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Flou sur le chèque énergie : ce qui pousse l’Etat à faire compliqué quand on pourrait faire simple
©Federico PARRA / AFP

Geste pour le pouvoir d'achat

Flou sur le chèque énergie : ce qui pousse l’Etat à faire compliqué quand on pourrait faire simple

Au cours de la dernière année, les prix à la pompe ont pu considérablement augmenter, le gazole passant d'environ 1.20 euro le litre au début août 2017 à 1.44 à ce jour, alors que le SP98 passait de 1.40 à 1.61 aux mêmes dates.

Jean-Pierre Favennec

Jean-Pierre Favennec

Jean-Pierre Favennec est un spécialiste de l’énergie et en particulier du pétrole et professeur à l’Ecole du Pétrole et des Moteurs, où il a dirigé le Centre Economie et Gestion. 

Il a publié plusieurs ouvrages et de nombreux articles sur des sujets touchant à l’économie et à la géopolitique de l’énergie et en particulier Exploitation et Gestion du Raffinage (français et anglais), Recherche et Production du Pétrole et du Gaz (français et anglais en 2011), l’Energie à Quel Prix ? (2006) et Géopolitique de l’Energie (français 2009, anglais 2011).

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Atlantico : Comment se décompose cette hausse des prix entre les différents postes, du prix de la matière première aux taxes, en passant par les marges ? Qui sont ceux qui profitent de cette hausse ? 

Jean-Pierre Favennec : La hausse du prix des carburants entre 2017 et 2018 est due :
- à l'augmentation du prix du pétrole brut qui a augmenté de 50 % en un an (50 dollars par baril en juillet 2027, près de 75 dollars aujourd'hui)
- a l'augmentation des taxes sur les carburants décidée par le gouvernement en 2017 pour freiner les consommations et lutter contre le changement climatique. Cette augmentation a été de 3 centimes pour l'essence et 6 centimes pour le gazole au 1er janvier 2018. L'objectif est de rééquilibrer les prix du gazole et de l'essence. Le gazole étant moins cher pour l'instant, son prix augmentera plus vite que celui de l'essence de manière à mettre les deux carburants progressivement au même prix.
En Juillet 2028, le prix de l'essence de 1,61 euros par litre se décompose environ comme suit 
- prix de l'essence hors taxes sortie raffinerie : environ 0,55 centimes
- frais de distribution : environ 10 centimes
- taxes : environ 0,95 centimes
Les taxes comprennent la TICPE (Taxe Intérieure sur les Consommations de Produits Énergétiques fixée chaque année pour un an par l'administration et qui est en 2018 de l'ordre de 70 centimes par litre) et la TVA qui s'applique à l'ensemble des coûts y compris la TICPE et qui est de l'ordre de 25 centimes par litre

Quel est l'impact réel de la hausse des prix du baril sur les prix à la pompe ? Quel serait l'impact d'une hausse et d'une baisse de 20% de ces prix sur ce que nous payons dans une station service ? 

La hausse du prix du baril représente une bonne part de l'augmentation des prix des carburants. Le prix du super est passé de 1,30 Euros environ en juillet 2017 à 1,50 en juillet 2018. La hausse du prix du baril représente environ 60 % de l'augmentation du prix, l'augmentation des taxes 40 % ( la hausse de la TICPE représentant la moitié de ces augmentations des taxes)
Une hausse supplémentaire de 20 % du prix du baril conduirait à une augmentation du prix des carburants, toutes choses égales par ailleurs, de l'ordre de 10 à 15 centimes par litre

Quels sont les consommateurs les plus affectés par ces variations ? 

Tous les consommateurs sont affectés. Cependant l'augmentation des taxes sur le gazole pénalise davantage les utilisateurs de véhicules diesel. Jusque récemment le gazole était réputé plus écologique puisque le même véhicule consommait environ 20 ¨de moins de carburants s'il était équipé d'un moteur diesel que s'il était équipé d'un moteur à essence. Les études démontrant la nocivité des particules fines émises par les moteurs diesel ont conduit le gouvernement à augmenter la taxation sur le gazole et à rendre moins attractifs les véhicules diesel.

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