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Dans la tête des classes moyennes :  
"Pour moi, le triple A, 
c'est garder Assez d'Argent 
pour Alimenter ma famille"
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2012, par les classes moyennes

Dans la tête des classes moyennes : "Pour moi, le triple A, c'est garder Assez d'Argent pour Alimenter ma famille"

Un panel de plus de 130 Français des classes moyennes amenés à converser sur la plateforme collaborative FreeThinking. L'étude s'est déroulée du 4 au 7 janvier 2012. Quelles sont leurs attentes pour cette année présidentielle, bercée par la crise ? (Épisode 1/5).

Véronique  Langlois et Xavier Charpentier

Véronique Langlois et Xavier Charpentier

Véronique Langlois et Xavier Charpentier ont créé en mars 2007 FreeThinking, laboratoire de recherche consommateur 2.0 de Publicis Groupe.

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  1. Premier enseignement : pour les Français qui se sont exprimés durant ces 13 jours, 2012 se présente mal. L’atmosphère a souvent été lourde depuis 2007 sur le blog FreeThinking, notamment depuis la récession de 2009. Elle s’aggrave encore, devenant par moment franchement noire, certains ne voyant de motifs d’espoir nulle part. Cette désespérance se retrouve à trois niveaux : le monde, la France, leur vie quotidienne.

Une crise mondiale...

Sollicités sur les défis à relever sur le plan international, ce qu’expriment ces Français de classes moyennes est déjà révélateur de leur état d’esprit général : les choses vont mal, elles ne vont pas s’arranger en 2012, le mur est proche.

  • Les questions les plus éloignées de leur vie quotidienne : la lutte contre le changement climatique et le risque nucléaire sont spontanément évoqués... pour être jugés impossibles à piloter à court terme.

« A part la crise économique du monde entier qui nous tient tous en haleine, l’autre enjeu sera, à mon avis, l’enjeu climatique : inondations, sécheresse, etc, et tout ce que cela implique : morts, déplacement des populations, famines, guerres car, à ce jour, tous les pays du globe sont touchés par les phénomènes climatiques. Donc, on n’est pas sorti de « l’auberge » !!!!! »

« Les enjeux pour 2012 sont à mon avis que nous commençions à prendre un peu plus soin de notre planète !! c’est essentiel on l’a vu avec la catastrophe nucléaire …le nucléaire, mon dieu !!! »


  • Les questions économiques et politiques : la construction européenne et l’avenir de notre continent semblent très mal engagés. Quelques commentaires présentent bien la nécessité d’aller plus loin dans l’intégration européenne comme une solution à la crise – mais ils restent marginaux dans le pessimisme ambiant.

« La crise va durer, l’Europe va s’effondrer et/ou se scinder en mini europes, quelques pays par ci, quelques pays par là, et tout sera controlé par les spéculateurs, les agences de notations. »


  • Les questions plus géopolitiques ou de civilisation, comme celle du printemps Arabe : là aussi, pas d’enthousiasme, plutôt de l’inquiétude. Avec ce sentiment nouveau qui s’exprime dans beaucoup de commentaires : la peur diffuse d’une guerre, au Proche-Orient ou ailleurs. Comme si une violence latente allait bientôt éclater. Les commentaires qui font état de cette crainte sont d’ailleurs souvent peu argumentés : ils expriment plus une sensation qu’une réflexion, mais ils sont nombreux.

« Les pays arabes, suite à leurs diverses « révolutions », se trouvent eux aujourd’hui comme certainement demain pas mieux qu’hier. Toujours aussi pauvres, toujours en guerre et de plus en plus menacés par la mise en place de régimes beaucoup plus ultras et conservateurs qu’auparavant…Que du bonheur! »  

« Je suis également pessimiste et à plusieurs endroits de la planète, ça ne tient qu’à un fil que les conflits explosent. »

... Que l'on retrouve en France...

Deuxième champ d’expression de ce pessimisme extrême qui devient plus précis et plus argumenté, avec pour l’immense majorité, aucun espoir d’une sortie de crise « à horizon humain » : la France est pour eux enfoncée dans un tunnel de difficultés de longue durée. Les solutions ne sont pour l’instant pas là. Alors que les problèmes eux deviennent urgents, dans quatre directions :


  • L’Education au sens large comme facteur d’intégration : un thème qui fait son retour comme un défi à relever tous ensemble. Comme si les fondamentaux de la Nation se dérobaient sous nos pieds.

« Repenser l’éducation et le travail. Nombre d’étudiants ne trouvent pas de poste correspondant à leur qualification. Les entreprises et l’éducation nationale devraient discuter chaque année des besoins des entreprises, laboratoires….Par contre chaque année on lance un débat sur la suppression des cours l’après-midi parce que ça fatigue les enfants, etc…alors que ça n’a jamais tué une seule génération d’élèves ;  par contre être au chomâge en sortant de l’école parce que les entreprises pensent que nous ne sommes pas prêts pour le monde du travail, ça ça fait mal. »

« Il faut refaire toute une éducation…les marmots de 1 an en couches culottes dans la rue gardée par les ainés, NON. »


  • L’emploi : une grande peur est palpable. Maintenant c’est chacun qui s’estime menacé. Avec quelquefois des témoignages dont on sent bien qu’ils appellent la compassion de la part des blogueurs, tant l’avenir de celui qui l’émet apparaît incertain…

« J’aborde 2012 avec beaucoup d’inquiétude. Je suis employé dans une PME depuis 17 ans, nous ne sommes plus que 7 et combien demain ? Marié, 3 enfants, propriétaire d’un crédit immobilier…comment être serein ? »

« - Pour moi l’année débute par un licenciement en mars ou avril à 59 ans !!!! »


  • Les délocalisations et la réindustrialisation : là aussi, le fond n’est pas nouveau, puisque le débat a fait irruption sur le blog il y a maintenant un an ; mais la façon d’en parler, de plus en plus pressante et de plus en plus angoissée (« maintenant ou jamais… ») est, elle, nouvelle.

« Je ne vois pas d’amélioration pour le futur surtout dans le domaine du travail…De plus la délocalisation de nos entreprises n’arrange rien à cela… Possible que la France connaisse un jour un soulèvement de son peuple. »

  • Enfin, les inégalités. Là aussi, rien de nouveau sur le fond. Mais la violence du propos est inhabituelle. C’est à une véritable animosité à l’encontre non seulement des très riches mais aussi des classes aisées que l’on assiste. Quitte à juger telle ou telle proposition par ailleurs très controversée à l’aune exclusivement négative d’un raisonnement « anti » : est-ce que cette mesure, à défaut de résoudre un problème, pourrait « punir » les « riches » ? Si oui, il faut l’adopter…

« Quotient familial : une mesure qui semble intéressante sur le fond, encore faut-il voir si elle ne pénalise pas les plus démunis….Les familles les plus aisées ne vont pas être heureuses de cette mesure (tant mieux, pour une fois qu’elles pourraient trinquer). » 

... Et qui touche leur vie quotidienne

Dernière expression de ce pessimisme extrême : leur vision sur leur propre année 2012. Une vision très sombre, là aussi, articulée autour de deux points noirs sur lesquels se fait un consensus quasi absolu :

  • Le pouvoir d’achat va (continuer à) baisser. Ce n’est pas à leurs yeux une conjecture ou une prévision mais une certitude.

« Voici une superbe année en perspective où mon triple A personnel à conserver sera : Assez d’Argent pour Alimenter ma famille. » 

  • La fiscalité. Ce point est absolument central et a irrigué tout le blog, 13 jours durant. C’est la deuxième certitude de leur année 2012. A un plan individuel : les impôts vont massivement augmenter, un tour de vis fiscal sans précédent se prépare. Et ils seront les premiers touchés. Dans ces conditions, leur vie de tous les jours va devenir un tour de force.

« En 2012, soyez riches ou mourrez ! »

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