FIAC : investir dans l’art contemporain en période de crise ? Une fausse bonne idée... | Atlantico.fr
Atlantico, c'est qui, c'est quoi ?
Newsletter
Décryptages
Pépites
Dossiers
Rendez-vous
Atlantico-Light
Vidéos
Podcasts
Culture
FIAC : investir dans l’art contemporain en période de crise ? Une fausse bonne idée...
©

Paris, capitale de l'art

FIAC : investir dans l’art contemporain en période de crise ? Une fausse bonne idée...

La Foire internationale de l'art contemporain s'achève ce dimanche. Si la finance plonge, le cours de l'art se porte lui comme un gant. De là à en profiter...

Philippe Herlin

Philippe Herlin

Philippe Herlin est chercheur en finance, chargé de cours au CNAM.

Il est l'auteur de L'or, un placement d'avenir (Eyrolles, 2012), de Repenser l'économie (Eyrolles, 2012) et de France, la faillite ? : Après la perte du AAA (Eyrolles 2012) et de La révolution du Bitcoin et des monnaies complémentaires : une solution pour échapper au système bancaire et à l'euro ? chez Atlantico Editions.

Il tient le site www.philippeherlin.com

Voir la bio »

Ce n’est pas la crise partout, la FIAC (20-23 octobre, Grand Palais) est un véritable succès (en ventes comme en fréquentation), l’art contemporain se porte très bien, merci pour lui, et dans le sillage de ce salon international, le « off » prospère avec plusieurs autres manifestations (Slick, Chic Art Fair, Cutlog, Art Elysées, Show off, etc.). Paris devient, pour quelques jours, la capitale mondiale de l’art d’aujourd’hui.

Constatant les excellents résultats des ventes aux enchères,Le Journal des arts, la référence de la profession, écrit que « les plaques tectoniques de l’art et de la finance semblent s’être détachées l’une de l’autre ». Laissez tomber votre portefeuille boursier ou votre assurance-vie, investissez dans l’art contemporain ! Vraiment ?

Il est vrai qu’en période de crise financière, il est recommandé de s’éloigner des actifs « papiers » (actions, obligations, assurance-vie), qui peuvent tomber très bas en cas de krach, et de se reporter sur les actifs « réels » (immobilier, or, matières premières, terrains agricoles, art).

Mais les actifs réels peuvent faire l’objet de bulles des prix, comme on l’a vu pour l’immobilier aux États-Unis ou en Espagne. Les grands noms du passé rassurent, mais faut-il investir plusieurs dizaines ou centaines de milliers d’euros dans des artistes donc l’historique remonte à quelques années seulement ?

Le marché de l’art bénéficie, comme tous les actifs réels depuis la crise de 2008, d’un afflux d’investisseurs qui s’éloignent des actifs financiers. Même des gérants dehedge-fundscommencent à venir… Si la crise se prolonge, et c’est plutôt ce qui se profile, les sommes mises en jeu devraient diminuer et les prix refluer. Mais les noms reconnus résisteront toujours sur le long terme.

C’est toute la difficulté du marché de l’art contemporain, les artistes reconnus sont très vite achetés et très peu de pièces s’avèrent disponibles, et souvent à des prix prohibitifs, les artistes émergents sont plus accessibles mais très risqués. Il faut répartir les risques, et cela nécessite des sommes conséquentes, et une très bonne connaissance du milieu. Prudence, donc.

A la FIAC, un certain Ernst T., qui souhaite manifestement rester anonyme, présente un tableau intitulé « Paroles d’experts » où l’on peut lire, en grands caractères : « Achetez très cher aujourd'hui ce qui ne vaudra plus un rond dans vingt ans ». Voici un excellent investissement, quoi qu’il arrive on pourra toujours en rire.

Ernest T. Paroles d'expert, acrylique sur toile 2011

En raison de débordements, nous avons fait le choix de suspendre les commentaires des articles d'Atlantico.fr.

Mais n'hésitez pas à partager cet article avec vos proches par mail, messagerie, SMS ou sur les réseaux sociaux afin de continuer le débat !