimilationniste français qui permit à des individus en guerre durant des siècles de vivre ensemble et de se reconnaître mutuellement comme Français. Pour y parvenir, il fallut accepter de ne plus nourrir les causes de division passée. Il fallut surtout la volonté de s’unir dans un destin national commun. La nation française, c’est avant tout la volonté de s’établir comme corps politique et communauté culturelle. 

Le modèle français invite au dépassement de soi, à la transcendance, et à l’union sacrée. Il vise à convaincre l’autre de le rejoindre dans un projet national et civilisationnel commun qui va au-delà de sa personne et de son identité subjective. C’est toute la base de notre modèle assimilationniste : chacun peut, à la condition qu’il en ait la volonté et s’en donne les moyens, embrasser la France. Le génie de notre pays est d’avoir su trouver ce juste équilibre entre l’impossibilité d’une totale fermeture au monde, et l’ouverture tous azimuts à l’autre qui nous diluerait et nous ferait disparaître. C’est pourtant bien de dilution, de liquéfaction, et de liquidation dont nous sommes aujourd’hui menacés. 

Le ver est dans le fruit

Certains en France ne se contentent pas d’avoir une opinion sur le conflit israélo-palestinien, qu’ils feraient librement et simplement valoir dans le cadre d’un débat public serein et apaisé. Ils développent un rapport charnel et violent à ce conflit qu’ils importent chez nous. Dans ce contexte, se développe un antisionisme qui a depuis longtemps dérapé vers un antisémitisme décomplexé au point que la sécurité de nos concitoyens de confession juive est menacée. Là où progresse l’islamisme, se développe une haine des Juifs qui contraint ces derniers à fuir les villes dans lesquelles ils se sont établis. Jérôme Fourquet, dans « L’an prochain à Jérusalem » souligne qu’« En Ile-de-France, sur une quinzaine d’années, des effectifs de populations ou de familles juives se sont effondrés dans toute une série de communes de Seine-Saint-Denis. » Cette triste réalité est liée aussi aux renoncements d’un Etat qui, pour ne pas stigmatiser, a fermé les yeux sur les enclaves que sont devenues certaines banlieues abandonnées à l’islam politique. Quarante années de gauchisme culturel ont fini d’achever notre modèle assimilationniste en faisant le lit de la promotion des particularismes, communautaires ou religieux.

La société multiculturelle ou la fin du bien commun

Les limites des sociétés multiculturelles sont sous nos yeux.  Ce modèle fonctionne lorsque tout va bien et n’est que désunion et violence dès que chacun défend son pré carré religieux ou communautaire, sans attachement à un bien commun ou intérêt national supérieur. 

La solution aussi est sous nos yeux : Restaurer l’autorité de l’Etat dans sa capacité à décider et être obéi, sans que des territoires, des « quartiers » ou des communautés aient le loisir d’échapper à la loi commune, pour de mauvaises raisons où se mêlent la repentance, la honte de soi et la peur du scandale. Car le seul véritable scandale, sur ce plan, résulte justement de l’existence de ces zones grises, hors du droit, où ni la police, ni la justice ne pénètrent plus. Oui, la Nation doit conserver, ou recouvrer son identité, notamment culturelle, en réorganisant l’apprentissage de ce qui nous lie et de ce qui nous relie aux générations précédentes Au fond, cette démarche consiste à réaffirmer qu’il existe bien une identité nationale et une culture française, ou selon les mots de Renan, une âme : « Une nation est une âme, un principe spirituel. Deux choses qui, à vrai dire, n’en font qu’une, constituent cette âme, ce principe spirituel. L’une est dans le passé, l’autre dans le présent. L’une est la possession en commun d’un riche legs de souvenirs ; l’autre est le consentement actuel, le désir de vivre ensemble, la volonté de continuer à faire valoir l’héritage qu’on a reçu indivis. » Cette volonté qui semble avoir quitté nos gouvernants.

Laurence Trochu, Présidente du Mouvement Conservateur

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