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Laurent Blanc, le président français Jacques Chirac, Didier Deschamps et Michel Platini célèbrent la victoire de la France lors de la cérémonie de remise du Trophée de la FIFA, le 12 juillet 1998 au Stade de France.
Laurent Blanc, le président français Jacques Chirac, Didier Deschamps et Michel Platini célèbrent la victoire de la France lors de la cérémonie de remise du Trophée de la FIFA, le 12 juillet 1998 au Stade de France.
©DANIEL GARCIA / AFP

Bonnes feuilles

Jacques Chirac, le président des footballeurs

Clément Pernia et Jean-Baptiste Guégan publient « La République du foot » aux éditions Amphora. 2022 est une année clef. Une année de politique avec l'élection présidentielle française, et une année de football avec la coupe du monde au Qatar. Les hommes politiques sont nombreux à être passionnés par le ballon rond, sans toutefois le revendiquer haut et fort. La politique aime aussi se servir du football quand il le faut. Extrait 1/2.

Jean-Baptiste Guégan

Jean-Baptiste Guégan

Jean-Baptiste Guégan est consultant et enseignant en géopolitique du sport. Conférencier et auteur, il intervient fréquemment dans les médias généralistes (Le Monde, L'express, le Point, le Figaro, etc.), spécialisés ou sportifs (L'Équipe, France Football, Foot Mercato, RMC, etc.). ll est l'auteur et le directeur de plusieurs ouvrages sur le sport et ses enjeux comme Géopolitique du sport, une autre explication du monde ou Football Investigation, les dessous du football en Russie.

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Clément  Pernia

Clément Pernia

Clément Pernia est journaliste sur CNEWS et auteur de deux livres sur l'histoire du Paris Saint Germain.

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Ceux qui parlent le mieux des rapports que Jacques Chirac a entretenus avec le foot, ce sont ceux qui l’ont approché, suivi ou admiré. Son rapport avec le PSG en est un bon exemple. Roland Lescure en fait un assez bon résumé  : «Contrairement à Nicolas Sarkozy qui est un vrai fan du PSG, Chirac n’était pas un fan de football. D’ailleurs, il n’était pas un supporter parisien.» Il n’a jamais exagéré son soutien au club parisien, il l’a toujours surveillé. Le PSG était plus un problème et un embarras pour lui qu’un moyen. «Quand vous êtes dans une logique un peu artificielle de soutien politisé, vous souffrez des défaites et vous gagnez dans les victoires. Quand vous êtes politique, c’est un risque de mettre votre réputation politique dans les mains d’une équipe dont les résultats sont aléatoires.

Mais, quand vous êtes un vrai fan, les gens le voient!» Alors, Jacques Chirac s’est adapté. Il a mis une distance polie mais prudente avec le club parisien.

Comme nous l’a précisé Jean-François Lamour, «le PSG, ce n’était pas un poids. Il fallait faire pour et avec le football. Jacques Chirac n’avait pas un intérêt énorme pour le football. Pendant les deux années que j’ai passées à la mairie de Paris, il n’y avait pas une énorme actualité autour du club pour lui. Il allait peu aux matchs. Ce n’était pas sa priorité. Il n’y avait pas de gêne vis-à-vis du PSG ni un engouement très, très fort.» Comme un désintérêt qui s’est poursuivi de la mairie de Paris à l’Élysée. Et Jean-François Lamour de poursuivre  : «Pendant son septennat, je ne pense pas qu’il soit allé voir un match de foot au Parc. Il y avait une règle tacite à l’Élysée quand Claude Chirac, sa fille, s’occupait de la communication. Elle n’était pas une grande fanatique de voir Chirac aller dans les stades. Elle n’aimait pas ça.»

Manuel Valls, qui l’a côtoyé dans le cadre du gouvernement Jospin, ne dit pas autre chose. Celui qui faisait partie des jeunes loups de Pompidou «ne comprenait »rien au foot. Il aimait l’ambiance. Pendant la Coupe du monde 98 – comme sa fille Claude Chirac, d’ailleurs –, il comprend que c’est peut-être un moyen pour lui de se refaire une image après l’échec de la dissolution de 1997 qui l’a vu perdre la majorité à l’Assemblée nationale.» Son attention pour le ballon est donc politique.

Souvent, poursuit-il, on le résume à la phrase de Michel Platini à son sujet  : «Jospin aime le sport, Chirac, les sportifs.» Jean-François Lamour précise  : «La formule de Platoche est un peu caricaturale, mais c’est vrai que Jospin était un très bon basketteur. Il lisait L’Équipe… Un peu comme Sarko, mais lui pratiquait. C’était différent pour Chirac. Il avait un contact naturel avec les sportifs. On se sentait bien avec lui. Il aimait bien connaître le parcours des sportifs.

J’ai un exemple, mais il n’a rien à voir avec le foot. Durant le quinquennat, en 2003, on organise les championnats du monde d’athlétisme au Stade de France. C’est un succès. On commence doucement et puis il commence à y avoir des médailles d’or. Et puis le stade se remplit et, pendant une semaine, c’est la fête! Un superbe succès. Tout était là.

Comme à son habitude, Chirac reçoit au déjeuner les médaillés des championnats du monde. Parmi eux, il y a Eunice Barber, la jeune femme qui avait gagné le saut en longueur. Elle est originaire de la Sierra Leone. Elle est arrivée en France toute jeune. Elle avait du tempérament. Chirac fait le tour de table pendant le déjeuner et il commence à lui parler. Il avait les fiches que je lui avais préparées. Il discute avec elle. À ce moment-là, Barber s’effondre en pleurs. C’était la guerre civile en Sierra Leone. Elle n’avait aucune nouvelle de sa mère et de son oncle. Il lui dit : “Vous allez venir me voir dans mon bureau juste après le déjeuner.” Elle monte, j’étais présent. À l’époque, les communications étaient difficiles. Elle dit à Chirac  : “J’aimerais bien qu’elle me rejoigne en France”, au moins les faire sortir de là.

Sa sœur était à Londres. Il dit  : “OK, je vous tiens au courant.” Elle sort du bureau. Il appelle son conseiller diplomatique et lui dit : “Venez dans mon bureau et demandez à notre ambassadeur en Sierra Leone de se tenir prêt à ce que je l’appelle.” Sauf que le grand patron de la diplomatie lui répond : “On n’en a pas, c’est la guerre civile. Notre ambassade est en Guinée ou au Ghana, dans un pays limitrophe. La sécurité n’étant pas assurée, on a rapatrié l’ambassade.” “Appelez-le”, rétorque Chirac, imperturbable. Puis il ajoute  : “Vous allez affréter deux convois et vous allez chercher à telle adresse la mère et l’oncle de Barber.” J’imagine la tête de l’ambassadeur à l’autre bout du fil en train de déglutir. Trois jours plus tard, la famille de Barber était à l’abri dans le pays. Ça ne s’était jamais vu. Ça dit beaucoup du rapport entre Chirac et les sportifs.»

En routier expérimenté de la politique nationale, Jacques Chirac est un homme opportuniste mais plus engagé qu’on ne le croit. Il saura se servir du football, moins naïvement qu’on l’affirme souvent. Thierry Roland le confirme  : «Chirac ne connaît rien au football. Simplement, il a compris très tôt que le sport est devenu un vecteur essentiel dans la vie de notre pays. Avec Chirac, les sportifs entrent à l’Élysée.»

L’HOMME, LE PRÉSIDENT ET L’OPPORTUNISTE

En deux mandats, Jacques Chirac va en effet partager la période la plus faste et politisée du football français sans aimer cela. Plus d’une décennie marquée par un sacre en Coupe du monde en 1998, une victoire lors de l’Euro 2000, un France-Algérie et des sifflets qu’il n’oubliera pas mais aussi une finale, celle de 2006 qui le verra consoler Zidane. Jean-François Lamour était à ses côtés. Il revient sur ce que représente, à ce moment de l’histoire, le football pour le mari de Bernadette.

«Quand on arrive à l’Élysée, on est en pleine préparation de la Coupe du monde 98. Chirac en fait très vite un élément important. En 87, il s’était lancé dans la candidature de Paris pour les J.O. de 92. Il y met toute son énergie. Malheureusement, Barcelone l’emporte. Chirac avait déjà bien compris l’enjeu d’accueillir un événement sportif majeur pour un pays. À l’époque, João Havelange, le président de la FIFA nous avait dit : «Je vous assure qu’en 98 vous aurez la Coupe du monde en France.»

Chirac savait que ce serait un moment festif, de rassemblement. Il y a toujours eu une volonté de sa part d’accompagner l’organisation, puis ensuite l’équipe de France. Il a toujours beaucoup aimé les sportifs, j’en suis la preuve. Nous étions nombreux autour de lui. Guy Drut était là tout comme Henry Boério, le gymnaste qui était son conseiller sport. En 96, il est d’ailleurs le premier chef de l’État à décider de décorer de la Légion d’honneur et de l’ordre national du Mérite tous les médaillés des Jeux d’Atlanta. Ça ne s’était jamais fait avant. Chirac l’a instauré. Au grand dam d’ailleurs du grand chancelier de la Légion d’honneur. Jacques Chirac a toujours été très proche des sportifs. Il y avait un intérêt très fort. Ensuite, l’équipe de France a gagné. Il a pu aller au bout de sa démarche. La France black-blanc-beur. On sait que c’est fugace, que c’est éphémère, mais il y a eu une réalité. Après avoir raccompagné Chirac à l’Élysée, j’ai rejoint ma femme sur les Champs, eh bien, c’était ça, qu’on le veuille ou non. Il y avait une superbe ambiance, des gens de tous horizons et de toutes origines pour fêter cette victoire commune. Chirac avait eu l’intuition que ce serait un moment important.

Il m’avait chargé de vérifier que tout se passerait bien. On n’était pas très inquiets avec Michel Platini, que Chirac connaissait bien. Nous étions en cohabitation pendant la Coupe du monde. Il m’a demandé d’être en relation avec Marie-George Buffet sur ce sujet-là en particulier. Il y avait déjà des problèmes de sécurité dans les stades à cette époque. Il était sensible à cette problématique de sécurité dans et autour des stades. Il fallait éviter que la fête ne se transforme en cauchemar.

Un an avant la Coupe du monde, Chirac, très allant en matière de relations internationales, était l’un des chefs d’État les plus reconnus et respectés à travers le monde. Il avait prévu de faire un voyage en Amérique du Sud. Cinq pays en une semaine. Le rythme était très soutenu. Et il avait décidé d’emmener Michel Platini avec lui pour deux raisons. Le chef de l’État bolivien Gantzer s’était rapproché de Chirac pour demander à João Havelange, le président de la FIFA, une dérogation afin que les Boliviens puissent jouer leurs matchs à la Paz, à 4000 mètres d’altitude, alors que, normalement, il avait été décidé, pour que les Brésiliens ne tirent pas trop la langue, que les matchs se joueraient au niveau de la mer. Chirac avait appelé Havelange en disant : «Mais pourquoi les Boliviens ne peuvent pas jouer dans leur capitale?» Havelange avait accepté. Donc, évidemment, l’une des étapes du voyage était la Bolivie avec le Brésil, l’Argentine et l’Uruguay. L’engouement était très, très fort. Chirac avait d’ailleurs pu juger de l’aura incroyable de Michel Platini. Dès qu’il mettait le pied dehors, c’était l’émeute. C’était au même niveau qu’un Zidane ou qu’un Messi aujourd’hui. En Amérique du Sud, un continent de football, Chirac avait voulu marquer ce déplacement de l’empreinte du football, dans la perspective de la Coupe du monde 1998.

C’était plus que du flair politique. Chez Chirac, il y a toujours eu énormément d’intuition. De l’intuition mais aussi une conviction et une sincérité. Si vous associez les trois, ça marche. Il avait compris que, pour le pays, il y avait intérêt à valoriser la préparation de notre Coupe du monde de foot, un événement majeur, planétaire. Avec les J.O., c’est l’événement qui, en dehors des États-Unis, rassemble le plus de monde devant les télévisions. Il savait aussi que ce serait bien pour la France, donc bien pour lui. Il voulait sincèrement que ce soit une belle réussite.

J’ai un deuxième exemple de cette sincérité : la décision de construire le Stade de France à Saint-Denis a été prise entre les deux tours de la présidentielle en 1995. Édouard Balladur signe l’acte final qui permet définitivement de construire le Stade de France. Fin janvier 98 arrive l’inauguration. C’est France-Espagne, il fait très froid. La pelouse est gelée. José María Aznar vient. C’est le Premier ministre espagnol. Il se gèle, le pauvre. Il est ratatiné sur son siège, déjà qu’il n’était pas grand. Zidane marque, on gagne, tout un symbole.

Ensuite, on descend dans les vestiaires. Je pense qu’à ce moment-là Jacques Chirac ne connaît pas grand monde. Peut-être Aimé Jacquet et encore. Je l’accompagne. Le match se termine vers 23  heures. Et il y passe énormément de temps! Il parle à Jacquet très longtemps, à Didier Deschamps très longtemps, à Zidane tout autant et ce n’est pas évident, car Zidane est un taiseux. On y reste facilement une bonne demi-heure. On ne sait pas trop ce qu’ils se disent. J’étais alors avec Henri Émile, l’adjoint de Jacquet. Dans la voiture qui nous ramène à l’Élysée, il me répète : «Je les aime bien, j’aime bien Aimé Jacquet.» C’était l’époque où l’équipe de France et Aimé Jacquet se faisaient secouer et critiquer.

Il ajoute  : «Écoute, tu vas rester en contact avec eux. J’ai dit à Jacquet que je l’appellerai régulièrement pour prendre des nouvelles.» Je lui réponds  : «Vous savez, monsieur, c’est quand même pas la forme. Ils ne sont pas au sommet.» Il me rétorque : «Oui, oui, mais je les sens bien. Ils ont une vision. J’ai parlé à Didier Deschamps, je trouve qu’il est bien, il est courageux.»

Donc, tous ces mois, je lui préparais un coup de fil avec Aimé Jacquet –  à l’époque, les portables étaient rares. Et il me demandait d’aller traîner de temps en temps à Clairefontaine. Jusqu’au bout. À la fin de la préparation, il va à Clairefontaine. Nous sommes début juin. Il dit alors à Didier Deschamps : «Je vous donne rendez-vous le 12 juillet. Je vous remettrai, en tant que président de la République, la Coupe du monde.»

Beaucoup se gaussent. Il aura raison. Contre L’Équipe, l’opinion et ses conseillers. Se payant même le luxe de singer Laurent Blanc en embrassant le crâne de Fabien Barthez, il fait entrer la présidence et la République dans une autre ère : en portant son maillot bleu floqué 23, Chirac fait entrer la France dans l’ère des présidents-supporters. Preuve en est, ce baiser qui brise les codes et humanise un président qui n’est plus seulement le chef d’État, mais aussi le «premier des supporters». L’humanité du Grand Jacques s’illustre ici au moins autant que son instinct politique, celui d’un des plus grands prédateurs de la République.

Mais Jean-François Lamour qui l’a tant accompagné va plus loin. «Il y avait chez Chirac un fond de sincérité et une qualité d’écoute qui lui permettait de construire quelque chose. C’est pour cela que je l’ai suivi, et je n’étais pas le seul. Je ne pense pas que vous ayez un joueur des Bleus de cette époque qui vous dirait du mal de Chirac. Ils en gardent un souvenir d’attention particulière, de soutien. Quand on les reçoit à l’Élysée, le surlendemain de la victoire, il m’avait demandé de faire venir une sélection de clubs de foot. On avait affrété des cars venant de partout et ils s’étaient retrouvés devant les Bleus et devant la Coupe du monde. Même Johnny Hallyday était là. Il vouait une admiration énorme à Zidane. Chirac lui avait présenté, il était fou de bonheur. Il n’était pas le seul. »

En 2013, Jacques Chirac dira lui-même à Ouest France ce qu’il a ressenti lors de cette soirée inoubliable. «Ce 12 juillet 1998, j’étais évidemment heureux d’être le président chargé de remettre à l’équipe de son pays le plus prestigieux des trophées. Mais j’ai surtout ressenti, comme beaucoup, de la fierté. Cette victoire, c’était celle de la solidarité et de la cohésion. Elle a montré, une fois encore, que la France avait une âme. Cette équipe, à la fois tricolore et multicolore, donnait alors au monde une belle image de la France dans ce qu’elle a d’humaniste, de fort, de rassemblée.»

Une anecdote le résume bien. Après avoir fêté la victoire des Bleus, au moment de donner l’accolade à Aimé Jacquet et de le décorer, il lui glisse à l’oreille  : «Aimé, n’oubliez pas. Mort aux cons.» Alors que la Coupe du monde anime la garden-party dans les jardins de l’Élysée, Jacques Chirac marque les esprits. Ceux des Français et ceux de nos champions. Il les suivra de près, aiguillé par Claude Chirac. Comme le révèlent Bruno Jeudy et Karim Nedjari dans Sarkozy côté vestiaires, elle souhaitera aux Bleus leur anniversaire, lui donnera des nouvelles des blessés, et les joueurs le lui rendront bien. Une proximité sincère mais loin d’être désintéressée.

Alors que les Bleus ont triomphé de l’Italie lors de l’Euro 2000, Laurent Blanc, en bon président qu’il est, le formule à sa manière. Avec Jacques Chirac, «nous sommes désormais des intimes, c’est une reconnaissance du monde politique». Et de poursuivre : «Le président de la République nous a supportés pendant la Coupe du monde et l’Euro, c’est peut-être à notre tour de le supporter. Il peut y avoir un échange.»

Comme le dit justement Alain Duhamel, «Chirac est le président qui a le plus instrumentalisé le sport au profit de son image. Il instrumentalise au maximum les événements mais, en même temps, il ne se force pas, car il adore les champions. Pendant la Coupe du monde 1998, il a su prendre l’apparence du supporter. Les champions qui sont en général de droite ont considéré que le style Chirac leur allait bien.» L’alliance du politique et du sportif fonctionne à merveille. Mais Jacques Chirac ne s’arrêtera pas là… Quant à Nicolas Sarkozy, son successeur, il a été si proche de lui avant de le trahir qu’il est au foot l’exact opposé de son mentor.

Extrait du livre de Clément Pernia et Jean-Baptiste Guégan, « La République du foot », publié aux éditions Amphora

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