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Des élèves portent travaillent dans leur classe avec la fenêtre ouverte à l'école primaire Petri de Dortmund, dans l'ouest de l'Allemagne, le 24 novembre 2020.
Des élèves portent travaillent dans leur classe avec la fenêtre ouverte à l'école primaire Petri de Dortmund, dans l'ouest de l'Allemagne, le 24 novembre 2020.
©Ina FASSBENDER / AFP

Atout contre la pandémie

L’aération des lieux clos, une arme sous-estimée contre le Covid

Le collectif Du Côté de la Science a publié, sur Twitter, un graphique illustrant la concentration en CO2 dans une classe de 25 élèves, avant et après aération. Quelles leçons pouvons-nous en tirer pour agir efficacement contre la Covid-19 ?

Eric Billy

Eric Billy

Eric Billy est chercheur en immuno-oncologie à Strasbourg. Il est membre du collectif Du côté de la science.

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L'ouverture des fenêtres et de la porte fait baisser la concentration en CO2 dans cette classe de 25 élèves.

Crédit : Collectif Du Côté de la Science

Atlantico : Le collectif Du Côté de la Science a publié sur twitter un graphique illustrant la concentration en CO2 dans une classe de 25 élèves, avant et après aération, quelles leçons pouvons-nous en tirer ?

Eric Billy : Il s’agit d’une classe de 25 élèves de primaire, donc des jeunes ayant un volume pulmonaire assez faible. Ce que cela montre, c’est qu’en un quart-d’heure nous sommes environ à 1000ppm, soit au-delà de la qualité de l’air recommandée. Le cours commence à 8h40 et à 10h10 rien n’a été ouvert et on enregistre presque 3000 ppm. Ce sont des taux où l’on sait que les conditions de travail (facultés intellectuelles et cognitives) ne sont pas optimales. Ce qui est le plus important dans ce graphique c’est que l’ouverture des fenêtres et des portes permet en l’espace de 5-6 minutes de retomber aux seuils limites. 

Le seuil actuel se situe à peu près autour de 800 ppm. 1000 ppm, c’est déjà trop. Ce seuil définit la concentration de CO2 à partir de laquelle on sait qu’un certain pourcentage de l’air inspiré a déjà été expiré par quelqu’un d’autre dans la salle. S’il a déjà été expiré par quelqu’un de contaminé, cela veut dire qu’on commence à inspirer des aérosols contaminants. Le temps d’exposition et la charge virale définissent la quantité de virus à laquelle le système immunitaire va devoir faire face. 

Comment faut-il mettre en place cette aération ?

Eric Billy : Il y a deux options, soit on ouvre les fenêtres et la porte en continu pour se maintenir autour de 500 ppm soit on détermine ce qu’il faut ouvrir pour pouvoir créer une bonne qualité d’aération et de ventilation (en une ouverture continue, ou à intervalles réguliers). Si tout ouvrir ne suffit pas, cela veut dire que la salle n’est pas propice à un cours ou qu’il faut installer un filtre HEPA ou MERV. 

Le détecteur de CO2 est un moyen pour chaque salle de gérer la ventilation et la qualité de l’air.  Nous avons conseillé aux établissements qui ne pourraient pas avoir suffisamment de détecteurs de CO2 pour chaque classe d’en prendre un petit nombre par établissement pour établir dans chaque salle, en fonction du nombre d’élèves, un protocole d'aération pour ouvrir les fenêtres et les portes. La meilleure aération est souvent obtenue en ouvrant des portes et fenêtres situées sur des murs opposés. En général, les portes des classes donnent sur un couloir et le mieux est que  les fenêtres situées dans ces couloirs soient ouvertes elles-aussi, même en oscillo-battants, pour créer un flux d’air. Tout renouvellement d’air permet de diluer les aérosols. Et combiné au port du masque, cela fera chuter les risques de contamination. 

Ce que nous craignons tous avec la rentrée : un nombre d’enfants hospitalisé qui va grimper car ils sont peu vaccinés et exposés au variant Delta qui est plus virulent. Plus il va y avoir d’enfants contaminés, plus il y aura d’hospitalisations, plus il y en aura en réanimation et, on l’espère, sans décès. 

C’est toujours le système dit de « l’emmental » qui prévaut : association  de plusieurs mesures qui prisent individuellement ne sont pas suffisantes, mais prisent ensemble assure une bonne sécurité de fonctionnement. Si l’on testait toutes les semaines les enfants pour écarter les positifs nous aurions déjà beaucoup moins de risque de nous retrouver avec des enfants qui excrètent des aérosols contaminés en classe. Sans ventilation, ce sont les élèves dans l’immédiat entourage qui sont exposés, d’où l’intérêt d’une ventilation continue.

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