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"En politique, si t'as pas écrit un livre à 50 ans t'as raté ta vie"
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Confessions d'un nègre

"En politique, si t'as pas écrit un livre à 50 ans t'as raté ta vie"

Selon livres hebdo, pas moins de 166 livres ayant pour thème les élections présidentielles, vont paraître en ce début d'année 2012. Mais pourquoi les politiques sont-ils obsédés par l'écrit ?

Chaque élection, présidentielle ou non, est l’occasion de voir fleurir une incroyable moisson de livres politiques sur les étales des librairies. De l’essai au manifeste, en passant par l’autobiographie ou le" livre-programme", la France est sans doute l’un des rares pays au monde où derrière chaque parlementaire se cache un essayiste en puissance. À croire qu’en politique, « si t’as pas écrit un livre à cinquante ans, t’as raté ta vie ». À en juger par les chiffres de ventes, qui oscillent, en moyenne, entre cent et mille unités, les politiques ne comptent pas sur leur production littéraire pour assurer leurs vieux jours.

Dès lors qu’est-ce qui pousse un homme politique à dégainer si lestement la plume, quitte à confier à d’autres, la charge de la tenir pour eux ? Il y a sans doute un peu de vanité : qui n’a pas rêvé, une fois dans sa vie, de voir son nom figurer sur la couverture d’un livre placé en tête de gondole à la FNAC ? Même s’il ne faut pas négliger cet aspect des choses, le livre politique obéit néanmoins à d’autres finalités.

Il permet tout d’abord à son auteur d’être invité sur les plateaux de télévision pour en assurer la promotion, et la sienne par la même occasion. Lorsque vous êtes un jeune secrétaire d’Etat en mal de notoriété, le livre constitue un précieux sésame pour la gloire, le fameux  "vu à la télé". Pour les autres, il s’agit, au détour de chapitres bien sentis et bien documentés, de préempter un ou plusieurs sujets (et donc un ou plusieurs postes ministériels) en prévision du prochain remaniement. Le livre permet d’adresser un message à l’autorité de nomination  - "Tu vois, j’en ai envie et je sais ce que je vais y faire" - mais aussi aux commentateurs, qu’ils soient journalistes, syndicalistes ou simples citoyens – "Je suis légitime : la preuve, c’est que je m’y connais assez pour écrire trente pages arides sur le sujet avec des chiffres et des concepts très compliqués". Le livre offre enfin l’occasion de remettre en perspective son parcours, de se refaire une vertu après une épineuse affaire, voire de désamorcer des polémiques à venir. L’Empereur Napoléon et le Général de Gaulle ont, chacun à leur façon, brillamment démontré qu’il valait mieux être le conteur de sa propre légende.

Les politiques sont-ils les auteurs de leur livre ? La réponse est moins nette que ce qu’il n’y paraît. Tout dépend de la définition que l’on donne du mot "auteur". Est-ce celui qui inspire et qui relit ? Est-ce, au contraire, celui qui prend docilement en notes, corrige les coquilles, soigne les transitions et les chutes, tout en réparant les erreurs de style ? Suivant le sens que l’on donne à ce mot, Alexandre Dumas est ou non l’auteur de ses romans. Vu le nombre de plagiats constatés chez de "vrais auteurs", l’on serait tenté de dire : "que celui qui n’a jamais fauté, jette la première pierre ". 

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