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Guerre des mondes : que se passerait-il si tous les animaux étaient aussi intelligents que l'homme ?
©Reuters

Anarchie en vue

Guerre des mondes : que se passerait-il si tous les animaux étaient aussi intelligents que l'homme ?

Si tous les animaux étaient aussi intelligents que nous, nous ne coopérerions pas pour autant. Au contraire, nous nous ferions probablement la guerre. Mais alors, qui finirait par dominer le monde ?

Ce scénario a déjà été partiellement emprunté dans le roman de science-fiction La Planète des singesde l'écrivain français Pierre Boulle. Dans ce livre, ce sont nos cousins les primates qui dominent le monde, alors que l'humanité est réduite à l'état animal.

Mais alors que l'homme se trouve aujourd'hui au sommet de la pyramide alimentaire, il est intéressant d'imaginer un monde où toutes les autres espèces animales possèderaient une intelligence similaire à la nôtre. Que se passerait-il si les animaux qui nous entourent avaient des capacités de langage, d'invention et de réflexion comparables à celles de l'homme ?

Affrontement inévitable

C'est le scénario sur lequel s'est penché la BBC dans un article explorant les différentes possibilités, appuyées par des avis scientifiques. Une première supposition émane : il n'y aurait pas de coopération entre les espèces. "Le chaos serait le seul mot pour définir ce qui arriverait", assure Innes Cuthill, un écologiste comportemental à l'Université de Bristol (Angleterre), interrogé par la BBC. "Nous nous entretuerions, renchérit Robin Dunbar, psychologue évolutionniste à l'Université britannique d'Oxford. Les humains ne sont pas réputés pour leur curiosité et caractère pacifique quand ils rencontrent de nouvelles espèces". Il est vrai que l'homme a toujours été poussé par une volonté de domination globale qui ne laissait que peu de liberté de choix aux autres espèces. Les bêtes dont nous pouvons tirer profit sont exploitées par l'élevage, quand celles que nous considérons comme nuisibles sont éliminées. Rien que l'activité humaine a eu raison de l'extinction de nombreuses espèces animales et végétales.

Dans le cas d'un affrontement mondial inter-espèces, certains animaux n'auraient pas leurs chances : les herbivores communs notamment, qui se doivent de brouter de nombreux kilos d'herbe chaque jour pour permettre à leur organisme de fonctionner, n'auraient pas assez de temps pour se concerter et asseoir leur domination. Ce ne seraient donc ni les vaches, ni les moutons ou autres animaux de la basse-cour qui prendraient les reines du règne animal.

Menace primate

Les animaux qui ne peuvent pas s'adapter aux autres environnements ne sauraient dominer le monde. À titre d'exemple, les requins, dauphins et orques prendraient rapidement le contrôle des océans, en raison de leurs capacités physiques supérieures. Mais leur domination s'arrêterait aux rivages des étendues d'eau. Viendraient ensuite les mammifères prédateurs, tels que les grands félins (lions, tigres, panthères), les ours ou encore les loups. Aux côtés des éléphants et des rhinocéros, ils bénéficieraient de capacités physiques largement supérieures aux nôtres. Mais en raison de leur faible nombre et de notre avance technologique, "nous les battrions à plate couture", affirme Alex Kacelnik, confrère de profession de Robin Dunbar à l'Université d'Oxford.

Viendraient ensuite les primates. Et c'est là que ça se corse. Nos cousins, en plus d'être plus puissants et agiles que nous le sommes, possèdent la même physionomie que nous et seraient capables d'utiliser nos armes ou de prendre le contrôle de nos ordinateurs. Ils pourraient ainsi rattraper leur retard technologique en utilisant nos connaissances sur le domaine en leur faveur. Mais malgré leur intelligence, ils devraient tout de même comprendre la manière dont nous fonctionnons, les modes d'emploi de nos technologies. Il s'agirait alors d'une question de temps avant que les singes ne prennent l'avantage sur les hommes. Un délai qui pourrait suffire aux humains pour se débarrasser de la menace primate, d'autant plus que nous sommes, encore une fois, plus nombreux.

Les micro-organismes, bourreaux de l'humanité

Bon, l'humain s'en sort encore. Qui pourrait bien l'arrêter cette fois-ci ? La réponse est invisible, et inattendue : les micro-organismes. Ils n'auraient même pas la capacité de devenir plus intelligents compte tenu du fait qu'ils ne possèdent pas de système nerveux, mais rappelons qu'il s'agit d'une supposition. Les bactéries, virus et autres micro-organismes nous poseraient de sérieux problèmes, davantage qu'ils ne nous en posent déjà. "Les bactéries sont déjà partout, y compris à l'intérieur de nous. Elles seraient de très, très sérieuses concurrentes", prévient Josep Call, spécialiste de la psychologie comparée à l'Université écossaise de St Andrews. "Il ne me surprendrait même pas que le gagnant soit quelque chose de petit. À mon avis, nous deviendrions des proies pour la plupart des formes de vie primitives comme les bactéries et les virus", confirme Dunbar. Et sachant qu'ils nous sont essentiel à notre propre survie, les micro-organismes auraient donc raison de l'humanité, décimée par des épidémies dévastatrices.

Mais le combat continuerait à faire rage. Contrairement à ce que l'on pourrait penser, le monde n'aurait pas besoin de l'homme pour se faire la guerre. "Les animaux ne viennent pas à bout des problèmes pour le bien de leur espèce, mais pour la domination de leur groupe culturel ou familial", précise Kacelnik. Ces guerres sans merci finiraient alors par détruire l'écosystème et par rendre la vie bien plus difficile à la surface de la planète. Ne subsisteraient dans cet univers apocalyptique que les organismes les plus résistants et nombreux : les rats, les cafards et les micro-organismes.

"Je ne vois aucune raison de penser que d'autres espèces seraient plus altruistes que nous le sommes. L'équilibre de la nature que nous constatons fonctionne car il y a un équilibre des forces", conclut Cuthill. En attendant, nulle autre espèce ne possède d'intelligence similaire à celle de l'homme, et comme l'illustre cette vidéo, le monde se porterait sûrement bien mieux, sans nous.

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