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Fashion week : et maintenant l’impression 3D s’attaque au prêt-à-porter et même à la haute couture
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Inspiration infinie

Fashion week : et maintenant l’impression 3D s’attaque au prêt-à-porter et même à la haute couture

Bien que les matériaux qu'elle utilise soient encore restreints, la technique de l'impression 3D est de plus en plus prisée par les créateurs de mode qui y voient une source d'inspiration aux multiples possibilités.

Bénédicte  Fabien

Bénédicte Fabien

Bénédicte Fabien De formation internationale : ISEM/ESMOD Paris, FIT New York, London Collège of Fashion, jusqu’à sa rencontre avec Martine Leherpeur à Lyon en DESS management de la création . Coup de cœur et début de l’aventure… Aujourd’hui directrice de la prospective et des études, ‘marketeuse créative’ ‘snifeuse’ et ‘éclabousseuse’, elle gère plus particulièrement la phase prospective (tendances amont) et stratégie de marques des secteurs mode, déco & médias France et Internationale.

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Atlantico : Le milieu de la mode semble s'emparer de l'impression 3D, comme on a pu le voir avec certaines créations d'Iris Van Herpen, de la marque australienne XYZ ou encore sur certaines tenues de Victoria's Secret. Cette nouvelle technique est-elle en train de révolutionner le monde de la mode ? Qu'est-ce qui peut expliquer cet engouement concernant l'impression 3D ?

Bénédicte Fabien : L'engouement vient de la possibilité de créer chez soi, le côté domestique. Quand on observe la réaction des personnes qui impriment un objet à partir d'une imprimante 3D, on voit bien que c'est magique. Et puis l'innovation en elle-même est impressionnante. L'impression 3D ouvre la possibilité de démultiplier différents types de matériaux, et pas uniquement dans la mode, imprimer des tissus humains dans le domaine de la santé s'éloigne de la science fiction.

L'imprimante 3D a également eu pour effet de raviver l'utilisation du plastique. Et cela ne concerne pas que les grands couturiers : des petits bracelets, des bonnets, voire des chapeaux ont même été imprimés à la chaine par la marque Béton Ciré. Pour autant, l'application de l'impression 3D dans la mode reste confidentiel, même si les tutoriels et les patrons commencent à tourner sur le web.

Qu'est-ce que cela va changer pour la mode au niveau des créations ? Peut-on parler d'une perte d'authenticité et de charme dans la mode ? Ou au contraire est-ce une véritable évolution ?

En terme de matériaux, le toucher, le contact avec la peau est primordial. Le premier bastion à prendre sera surement du côté des gimmicks, accessoire, ceintures etc… Je ne pense pas qu'il y ait une perte d'authenticité mais on s'achemine vers un nouveau degré d'innovation. Il ne remettra pas en cause l'innovation de la mode. On ne le mesure pas jusqu'à présent mais l'artisanat, la préciosité, c'est autre chose.

Quels acteurs de la mode vont être impactés par cette arrivée ? Allons-nous voir par exemple certains métiers disparaître ?

Par rapport au développement de la matière, la taille des imprimantes est aussi importante. Aujourd'hui pour des accessoires on a des imprimantes qui font la taille d'un micro-onde. Avant de penser à un tailleur entier imprimé en 3D, il faut voir la taille de machine qui le permet, et les investissements initiaux sont très importants. A l'échelle de la grande consommation ce n'est pas encore ni viable, ni rentable.

Le cap de production en série comme les vêtements de grande consommation n'est pas à l'ordre du jour, mais on peut imaginer que cela va se développer. L'innovation en termes de matières va permettre beaucoup de choses. Si l'on peut créer plusieurs types de tissus comme des tissus organiques, il n'y a pas de raison qu'on ne puisse pas réussir à l'avenir à imprimer de la laine ou du cachemire.

Quid des consommateurs ? Quels avantages ou inconvénients pour eux ?

Le premier stade d'évolution, c'est au niveau domestique. La possibilité de pouvoir imprimer chez soi des accessoires, de mettre en ligne des fichiers, c'est la première révolution. Une révolution plastique.

Il y a un côté complètement ingérable : on pourra faire circuler tout et n'importe quoi (via les fichiers internet). Si demain Lacoste décide de mettre en ligne un modèle et qu'il est piraté, tout le monde pourra se le procurer en téléchargement illégal. Le danger du piratage et du coût de la copie est également un élément de l'innovation à prendre en compte.

Est-ce une tendance éphémère ou au contraire est-elle appelée à perdurer ?

Le web peut s'en emparer, ça peut devenir un marché florissant. Maintenant, dans la mode, le rapport à la matière est extrêmement fort. Le phénomène est à observer de près. Je ne sais pas très bien jusqu'où on peut aller dans l'innovation. Avec les nanotechnologies on va pouvoir développer tous types de matériaux.

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